Tome IV. vti
Section douzième ) chapitre troisième.
minant la préparation même que l'auteur de la decouverte conservait. Coschwiiz commit aussi une autre faute physiologique non moins grossière, en pre'tendant que les vaisseaux lymphatiques conduisent leur fluide à ces canaux. Aussi ne pouvait-il jamais démontrer dans le même temps son nouveau conduit et les veines de la langue. Jean Juncker, qui du reste est connu pour un imitateur servile , fut le seul qui admit le canal salivaire de Coschwitz. Parmi plusieurs anatomistes qui en rejetèrent l'existence , Jean-Georges Duvernoy, professeur à Tubingue, et ensuite à Pëtersbourg , écrivit une longue réfutation de cette nouvelle idée (i). Haller , qui soutint la thèse , rassembla encore par la suite plusieurs autres faits contraires à Coschwitz , et écrivit à Leyde sa dissertation inaugurale sur ce- prétendu canal salivaire, démontrant jusqu'à l'évidence que c'était la veine de la langue (2). Coschwitz essaya de lui répondre, mais sans succès (3).
Duvernoy publia plus tard de bonnes observations sur l'origine et la distribution des vaisseaux lactés, dont il aperçut le premier, ou au moins examina plus scrupuleusement les valvules , les deux rangées antérieure et postérieure, et la réunion de ces deux séries dans les glandes du mésentère (4). Il ne trouva pas, à beaucoup près, autant de valvules dans les lymphatiques que dans les vaisseaux lactés. Souvent il vit deux réservoirs du chyle et deux canaux thorachiques qui paraissaient servir l'un au chyle, et l'autre à la lymphe (5).
(1) Duvernoy, dans Haïïev. opp. min. vol. 1. p. 538. (a) Haller. diss. anatom, vol, I. p. '^i. — Id. Opp» min. vol. J. p. 55o. (3) Coschwitz , Contimiatio ohsernatiomim de ductu salicali nopo, in-^"-. | i^al. 172g.
(J^) Comment, acad. Petropolit, vol. J.p. 271. 274. 27G. ^ (5) Il>. p. 280. 289.
Rech. sur V organisation du cejveau 3 etc. ^43 Jean-Christophe Bohl (i) , professeur à Kœnigsberg, et Haller (2), recueillh'ent tout ce qui avait été dit avant eux sur le système lymphatique , et firent aussi une multitude d.'observations très-instructives.
L'ouvrage de Théophile de Bordeu sur les glandes (3), est plutôt un tissu de raisonnemens que le résultat de recherches approfondies. En effet, l'auteur suppose que les muscles ne contribuent point à exprimer le suc des glandes voisines : il cherche la cause de la sécrétion dans la sensibilité particulière de l'organe , et fonde sur cette idée un système de physiologie qui n'a pas droit de prétendre à un accueil bien favorable , parce qu'il est établi non pas d'après l'observation , mais uniquement d'après les principes de Stahl. INous aurons occasion par la suite de le discuter plus amplement.