I. ccc
(a) li. i4- 20. 3o.j%. I. occc.
(3) Ih. p. ^Q. Jig. 2. GGG.
(4) Vallisnieri, Esperienze etc. , c'est-à-dire , Expe'rieûce's sur la génération , P. III. p. 4"9-
(5) Philosophical etc. , c-est-à-dire , Transactions philosophigues , an. 1700. vol. III. p. 195.
(6) Sbaraglid était professeur à Bologne ; il naquit en iS^i , et mourut en 1710.
(■7) SlaragU exercit, phjsico-anatom. in-^". Bonon. i-jat. p. 3Bt. (8) Ib. p. 193.
Recherches sur la ge'ne'ralion. 3i5 que la fécondation ne s'opère pas dans ces organes (i). Il ne put non plus trouver le moindre rapport entre le nombre incalculable des œufs, et celui des enfans que la femme met au monde (2). Enfin , il soutint que la trompe de Fallope n'entoure pas l'ovaire aussi intimement qu'elle aurait besoin de le faire pour recevoir ces œufs (5).
Les raisons alle'guëes par Philippe - Jean Hartmann (4) contre le système d'e'volution, furent encore beaucoup plus fortes. Ayant re'pëté les expe'riences que Re'gnier de Graaf avait faites sur les lapins , Hartmann parvint à des re'sultats diffe'rens. Jamais il ne de'couvrit dans les trompes de Fallope les œufs que l'anatomiste hollandais pre'tendait y avoir observés. Il ne trouva point non plus de différence entré -les œufs stériles et les œufs fécondés (5), insista sur la grande dissidence des phénomènes qui surviennent dans les œufs des oiseaux , et des changemens que l'ovaire des mammifères éprouve après la fécondation (6).
Philippe Verhéyen crut pouvoir lever la difficulté qui s'élevait contre le passage des œufs au travers de la membrane de l'ovaire, en soutenant que cette enveloppe est poreuse (7). Il défendit aussi la structure musculeuse de l'utérus , l'existence du corps d'Highmore (8) , et celle de la cloison des testicules (9).
La découverte de cette cloison suscita une violente dispute entre Frédéric Ruysch , et Jean-Jacques Rau
(,1) Slaraglia, I. c. p. 3g3.
(2) Ib. p. 3 13.
p) Ib. p. 194.
(4) Hartmann était professeur à Kœnisberg : il naquit en i648 , et mourut en 1707.
(5) Hartmann , Diss, de generatione viviparonm ex oeo : in Kallei . Dtsx. anat. vol. p-.p. i/iQ, ,64.
(n) Verhejen , Corp, human, anat. p. ino.
(8) Ib. p. ,86. r J .
(9) Ib. p. 159. 164.
5i6 Section douzième , chapitre sixïhne.
qui prétendait lui en disputer l'iionneup. Rujsch se de'clara de plus en faveur.de la texture musculeuse de l'utérus , presque géne'ralement admise de son temps, et pensa même avoir trouve dans le fond de la matrice un muscle rond particulier, dont les contractions expulsent l'arrière-faix (i). Il défendit aussi les œufs de Re'gnier de Graaf, assura que les trompes deFallope servent à porter la semence jusqu'à l'ovaire, et de'clara même en avoir trouvé dans leur intérieur (2). On distingue surtout l'importante découverte de la tunique villeuse externe de l'œuf humain, â l'aide de laquelle cetœuf communique avec l'utérus, ' ety pompe les sucs nutritifs. La lame interne du chorion, ou la fausse allantoïde, renferme évidemment un fluide ; mais , pendant quarante ans qu'il consacra à l'anatomie, Ruysch ne put parvenir à découvrir l'ouraque (3).
En 1700 parut l'ouvrage de Nicolas Andry (4) sur les. vers. Nous trouvons dans ce livre l'application la plus outrée de la théorie de Leeuwenhoek. Andry prétendait avoir observé que les animalcules spermatiques de l'homme se distinguent de ceux des autres animaux par une tête plus grosse : il soutint que ces animalcules rampent jusqu'à l'ovaire , qu'ils s'insinuent dans les œufs, dont ils referment la valvule derrière eux , et qu'ils vivent dans cette demeure jusqu'à ce qu'ils deviennent des embryons (5). L'humeur qui s'écoule de la prostate avant l'époque de la puberté , ne lui offrit jamais d'animalcules semblables, dont il ne découvrit non plus aucune trace dans la
(\) Rujsch^ Adpers. anat. iec, II. p. 34- , (2) dec, I. p. 3, — Thesaiir. anat, VX. i5.
(3) Id. ihes. anat. V. p. 16. 27. 9.8.
(4) Andry naquit à Lyon en i653 , fut professeur à Paris, et mourut
(5) Andry, De la ge'ne'ralion des vers dans le corps de 1 homme. \n-vx, Paris, 1700, p. 191.
Recherches sur la génération, 5 1 7 semence d'un homme atteint de la gonorrhe'e (i). U combina de la manière la plus bizarre ces ide'es singulières avec le système dévolution , et pour expliquer comment les vers peuvent s'engendrer dans le corps de l'homme , il imagina que les œufs de ces animaux remplissent l'atmosphère, oii ils voltigent jusqu'à ce qu'ils trouvent uh animal au sein duquel il leur soit possible de se développer.
Toutes ces hypothèses engagèrent un des meilleurs anatomistes italiens , Antoine Vallisniëri (2), à sonder les bases du bel e'difice e'ieve' par Leeuwenhoelc et par ses partisans. Ce système avait eie' expose d'une manière si bizarre , et souvent même tellement ridicule, qu'il était impossible de conserver un ton se'rieux en le réfutant; d'ailleurs, Vallisnie'ri avait l'esprit aussi porte' à la plaisanterie que son ami Redi : aussi fait-il prononcer aux animalcules spermatiques ces deux vers que le Dante avait places dans la bouche des esprits :
Non v'accorgete voi , che noi siam vermi , Nati aformar l'angelica farfalla (3) ?
Il commence d'abord par développer les raisons de ses adversaires avec autant d'intérêt que s'il voulait défendre fidèlement leur opinion : puis il émeS quelques doutes, auxquels succèdent des argumens dont la force va toujours en croissant. Un des plus importans, c'est que si la nature convertissait les animalcules spermatiques en fœtus humains, elle ferait un saut qu'elle a bien soin d'éviter dans la métamorphose des chenilles en papillons (4). Vallisniéri regarde donc ces animalcules comme des êtres para-
(1) Andry, /. c. p. ig5.
(a) Vallisniéri naquit à Trasilico dans les Etats de Modine , en professeur à Padoue, cl mourut en lySô. • fifl'f^en, Storia etc , c'esl-à-dire , Histoire delà £;éncrafion.
rrif'; ^•'"''^o'^v'-- -^«"'•'•^ etc., c'est-à-dire, Lelir
cru mues, in-f. Vemse , 1731. p. 145. 167.
^4; ib. p. 65.
5i8 Section douzième , cliapître sixième. sites, et assure en avoir observe' dans l'humeur qui s'ecoule des follicules muqueux de l'ulc'rus et du vagin (i). Ensuite il passe à l'examen de l'œuf luimême : il trouva le germe de l'embryon dans les œufs de grenouilles avant la fécondation Ta), mais ne put de'couvrir les œufs, chez les mammifères, ni dans le calice de l'ovaire , ni dans les trompes de Fallope : Re'gnier de Graaf a pre'tendu les avoir rencontre's dans ce dernier organe, mais avoue qu'ils j sont beaucoup plus petits que ceux de l'ovaire, d'où il paraît que cet anatomisle a pris des corps tout diffe'rens pour des œufs fe'conde's (3). Vallisniëri fixe les caractères distinctifs des hydatides et des œufs de l'ovaire (4) ; il explique aussi la manière dont cesœufe se détachent, et sont reçus par les trompes de Fallope , dont le pavillon est garni de fibres musculaires (5).
En lyoi on fit e'galement à l'Acade'mie des Sciences de Paris, différentes recherches sur les œufs de l'ovaire et leur fécondation. Méry avait manifesté ses doutes à l'égard du système d'évolution. Il conjecturait que des hydatides étaient les corps que l'on avait considérés comme de véritables œufs (6). Duverney et Liltre cherchèrent à détruire cette assertion par leurs observations sur le passage de l'œuf au travers de la scissure de l'ovaire et le long des trompes de Fallope. En effet , Duverney reconnut une fente demi- circulaire à la surface de l'ovaire après la fé-
(1) Vallisniëri , l. e, p. 80.
(2) Ib. p. 82.
(3) Ib. p. 85. i85.
(4) Ib. p. 1 16. 196.
(5) Ib.-ç. i83. aT2. — Je trouve (p. 10.1) un passage rera.-irquahlc dans le livre de Valiisniéri. Ce naturjiliste dit que Léibnilz l'avau rncagé à écrire un ouvrage sur l'âme derhomme, mais qu'il ne voulut pas imiter l'exemple de ce philosophe, qui paraissait ne pas entrevoir les bornes des connaissances humaines, et vouloir découvrir des choses dont il n'est permis à aucun mortel de pénétrer le mjfstère.
(6) Histoire de TAcad. des Sciences de Paris, an. lyoï. p. 5o.
Recherches sur la génération. Sig conclatlon (i), et Liltre pensait pouvoir expliquer par la structure musculeuse de cet organe la manière dont il expulse les œufs (2).
Adam Brendel, professeur à Wiitcmberg, soutint de même l'ex-istence des œufs de Régnier de Graaf , essaya de les distinguer des hydaiides, et assura y avoir trouve les premiers line'amens de l'embryon futur (5). Il admit aussi une anastomose entre \es vaisseaux du placenta et ceux de la matrice (4),
Vers la mèjne époque , Richard Haie soutint encore une fois que l'allantoïde existe réellement (5), et il donna de cette membrane des figures que Haller \ ne trouvait pas très-conformes à la nature.
Martin INabolh , professeur à Lëipsick, crut, aucommencement du dix -huitième siècle, avoir deV couvert un nouvel ovaire dans les glandes muqueuses de la face interne du col de la matrice qui avaient déjà été éntrevues par Des Noues. Ce qui le porta surtout à penser que ces glandes étaient les véritables ovaires, c'est qu'il assurait n'avoir jamais trouvé que l'état maladif des corps auxquels on donne ordinairement ce nom entraînât la stérilité à sa suite (6). \ï persuada le célèbre Frédéric Hoffmann de l'exactitude de son opinion, et ce grand médecin admit les ovaires de Naboth dans son système (7) ; mais Ruysch le réfuta (8).
Malgré les objections d'un grand nombre de naturalistes distingués, la théorie de Leeuwenhoek par-
(0 Histoire, /. c. p, 55.— Mémoires de l'Acad, dos Sciences de Paris, p. 741.
^/Os ^Tj'?,' — Mémoires de l'Acad. des Sciences de Paris , p. Sfii. (3) Haller , Dissert. anat. vol. jr. p. 3q2. /j, (1) Ib. p. 4qu
(5) Philosoplizcal eic, c est-à-dire , Transactions pliilcsophiqaes , an. 1700—1720. vol. II. p. 3r.'|. 1 1 >
(6) Haller, Diss. anat. vol. p-. p. a^G.
(7) Uoffmann , Mcdic. ration. System, vol. I. b. 34a.
(8) Biiysch; Advers. anat. dec. I. p. 5.
320 Section douzième , chapitre sixième. vint à s'insinuer généralement dans les esprits, après que Le'ibnitz l'eut conciliée avec son système , et que ce grand philosophe eut trouve conforme à l'harmonie que le Cre'ateur a observée dans ses ouvrages, et à celle qui règne entre la Nature et la Grâce, que les âmes humaines , avant d'être revêtues de leur corps actuel , aient existé depuis Adam , dans la dépouille d'un animal, oii elles étaient privées de la raison. La Divinité, par une sorte de transcréation j accorde ensuite la raison à ces âmes (i).
Martin Lister attribua un tout autre usage aux animalcules spermatiques. Ces corps ne servent pas , suivant lui , à féconder l'œuf, mais ils sont destinés à augmenter l'irritation produite par la semence (2).
François-Marie Nigrisoli (3) fit plusieurs objections fondées contre l'opinion de ceux qui pensaient que les animalcules spermatiques contribuent à la fécondation. Il répandit aussi un plus grand jour sur les œufs de Régnier de Graaf, en assurant les avoir déjà trouvés avant l'époque de la nubilité (4)» et les distingua des hjdatides qui ne s'observent qu'à la circonférence de l'ovaire , tandis que chez certains animaux les œufs sont fixés à des pétioles particuliers. Il soutint aussi que ces organes n'ont point une texture glanduleuse (5). Le principe vivifiant réside dans la force plastique de la semence , à laquelle il donna le nom de luce séminale ideata (6).
Joseph -Marie Vidussi attaqua cette opinion, et surtout la théorie de la préexistence des germes, avec
(1) Léibnilz, Essais de Théodicée. ,in-8°. Arast. 1747. tom. I. n. 91. p. i52. i53. — La première cdi Lion parut en 1710. (a) Lister, De humoribus , c. 4 a. SgS."
(3) Nigrisoli naquit , en i63S, à Terrare , devint professeur dans celle Tille , et mourut en 1^37.
Nigrisoli, Considcrazione exc. , c'est-à-dire, Considérations sur la géne'ration des êtres vivans. in-4°' Ferrare, 1713. p. 81.
(5) Ih. p. aa. ■
(6j Ibid.
Recherches sur la génJrdîion. '621 les armes de la scolastique. Il cherchait à démontrer que la putréfaction donne réellement naissance à des êtres vivans (i). ^
Jean-Hyacinthe Vogli essaya également de prouver que le mélange des deux Semences , et la fermentation q;ui en résulte, sont ne'cessaires pour la produ^:" tion d'un nouvel être (2).
D'un autre côte' , Morgagni perfectîônhait l'ana^ tomie des organes de la génération, et réfutait plusieurs erreurs dans lesquelles ses prédécesseurs étaient tombés. Différens anatomistes avaient regardé la densité de la membrane propre de l'ovaire comme un obstacle à ce que les œufs puissent la traverser. Mor-^ gagni fit disparaître cette difficulté en démontrant que l'ovaire est aussi enveloppé d'une tunique chez les quadrupèdes ovipares , et que, puisque les œufs parviennent bien à s'en détacher, chez ces animaux-, on ne doit pas non plus avoir de peine à concevoir qu'ils se séparent de même chez les mafïimifères (3). Les œufs de Régnier de Graaf sont plutôt des Vésicules remplies d'eau, qui servent à la nutrition des œufs proprement dits (4). Morgagni aperÇut très-» ■visiblement les fibres musculaires de l'utérus cheia une femme morte pendant le travail de l'accouchjement (5).
Ce dernier fait fut constaté par Jean-Domirtique Santorini (6), auquel nous devons encore d'intéressantes remarques sur la structure des corps jauheSj qui ressemblent à la substance corticale dlA cerveau, et qui existent même chez les vierges (7). La mem-
fl^ lîùller , Bill. anat. vûLII.p. ti2; {■i) Ih. p. iig.
(3) Morgagni, Advers. anat. L n. iq, r 5o,
hj IL. n. 28. p. 5i. y
(')) /''. H. afi. p. 47.
(6) Santorini j Ohsérv. anat, p. 210.
(7) III. p. -iST. 23'5.