‹ Histoire de la médecine [electronic resource]Chapitre 10 sur 57 · Tome IV · texte numérisé non relu

Tome IV

8^ Section onzième ^ chapitre sixième.

Nous trouvons dans Eustache la première bonne figure de son origine et de sa marche (i).

Enfin , quant à ce qui concerne les nerfs de la moelle e'pinière , on en comptait ordinairement trente paires, savoir , sept ou huit cervicales, douze dorsales, cinq lombaires et six sacre'es. Les anciens écrivains varient beaucoup sur le nombre des nerfs cervicaux , car les uns ne connaissent pas la première paire, et n'en admettent par conse'quent que sept, tandis que d'autres la connaissent à la vérité, mais regardent la septième comme la dernière , et font de la huitième, qui sort entre la septième vertèbre du cou et la première du dos, la première paire dorsale. Cependant Bérenger s'écarte de ces deux opinions, et compte comme nous huit paires cervicales (2). Avant lui , Zerbi avait déjà très-bien indiqué l'origine de la première (3) , et Vésale donna ensuite une bonne description des échancrures de l'atlas par lesquelles elle sort , et de sa distribution dans les muscles du cou (4)? mais il n'admettait que sept paires cervicales , et faisait naître la première dorsale entre la septième vertèbre du cou et la première du dos (5). Etienne ne connaît point du tout la première paire cervicale , et celle à laquelle il donne ce nom est notre seconde (6). Ingrassias indique encore beaucoup mieux que Vésale l'origine et la marche Hes nerfs cervicaux , notamment leurs ganglions et leur division en branche antérieure et postérieure. Il dit que la septième s'anastomose quelquefois avec la quatrième, la cinquième et la sixième (7).

(1) Tah. XVni.Jig. 2. (10. II. 12.)

(2) Comm. in Mimdin.J'. 483. a.

(4) Lib. IV. c. 12. J>. 379.

(5) Ib. c. i3. p. 38i.

(Ç>) Stephaii. p. 73.

(7) Comment, in Gaîen. de ossth, p. 169. 171.

Découvertes en nêvrologle, 83 Columbus décrit aussi avec une grande exactitude la naissance et la distribution de la première paire cervicale, blâme Vésale d'avoir admis douze paires dorsales, et soutient qu'il n'y en a pas plus de onze :

Ï)robablement il compte la dernière comme étant a première lombaire (i). Eustaclie a surtout le mérite d'avoir le premier rendu sensibles par des figures l'origine des nerfs cervicaux et leurs anastomoses avec le grand sympathique (2). Goyter et d'autres, qui décrivent ces nerfs, lui ont emprunté tout ce qu'ils en disent (5).

J'ai déjà fait entrevoir qu'un très-grand nombre de médecins du seizième siècle regardaient le nerf intercostal comme une continuation de la paire vague. Achillini en particulier (4), Vésale (5) et Fallope (6) le rangèrent parmi les branches de leur sixième paire, et les tables d'Eustache nous apprennent qu'il partageait la même opinion (7). Mais Zerbi (8), et après lui Bérenger (9) et Massa (10), donnèrent ce grand nerf du corps entier pour une continuation de notre cinquième paire, probablement parce qu'ils connaissaient son anastomose avec le rameau vidien. Etienne est presque le seul qui le considère comme un tronc absolument distinct de tous les autres (i i).

Telles étaient les connaissances que l'on possédait, au commencement du dix-septième srècte , sur la structure du corps humain. Après une lecture atten-

Lih. vni. 0. 4. p. 371. c. 6. p. 38o.-

iV J"'^- ^^il^'fg- I. 3. 4. 5. (x.) tah. XVII. fie. a. (m.)

(3) Coiter. obs. p. i,,8.

(4) Annor. in Mimdin. p. 3o.

(5) Lib. ip-, c. 9. p. 371.

(6) Obs. p. 4^7.

{8j Anatom. p. ,40.

fg) Comment . in Mimdin. f. 456. i.

fio^ Introiiuct.f. 89. a.

(il) Stephan. p. gg. ;j6.

84 Section onzième , chapitre sixième, tive de cette section , on sera contraint d'avouer que nous devons beaucoup aux travaux des analomistes du seizième , et en particulier à ceux de l'immortel Fallope. Mais on n'avait pas encore fait la plus grande découverte , celle qui devait influer le plus sur l'état de la science , celle , en un mot , de la circulation du sang. Nous allons maintenant nous occuper de cette pre'cieuse découverte, des circonstances qui y donnèrent lieu , et de la révolution qu'elle entraîna à sa suite.

Découverte de la circulation du sang. 85

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