‹ Histoire de la médecine [electronic resource]Chapitre 28 sur 57 · Tome IV. i.i · texte numérisé non relu

Tome IV. i.i

zgo Section douzième , chapitre cinquième. yement remarque cette fente chez un veau (i), les analomistes objectèrent à Rivin qu'une disposition semblable tenait constamment à une aberration de l'e'tat ordinaire, à un vice de conformation, ou aune maladie (2). Cependant Munniks démontra en 1696 la fente de la membrane du tympan qui livre passage à l'air intérieur de la caisse du tambour (3) j mais Frédéric Walther re'futa son opinion de la manière la plus complète (4) , et les raisons par lesquelles Teichmejer tenta de la de'fendre ne sauraient prouver que ce me'canisme se rencontre chez tous les sujets (5).

Raymond Vieussens s'occupa de la membrane qui tapisse la caisse du tambour et le labyrinthe. Il trouva qu'elle est le ve'ritable sie'ge de l'audition, et qu'elle résiilte de l'expansion des vaisseaux ne'vro-lymphatiques et des nerfs (6). La face interne de la membrane du tympan en est elle-même tapisse'e, de sorte que l'audition a lieu lorsque cette dernière vient à s'ébranler (7). Vieussens méconnut aussi deux muscles du marteau , et ne parla que de l'interne , ainsi que de celui de l'étrier. Il donna au premier le nom de muscle monogastrique, lui accorda deux tendons, et traita fort au long de son action (8). Il appela la fenêtre ronde, la porte , et l'ovale, la fenêtre du labyrinthe : toutes deux sont fermées par la membrane nerveuse (9). En traitant des canaux demi-

'* (t) Glaser, De cerebro. p. 72. ^S.

(2) Jîuysch, Thesaur, anat.II. p. 33.

(3) Munniks ; De re anatnm. p. igS.

(4) HaUer, Diss, anal. vol. IV, p. 394.

(5) Ih. p. 395.

(6j Philosophicnlelc, c'est-à-dire, Transactions philosophiques, anne'e- 1700, vol. III. p. 43. — Vieussens, De l'oreille, iu-40. Toulouse,

(7) Philosophical etc., c'esl-à-dire , Transactions philosophiques, /• c.

r8) Ih. p. 47. 60.

(9) Ib. p. 52.

Recherches sur les organes des sens. 291 circulaires, il remarqua que ces conduits se dilatent vers leurs orifices (i). Il décrivit la distribution du nerf auditif dans la membrane qui tapisse ces canaux (2). Le noyau osseux du limaçon reçoit le nerf acoustique dans son intérieur , et se termine supér rieurement par une cavité évasée à laquelle on a donné le nom d'entonnoir (3).

Au commencement du dix-huitième siècle , Bartholomée Simoncelli émit une opinion singulière sur la marche du nerf auditif. Ayant constaté l'exactitude de la description de Vieussens, et trouvé que le nerf se répand effectivement dans le noyau osseux du limaçon et les canaux demi-circulaires , il prétendit avoir découvert au milieu de la portion pierreuse de l'os temporal des trous par lesquels le nerf rentrait dans le crâne , ou il distribuait des filets à la dure-mère (4).

Antoine Valsalva , qui nous a laissé dans son- ouvrage un monument éternel de son esprit observateur et de sa rare sagacité, fit connaître les parties de l'organe de l'ouïe avec encore plus de précision et d'exactitude que tous les anatomistes précédens. Le premier il signala les petites fentes que la portion cartilagineuse du conduit auditif externe présente, et que l'on désigne sous le nom à'incisures (5). En même temps il fit connaître une nouvelle veine occipitale, qui se jette dans le sinus latéral (6). Il confirma ce que Vieussens avait dit des deux feuillets de

(i) Philosophical elc. , c'est-à-dire, Transact. philos, l. c. p. 53. U) Ih. p. 55. '11 (3^ Ib. p. 54.

(4) Mistichelli , datis Noties, Lettres à M. Gulieltaini. ih-8°. Rome, 170I3, p. 206. — Z>an. Uojfmann, Methodi eocperim. sludiutn : dans ses Annovit. ad hypothcs. Goueyaitain, in-S°. Francof. ad Man inio. p. \n5- 1:6. •' ' •'^

(5) Falsali>a, De aure humand. //j-40, Traj. ad JRhen, 1707. p. 8. tab. IV. J. I i r

(6) Ib. p.\\.

292 Section douzième , chapiU e cinquicme. la membrane du tympan : l'externe est une conlînualion de la dure-mère, et l'interne est fourni par la membrane qui tapisse la caisse du tambour (i). A l'exemple de Casserius, il fixa le nombre des muscles internes de l'ouïe à quatre (2). Le muscle externe dû marteau s'insère à la trompe d'Eustache. Valsalva assigna à cette dernière un muscle nouveau qui lui est propre, et qui sert à la dilater. Il profita de cette occasion pour de'terminer exactement les muscles de la luette (5). La fente de la membrane du tympan ne s'observe que dans des cas fort rares (4). H n'est pas commun non plus de trouver la cavité dé l'étrier remplie par la membrane de Manfrédi (5). Les ! ôssele'ts de l'ouïe n'ont pas de périoste, quoique la ! surface en soit parsemée d'une foule de vaisseaux (6). | Il existe des trous particuliers qui vont de l'oreille interne dans la cavité du crâne, et qui servent, les uns au passage de l'air , les autres à l'écoulement du. sang et des différentes humeurs du cerveau (7). Valsalva décrivit avec une rare exactitude l'expansion du nerf auditif dans la lame demi-membraneuse dûi limaçon , et dans les canaux demi- circulaires (8)) qu'il nommait zones sonores. Il parla aussi (9) de lai lymphe du labyrinthe , mais il était réservé à Co— lunni et à Meckel de découvrir l'usage de ce fluide..

Morgagni ajouta aux observations de son maître: plusieurs additions relatives principalement à la distribution du nerf auditif dans le noyau osseux dui limaçon et dans les canaux demi-circulaires (lo). Ce

(i^ Valsalua, l. c. p. 14.

(2) Jb. p. 20.

(3) Ib. p. 19. 34.

(4) Ib. p, i5.

(5) Ib. p. 23.

(6) Ib. p. 25.

(7) Ib. p. 27. 28. 83. ...

(8 ib. p. 52. 55. tab. P^ÏIi. fig. r;. S.q. X. ftg. ô. (<j) Ib. p. 61.

(10) Morgagni, Epist. anal. XIL. p.

Recherches sur les organes des sens. agS

qu'il avait pu oublier n'échappa pas à l'œil scrutateur de l'excellent anatomiste Jean-Fre'deric Cassebohm , professeur à Halle, et ensuite à Berlin. Les recherches de ce savant habile sur l'organe de l'ouïe sont d'autant plus précieuses, qu'on y trouve décrites et rendues sensibles par de très-bonnes figures les variations que l'âge apporte dans les diverses parties. Cassebohm réfuta entre autres les trous que Valsalva / prétendait avoir vu se rendre de la caisse du tambour dans le crâne fi). Il en vit plusieurs autres qui se dirig^nr du conduit auditif interne vers le vestibule (2), et détermina très-exactement les rebords des fenêtres (3). Il montra que Xinfundibultim de Vieussens est , à proprement parler , la terminaison du canal commun des deux rampes du limaçon (4), que la lame spirale finit par former un crochet à la pointe du noyau osseux (5), et que le vestibule est est entièrement rempli par une pulpe nerveuse (6). Enfin, il a le premier remarque que les osselets de l'ouïe se développent trois mois après la conception, et que le fœtus parvenu à l'âge de quatre mois présente déjà une caisse du lamhour (7). Quoiqu'il eût observé de la lymphe dans le labyrintl^e, il ne réussit pas mieux que ses prédécesseurs à découvrir les vaisseaux lymphatiques de l'organe de l'ouïe (8).

(i) Cassebohm, De aure humanâ. in-io, ffal. fiSL ^ zL p.S M Ih. n. 210. ai6. Tr. V. p, i6. i8.

(3) Ib. n. 9/,. y5. p. 38.

(4) ^l*- io4- Tr.y.p.ii.tah.V.fig. u. h. i. fSI Ib. n. 197. ibid.

(6) Ib. n. 2.34. tab. IV. fie. 3.

(8) Ih. n. 107. p. 44. -

2C)4 Section douzième , chapitre sixième.

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