HISTOIRE DH LA MÂOBCINB AE4BB. — LIVRE HUITIÈME
A cette hypothèse, nous en ajouterons une autre. Constantin n*aurait-il pas plutôt obéi à un mot d*ordre donné par l'abbé Didier ? Cette science et ces noms arabes n'auraient-ils point paru mal sonnants dans l'enceinte du monastère ? Constantin doit évidemment à son passé de musulman tout son savoir de médecin. Pierre Diacre ne semble-t-il pas atténuer ce fait en nous énumérant la liste fabuleuse des langfues sues par Constantin ?
On pourrait même se demander si la lettre à l'abbé Didier ne vise pas aussi bien un ensemble de travaux qu'un travail particulier. L'élève de Constantin, Jean, qui recueillit à Napies tous les écrits de son maître, ne les aurait-il pas rema^ niésr
Quoi qu'il en soit, il n'en est pas moins vrai que plusieurs manuscrits de Constantin nous donnent le Pantegni, comme une simple traduction, translatum. Nous citerons particulièrement les n^ de la Bibliothèque nationale de Paris 6885, 6886, 7042, 11,223.
D'autre part, on peut supposer aussi que Constantin a bien pu conserver les habitudes des Arabes, chez lesquels on voit constamment des écrivains 8*assimiler de longes passasses de leurs devanciers^ sans en indiquer la paternité, et comme s*ils étaient de droit tombés dans le domaine public, par cela seulement qu'ils étaient admis comme faisant autorité.
Un auteur allemand, Thierfelder, suivant en cela certains errements du moyen âge, et même de certains éditeurs, a voulu revendiquer le Pantegni pour Ishaq ben Soleiman, opinion que nous ne prendrons pas la peine de réfuter.
Le Panteg-ni parut aussi avec le titre de Theorica et Practica.