CHAPITRE SIXIÈME
Recherches sur la Génération.
Celle de toutes les parties de la physiologie qui est le plus hérissée |de difficulte's, s'enrichit pendant ce pe'riode d'un nombre si prodigieux de de'couverles nouvelles, que si on eût continue' de suivre la route tracée par quelques excellens anatomistes, la doctrine de la gëne'ration aurait repose' dès-lors sur un plus grand nombre de faits avére's que ceux qui nous sont connus aujourd'hui. La théorie de cette importante fonction subit, depuis Riolan jusqu'à Haller et Wolf , c'est-à-dire dans l'espace d'environ cent cinquante anne'es , une re'volution telle- Tiient coniplète , que ce bouleversement total suffit en quelque sorte pour nous donner une ide'e de celui que les opinions dominantes de l'école éprouvèrent, Au commencement du dix -septième siècle régnait encore le dogme scolastique que la réunion de l'entéléchie d'Aristote et de la matière est une condition absolument indispensable pour que la production d'un être vivant s'effectue, et on se livrait encore à de nombreuses recherches touchant l'époque à laquelle l'âme raisonnable se développe chez l'embryon. L'ouvrage de Thomas Fyens est un des livres qui nous en fournissent les preuves les plus convaincantes (i). A la vérité,- Jean Riolan étudia moins superficiellement certaines parties de l'appareil de la génération, et il paraît même que cet analomisie connut la texture de l'épidiclyme et du corps
(i) FietDUS, Dç foroiauone. falUs, i»-8°. uintwerp. iGao.
Recherches sur la génération. ^gS d'Higlimore (i); mais, même dans la dernière édition de son manuel , il continua toujours de parler de la structure glanduleuse du testicule, et accumula plusieurs autres erreurs semblables (2). François Plazzoni promettait de donner des détails plus précis que ceux qu'on trouve dans son ouvrage sur les organes génitaux, mais il mourut à la fleur de l'âge , après avoir enseigne' pendant trois ans l'anatomie à Padoue. Son livre renferme toutefois quelques ide'es plus justes que celles de ses préde'cesseurs. On distingue, par exemple , ce qu'il dit au sujet du ligament de l'ovaire que les anciens croyaient être un canal excre'teur (3).
Il y avait déjà long- temps que les anatomistes s'étaient convaincus de la nécessité d'observer l'œuf soumis à l'acte de l'incubation , pour parvenir à ac-
3uérir quelques notions plus précises sur la manière ont la production et le développement de l'embryon s'opèrent; mais ils apportaient si peu de soin dans les recherches qu'ils faisaient à cet égard, que le grand Fabrice d'Acquapendente lui-même contribua encore à propager un- nombre infini d'idées fausses. Jean Faber fut le premier qui entreprit de réfuter les erreurs de l'anatomiste italien. Pour atteindre ce but, il s'attacha surtout à démontrer que l'enveloppe calcaire existe autour de l'œuf à l'époque ' même oli cet œuf est encore renfermé dans le corps de la poule, et qu'elle ne se développe pas à l'époque de la ponte , ainsi que Fabrice d'Acquapendente le conjecturait (4). Cependant Faber dit avoir observé que le principe de la fécondation dérive des chalazes ou des deux cordons blancs qui se voient sur
(0 Rijylan Antliropo^raph.in-fol. Paris. 1649. ^.i5q. 160.
o, ^""'^""^ 8"- ^^"S^'- Bat. ,6^9.^7,. u.c. ^. p. ^6i
{S) fiazzoni, Ue parubus generaiioni inseivienlibus. in-L°. Patate. iB'j». p.. 180, ^
(4) Faber, ad Hernandcz rer. Mexican. histor. p. j6i.'-
396 Section douzième, chapitre sixième. chacun des côlës du jaune de l'œuf (1) , que les parties simples du poulet sont alimentées par le blanc, et que les organes , au contraire, tirent leur nourriture du jaune (2).
Guillaume Harvey , ayant e'galement l'intention de rectifier les idées et de réfuter les principes de son maître Fabrice d'Acquapendente , fit une étude bien plus approfondie non-seulement de l'œuf soumis à l'incubation, mais encore de l'embryon des quadrupèdes. Le livre qu'il publia est d'une prolixité fatigante , et nous sommes forcés de convenir que tel que nous le possédons, cet ouvrage ne répond pas entièrement aux espérances que l'immortel auteur de la découverte de la circulation pourrait faire concevoir. En effet , on j trouve une foule de répétitions oiseuses , et souvent même des contradictions. Harvej l'a écrit en grande partie de mémoire , et presque toujours il s'est laissé trop aveuglément conduire par les opinions d'Aristote et de Fabrice d Acquapendente. Il a même donné à ses observations un si faible degré de précision et de certitude, qu'elles peuvent être appliquées à des systèmes directement contraires , ainsi que le prouvent l'exemple et la conduite de Maupertuis (3). Mais Buffon n'en porte pas moins un jugement peu équitable en disant qu'Harvej n'a presque rien ajouté aux découvertes d'Aristote (4). Bonnet a démontré, au contraire, que la plupart des observations dues au célèbre physicien anglais sont d'accord avec les principales de celles dont les modernes ont enrichi la science (5).
(1) Faher, l. c. p. 769.
(2 ) Ib. p. -or
(3) Vénus physique, p. 44 (OEuvres de Maupertuis. m-H». Ljou,
1768. lom. Il ^-
(4) Hisloirt; naturelle. in-S". Paris-, 1769. tom. III. p. ifaS. ibb.
(5) 53v.v les corps organisés, liv. I. p. 270 COEuvies complttcs. in-S". Neufciiâlel , 1779. loin. V ).
Reclierches sur la génération. 297 Ce qu'il y a de certain , c'est que le manuscrit du livre de la génération des animaux fut enlevé à l'auteur par Georges Ent, avant (^u'il eût eu le temps d'y mettre la dernière main. Dégoûte des disputes dans lesquelles il s'était trouvé engagé^ par ses premiers écrits, et profondément affligé de la perte qu'il fit de tous ses papiers en accompagnant dans sa fuite le roi Charles P% dont il était le premier médecin , Harvey avait résolu de ne point publier cet ôuvrage, Ent fut donc obligé d'user de stratagème , et de mettre tous les moyens en usage pour le lui arracher (i).
La principale raison qui fait que le livre d'Harvey doit être d'une si haute importance à nos yeux, c'est qu'on y trouve, pour la première fois, des argumens spécieux contre la génération spontanée, et des raisons démonstratives tendant à prouver que tous les corps vivans proviennent d'un œuf. Mais, quoique l'auteur affirme hardiment , dès le début de son ouyrage, que toiit ce qui vit doit naissance à un œuf, parfait chez les oiseaux et chez les plantes, imparfait dans les autres classes du règne animal , et qu'il rejette sans balancer la génération produite par la putréfaction, cependant on trouve par la suite des idées directement contraires à celles-là, et qui ont rapport aux diverses métamorphoses de la matière vi-» vante (2).
Les opinions d'Harvey sur la manière dont l'œuf est fécondé par la semence du coq, ne sont pas exemptes d'erreurs. Le coq n'a pas de verge , et il n'introduit aucun organe analogue à celui-là dans le cloaque de la poule : on ne peut donc point admettre que sa semence exerce une action fécondante immé-
(i) Harvey, De generatlone animal, //1-4O. Lusd. Bat. nS?. p. 3o7. 3oH. — Prcïace d'Ent. J 1 r 1
(k) Ib. p. 162.
2g8 Section douzième , chapitre sixième. diate et matérielle sur l'œuf (i). Tant que l'œuf demeure renfermé dans l'ovaire, le jaune est intimement mêlé avec le blanc ; ces deux corps se séparent ensuite en vertu d'une force intérieure, et dès-lors le jaune est nourri par le blanc (2). La coquille existe déjà toute formée dans le corps de la poule. Les chalazes ne sont pas le principe de la fécondalion: elles ne proviennent point non plus de la semence du coq, car on les trouve dans l'œuf stérile, aussi-bien que dans celui qui a été fécondé ; elles existent même avant que le poulet soit parvenu au terme de son développement complet (5). La cicatricule, ou la tache blanchâtre qui se remarque sur la membrane du jaune, est le vrai point d'où part la fécondation (4) : cependant, ajoute l'auteur, cette cicatricule se rencontre aussi-bien dans les œufs fécondés que dans ceux qui ne l'ont point été , assertion qui lient évidemment à ce qu'Harvey ne connaissait pas le microscope. Le défaut d'un instrument semblable est également la cause de l'inexactitude des opinions que l'anatomiste anglais émet à l'égard des changemens qui surviennent lorsque le poulet se ' développe. Il dit que la cicatricule s'élargit, que le jaune monte vers la grosse extrémité de l'œuf dans le même temps que la cicatricule , laquelle est entourée de cercles concentriques et présente la forme d'un pois j qu'alors le blanc s'évapore, et que la partie la plus lourde descend et s'accumule vers la petite extrémité de l'œuf (5). Si Harvey reproche à Aristote d'avoir observé avec peu de soin , en disant^ que le jaune se porte vers la pointe de l'œuf, lui-même est blâmable de .soutenir que ce corps se dirige toujours
fj) HaTi'ej . l. c. p. 16.
(S) li; -p. 38. /}5. i56.
(4) Jh. p. 60.
Recherclies sur la génération. 299 vers la partie supérieure. Le troisième jour de l'incubation, il vit deux vésicules qui constituaient les deux ventricules du cœur : le quatrième, il aperçut la tête et les yeux du poulet, etc.
A ces observations succèdent celles qu'Harvej a faites sur les quadrupèdes, spécialement sur les cerfs et sur les biches. Il s'en sert pour prouver que la forme et la matière re'sident de même dans l'œuf de ces animaux, que par conse'quent la semence du mâle fournit simplement la cause occasionelle, l'irritation extérieure, qui vivifie cette forme particulière, que le sang est la source de la vie, et que tootes les parties du corps se développent postérieurement au cœur. Il a fait d'importantes remarques d,ont les résultats sont qu'après la fécondation des bich«s, on ne trouve jamais la moindre trace de la semence du mâle dans l'utérus ou les trompes de Fallope(i). Mais la ténuité de l'ovaire, chez les animaux en question, semblait être à ses jeux la preuve que cet organe n'a d'autre usage que celui de sécréter une humeur lubréfiante, et de servir à consolider les vaisseaux (2).
C'est de cette manière qu'Harvev posa les fondemens du système d'évolution qui détruisit plusieurs préjugés, que l'adoption de la génération spontanée avait alimentés jusqu'alors ; mais les bases sur les-
âuelles le système repose avaient encore besoin 'être affermies, et le fondateur commit la faute de vouloir allier à cette évolution , ou à ce développement de l'œuf, l'épigénèse, c'est-à-dire, la formation successive des différentes parties dont l'ensemble constitue le corps. Du reste, il fit aussi des observations très-utiles sur les membranes de l'œuf animal.
" (0 'HarDej, l. c. p. 3o6.
(9.) Ib. p. 299. — Vallisniéri est le seul qui ait relf v.1 celle erreur. l^Esperienze^ic c'tsi-a-àire, Expériences sur la «îëuéralion. in-A». Velusf, 1721. P. II. c. 10. p. ,t)3.) ^
3oo Section douzième, chapitre sixième.
11 refusa d'admettre la présence de l'ouraque et de l'allantoïde chez l'homme, et soutint que ce que Fabrice d'Acquapendente a pris pour ces parties, n'est autre chose que le chorion, qui n'a pas pour destination de servir à recevoir la sueur ou l'urine, mais qui renferme un fluide nourricier (i). Les membranes qui entourent l'œuf le séparent si complètement du corps de la femme, qu'il n'existe pas de rapport immédiat entre eux, et que le pouls de l'embryon bat en des temps différens de celui de la mère (2). Cette dernière opinion fut adoptée par Vesling, qui prétendit que les vaisseaux ombilicaux proviennent du cœur de l'embryon, et noïi pas de l'utérus (3).
La première édition de l'ouvrage d'Harvey parut en i65i , et la même année, Nathanaël Highmore fit part au public de ses découvertes sur les organes de la génération et sur leurs fonctions. Il décrivit les différentes courbures que les vaisseaux sperraatiques forment dans l'épididyme, avec autant d'exactitude que la réunion des conduits séminifères dans le corps auquel on donne aujourd'hui son nom, et qu'il appelait la racine de l'épididyme (4). Il observa chez les oiseaux deux veines ombilicales, dont l'une provient du jaune et se décharge dans la veine hépatique, tandis que l'autre, née d'une membrane vasculeuse, se termine dans la veine cave (5).
Les remarques d'Highmore sur la structure du testicule et de l'épididyme furent vérifiées et rectifiées par un certain Aubéry, de Florence, qui prenait le nom de Valdius Dathirius Bonglarius (6). Cet
(1) Hareej , 1. e. p. SyS — 38o.
(2) Ib. p. 391.
(3) Wesling, Sjntagm. anat. c. 8. p. 85. , , . \\) Highmore, Hlstorj etc. , c'est-à-dire , Histoire de la generaliofli
in-8°. Londres , i65i. p. 91. 92.
(5) Ib. p. 76. , .
(6) Philosophical etc. , c'est-à-dire , Transactions philosophiques , an. 1700. vol. Iir. p. 194. Cg. 47- k^. ~ Borelli , De motu ammaliwn. hb, II. prop. 166. p. a.'|8.
Recherches sur la génération. Soi
écrivain compara les testicules d'un ours avec ceux de l'homme, et montra non-seulement que l'organe est d'une structure entièrement vasculaire, mais encore qu'on ne saurait découvrir aucune trace de glandes dans l'ëpididjme. Il constata aussi l'existence d'une cavité' dans le corps d'Highmore.
Jean-Claude de la Courvëe , écrivain fort médiocre, qui adopta les opinions d'Harvej, soutint de même qu'il n'existe point de liaison immédiate entre l'embrjon et la mère j mais il pensait que les eaux de l'amnios jouissent de proprie'tés nutritives , et il avança sérieusement que l'enfant respire dans le sein de la femme (i).
Antoine Evërard crut avoir trouve , dans le cours que Bils avait assigné à la Ijmphe, ime nouvelle source de la semence , et de la nutrition du fœtus. Suivant lui, le tronc commun des vaisseaux lymphatiques est en connexion avec l'artère spermatique, disposition dont il dit s'être assuré par ses propres jeux sur des lapins. C'est de cette manière aussi que l'embryon humain reçoit de la lymphe nutritive, et non pas du sang (2). Le fœtus respire au moyen du placenta , qui lui tient lieu de poumon (5). Evérard n'a pas consacré le soin nécessaire à ses observations sur le développement des lapins, dont il assure avoir découvert quelques traces dès le neuvième jour (4).
Quoique Gauthier Néedham ait admis la production de l'air dans les membranes de l'œqf et la respiration de l'embryon (5) , cependant il réfuta plusieurs erreurs d'Evérard , entre autres celle de la nutrition
(1) Couirœiis, Be generalîom fœtàs . in-l^o . Gedan. iG55.p. i53.
(2) Everard ^ NoDiis hominis hnitique exortus , p. i8. i3a
(3) Ih. p. aao.
a) Jl>- P- 47-
(5) Needhçim, De formato fœtu , p. 83,
3o2 Section douzième ^ chapitre sixième. du fœtus par les vaisseaux lymphatiques (i). Cette fonction s'opère par l'intermède du fluide que contient l'allantoïde, et, sous ce dernier nom, Weedham de'signait la face interne du chorion (2). Il indiqua aussi avec beaucoup d'exactitude les variëte's que les membranes du fœtus présentent chez les divers animaux (3).
Mathieu Slade, qui prit le faux nom de The'odore Aides, chercha, d'une autre manière que Néedham, à de'fendre l'existence de l'allantoïde , au moins chez les vaches. Il fit connaître des observations relatives au développement de l'embryon des brebis, animaux chez lesquels il remarqua, comme Harvey, un punctum saliens i germe du cœur, trois jours après la conception (4).
Pendant ce temps, trois naturalistes hollandais, Jean de Hoorne , Re'gnier de Graaf et Jean Swammerdam, soumettaient simultane'ment les observations d'Harvey au creuset de l'expérience. Après la mort du premier, il s'éleva entre les deux autres une dispute peu digne de leur me'rite, sur la question de savoir lequel s'était livré le premier à ces recherches ; mais il est probable que l'excellent anatomiste De Hoorne leur en avait fait naître l'idée. Régnier de Graaf (5) débuta par une anatomie exacte et fort instructive des parties génitales du sexe masculin. Au lieu du canal indiqué par Highmore pour recevoir les conduits séminifères, il admit, chez l'homme, un réseau vasculaire d'une texture admirable; mais il assura que le canal existe au contraire chez les ani-
(1) Needham. 1. c. p. i3. 72.
(2) Ih. -p. 60.
(3) Ib. p. 5a.
(4) Manget, Biblioiheca atuitomica , vol. I. p. ySo. 734.
(5) Régnier de Graaf naquit à Schoonhovcn, ea i64ij praliqua la in<-dt'cine à Delft, <|t mourut vr ïG-ji.
Recherches sur la ge'néradon. 3o5 "
maux qui ont les testicules plus volumineux (i). Six ou sept vaisseaux de l'e'pididyme tirent la semence de la tunique albugine'e, et on peut de'rouler l'e'pididyme entier de manière à n'en former qu'un vaisseau unique infiniment replié sur lui-même, et dont la longueur est de cinq aunes (2). La texture des testicules est entièrement vasculaire (3). De Graaf rejeta comme chime'riques les anastomoses qu'on admettait de son temps entre les vaisseaux spermatiques (4). En outre, il décrivit parfaitement la structure de la prostate et des ve'sicules séminales (5).
Dans la même année, c'est-à-dire en 1668, Jean de Hoorne écrivit à Werner Rolfink qu'il avait fait des observations analogues sur le canal entrevu par Highmore, et qu'il regardait ce canal comme une membrane nerveuse destinée à contenir les vaisseaux dont le testicule tout entier se compose (6). Il fit auss» sur les œufs de l'ovaire de la femme des remarques semblables à celles que Régnier de Graaf publia trois années plus tard, en 1671.
Ce dernier, dans l'important ouvrage oii il exposa la structure des organes génitaux du sexe féminin, supprima la dénomination inconvenante de testicules de la fem-me, et la remplaça, pour la première fois, par celle d'ovaires. De Graaf fut aussi le premier qui fit connaître les changemens que ces organes éprouvent après la conception. Il trouva que l'acte vénérien est suivi du développement de corpuscules particuliers ayant une teinte jaunâtre, et prétendit même avoir trouvé quelquefois des substances semblables dans les trompes de Fallope : aussi donnait-il pour
{A Graaf, lie génital, viril. : in Manget. hibl. anat. vol. 1. o. ^o-,
\Ù \, - ^' fë' 3-6. tab. IX. fis. 8. g. ^
(3j lo. p. 4o6.
(4) Ib. p. 4o3.
('j) Ib. p. 4,4. tab. x.fg. t. 2.
(6) Hoorne , Opiisc p. a68.
5o4 Section douzième , chapitre sixième. fonclion à ces dernières d'absorber les œufs des ovaires, et de les conduire dans la cavité de l'utérus (i). Il réfuta les remarques d'Harvey sur la fécondation de la poule, parce qu'il assurait avoir rencontré de la véritable semence dans les trompes de Fallope, et deux membres virils dans le cloaque. Il décrivit aussi d'une autre manière qu'Harvey les changemens que l'embryon des mammifères présente en se développant. Ses observations avaient été faites sur des lapins (2) , et elles parurent fournir des bases inébranlables au système «évolution, jusqu'à l'époque OUI celles de Philippe-Jacques Hartmann vinrent les ébranler. De Graaf croyait aussi avoir trouvé que l'embryon se nourrit en partie par la bouche, et en partie par les vaisseaux ombilicaux (5).
Les expérienx:es de Jean Swammerdam vinrent également à l'appui du système d'évolution , auquel le naturaliste hollandais tenta de donner encore plus de solidité , en comparant la naissance d-e l'embryon avec les métamorphoses des insectes, et avec le développement des bourgeons des plantes qui renferment le végétal futur tout entier (4). Il décrivit le corps d'Highmore comme un assemblage de plusieurs cavités (5).
A cette époque, le grand Marcel Malpighi parcourait la même carrière avec un succès étonnant, el signalait plusieurs erreurs propagées par l'autorité d'Harvey. Ses observations sur l'oeuf soumis à l'incubation, lui apprirent d'abord qu'il existe une grande différence entre la cicatricule de l'œuf fécondé et
(i) Graqf, De millier, organ. in Manget. 1. c. p. ^55. — ^5S. (■2) Ih. p, 478.
(3) lè. p. 4^3,
(4) Swammerdam, De itteri lymliehr. falricâ : m Mavgct. hihl. an.iX. p,\^r-^. — Swammerdam, Bj'if/ clc. , c est-à-dire, Bible de la nature, jn-fol.' Lcide , l'jSy. vol. I. p. 3ii. 4o3. S^g.
(5) Manget, 1. c. p. 491.
Hecherches stir la génération. 3o5 celle de l'œuf stérile : ce dernier ne renferme en effet aucune trace d'organisation. La cicatricule est, à proprement parler, une ampoule qui contient déjà le rudiment du nouvel être. Malpighi entrevit, au bout de trente heures, les premières traces du punctum saliens. Il sut profiter, avec une habileté inimitable , des secours que le microscope lui offrait : il s'en servit pour surprendre les secrets de la nature , et la considérer elle-même dans ses admirables opérations (i)» Il crut avoir remarqué que la substance dé l'utérus est réellement charnue, découvrit les follicules muqueux de ce viscère avec leurs longs conduits excré^ teurs chez les animaux , et décrivit les deux portions des cotylédons , dont la grise appartient à la matrice, et la rouge au chorion (2).
Un des plus zélés défenseurs du système d'Harvey fut François Rédi , qui joignait à une connaissance
Îirofonde de la nature, celle de toutes les finesses de a langue italienne , et un grand talent poétique j de sorte qu'on doit le ranger parmi les savans les plus érudils de son siècle (3). Il recueillit une multitude d'observations et d'expériences dont il profita pour réfuter complètement l'ancienne doctrine de la génération des insectes par la putréfaction , et pour consolider, au contraire, les bases du système d'évolution (4). 11 démontra que jamais on ne voit se développer ni vers ni larves dans les eaux putréfiées, lorsqu'on a soin d'écarter les mouches qui cherchent à y déposer leurs œufs (5). Les métamorphoses des in-
(1) Malpighi, De ofio incubato , p. 6—10. iti 0pp. in-fol. jLond. 1686.
(2) Id. epist, ad Sponium , p. 27 — 'Sg.
(3) Rédi naquit, en 1626, à Arezzo , devint médecin du Grand-Duc de Toscane , et mourut k Pise en 16974
(4) Redi, Espenenze etc. , c'est-à-dirc , Expériences sur la génération des insectes , p. 48. bi. { OEuvres complètes, in-8". Naples , 1778.
(5) Ib. p. 3g.