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CHAPITRE CINQUIÈME

Décowertes en .^jplqnchnologîe.

Le péritoine et ses prolongemens occupèrent beaucoup les anatomistes clu seizième siècle , qui.ceppndant ne parvinrent point à s'en former une idée parfaitement exacte. Massa décrivit la membrane péritonéale, mais d'une manière fort incomplète (4). On croyait généralement qu'elle est percée vis-à-vis de l'anneau

(1^ isagog. f. 32. b.

fX p- 395.

f3) Eustach. de vend sine pari, p. 280. (4; InUQduct. j: b.

46 Section onzième , chapil/'e cinquième. inguinal , et qu'elle ne fournit pas d'enveloppe aux testicules, lorsqu'ils descendent dans le scrotum. Ve'sale lui-même partageait cette opinion ( i ). Son adversaire S3'lvius, cette fois au moins, eut raison en faisant voir que souvent le péritoine n'est pas percé en cet endroit. Cependant on s'e'tonne que ce partisan ze'le' de la doctrine des anciens n ait pas su tirer des résultats généraux de ses observations particulières, et ait préféré regarder comme des aberrations de l'état ordinaire tout ce qui, au contraire, n'a lieu qu'en vertu des lois fixées par la nature (2). Fallope expliqua aussi les hernies , surtout chez la femme , par la facilité qu'a le péritoine de se distendre (3). Columbus décrivit très-bien les duplicatures que cette membrane forme sur différens viscères (4). Vésale donna la première description de l'épiploon, de ses connexions avec l'estomac, la rate et le colon , montra qu'il ne descend pas aussi lias chez l'homme que Galien l'avait remarqué chez les animaux, et parla des appendices épiploïques du colon (5). Mais la meilleure description de cette duplicature du péritoine fut donnée par Fabrice (6), qui indiqua d'une manière très-circonstanciée sa naissance aux environs de la colonne vertébrale , sa direction oblique vers l'estomac , ses connexions avec le lobe de Spigel , son union avec le colon et la rate , et enfin la rétroflexion d'une de ses lamelles qui, à la hauteur de l'ombilic, se porte vers la partie supérieure de l'abdomen. Cependant il se trompait en croyant que la cavité épiploïque forme un sac complet, car

(1) Lih. y. c, a. p. 4i4'

(2) Sjlf, ohserv.J'. 71. b.

(3) Fallop, obsen'. p. 4o8.

(4) Lib. XI. c. II. p. 433.

(5) Vesal, de radie, chyn, p. 643.

(6) Falrio, de omento-, p. ia3, 124-

Décomertes en splanchnologie. • 47 l'ouverture de Winslow est très-e'vidente, au moins chez les eiifans.

A l'égard de l'estomac , Ve'sale rectifia l'erreur de Galien qui avait admis dans le voisinage du pylore une substance glanduleuse destine'e à former cette ouverture. Ve'sale avoua que ce corps existe re'elle- •mcnt chez les chiens, mais décrivit le premier la véritable structure du pylore de l'homme , et en particulier la valvule pylorique ( i ), que Guidi fit ensuite figurer (2).

Quant au foie, Bérenger remarqua déjà les prolongemens que le péritoine envoie à ce viscère : cependant il les considéra comme une membrane particulière, et ne les distingua pas avec assez de soin (3). Il adopta encore l'ancienne idée de la division du foie en quatre ou cinq grands lobes qui se voient effectivement chez les chiens (4). Massa n'admit, à la vérité , qu'une seule scissure qui partage tout le foie , mais il prétendit qu'elle ne donne naissance qu'à deux lobes (5). Cette opinion fut également celle de Vésale, qui observa en outre que la forme du foie et sa division sont exposées à de grandes variations, et ne se ressemblent pas chez tous les sujets (6). Sylvius convint qu'il n'y a que deux grands lobes , mais ajouta qu'on en trouve souvent deux autres plus petits , ce qui en porte le nombre à quatre (7). Puteus assure avoir trouvé cinq lobes dans le foie d'un prince de Savoie (8)', mais il fui réfuté victorieusement par Columbus (9). Zerbi fit,

(0 Vesal.^lib. V. 6. 3. p. ^17.

(■î) Vid. lib. V. c. 5. p, a38.

(3) Comment, in Mimdin, f. lU. b.

(5) Introduct. J. 27. a.

(6) Vesal. lib. fr, c. 7. p. ^3a.

'^Z'"; ""^^ V-l^'~Fesan. calumn, d*puh. p. m. m Apolog, pro Galen. / i35. b, te) I-ib. ri' p. 2gg.

4$ Section onzième , chapitre cînquîèmeé à l'égard des canaux biliaires , la remarque qu'ils se " terminent re'ellement en partie dans l'estomac ( i ). Vesale , à qui celte observation n'avait point échappé non plus, la regarde, avec raison, comme une aberration de rélàl ordinaire (2). Fallope parait cependant en révoquer l'exactitude en doute , parce qu'il ne s'est jamais rien présenté de semblable à lui (3). Les valvules que Dulaurens voulait avoir rencontrées dans le canal cholédoque (4), n'ont point été confirmées par les anatomistes modernes , non plus que les canaux qui se rendent du foie dans la vessie, et que Jasolini , élève d'Ingrassias, décrivit et fit même figurer (5). Vraisemblablement les planches ont été faites d'après des foies de poissons ou d'oiseaux, animaux chez lesquels ces canaux existent en effet (6).

Différens écrivains ont avancé que les anatomistes du seizième siècle connaissaient le pancréas, parce qu'ils se sont servis de ce mot ; mais ce qu'ils appelaient ainsi n'est qu'une agglomération de glandes à la partie moyenne du mésentère, dont Gontliier d'Andernach donne une description qui ne saurait convenir à notre pancréas ( 7 ). Sylvius dépeint de même le sien (8). Fallope applique également ce nora à un amas de glandes placées au milieu du mésentère, et qui servent à conduire les veines spléniquQS de la rate à la veine-porte (9). La description que Vésale ( i o) et Columbus (i i) donnent de cette partie, ne diffère

i) Zeri. anatçm. p. 34- '?.) Lib. P'. C.8. p. 436.

'3) Obs. p. 4i5.

■/}) Iiib, VI. c. 20. p. 47^'

'5) Jasolini, De poris choieJochis. în-^°. Neap. 1577. p. 55. '6) Haller. élément, physiol. «ol. KX. /?.. j55a..T' Comparez J'u/^/'. Oàs,

(7) Instit. anat^ lih. Z. p. io.

(8) Isagog.f. 17g. a.

(ç)) OIj. p/4x4-

(lo) Lib. y. c. 4- p- 4'»3. . .

(i 1) Lib. XI. c. 6. p. 4a4.

Découvertes èn spîanchnologîe», 49 en rien de celle de Sylvius. Le premier ajoute que le pancre'as est enveloppé par une duplicature du pe'ritoine (i).

Fallope examina fort attentivement la membrane interne des intestins, et décrivit les replis qu'elle forme (2), Bérenger donna la première description exacte du cœcum (3) et de son appendice, et fit la remarque, confirmée depuis par Morgagni (4), que ce dernier ne renferme quelcjuefois pas de cavité, ce qu'il prétend avoir remarque de préférence chez les personnes accoutumées à prendre une grande quantité d 'aliraens. Vésale rectifia l'erreur dominante depuis le temps de Galien , celle que le ccecum forme une cavité si considérable, qu'on pourrait le regarder comme un second estomac. Il fit voir que l'appendice cœcal est plus petit chez l'homme que chez les animaux carnivores , oii Galien avait vraisemblablement puisé la description qu'il en donne (5). Massa (6) et Sjlvius (7) firent aussi mieux connaître cet appendice que tous leurs prédécesseurs, mais Sjlvius fut égaré par sa passion pour Galien , qui ■le portait à considérer comme des cas contre nature tous ceux qu'il observait ne point ressembler à la description donnée par le médecin de Pergame. Fallope compara l'appendice cœcal de l'homme avec un lombric, à cause de sa forme grêle et allongée, et le regarda comme faisant partie du colon (8). Fadistingua très-bien les différences qu'il prêchez l'homme et les animaux , mais n'en con-

brice sente

(2) Obs. p. 412.

(3) Comment, ih Miindin. J n5. a.

YÀ ^^<^^b- causs. mOTh.ep, LXVll, n. ii,

(uj IntroducU p. 21.

ipS Oès.f. jui.

(8) Institut, anat. p. 433.

Tomç IF, " 4

6o Section onzième , chapitre cinquième.

linua pas moins de le conside'rer comme une dépendance du colon (i).

Cette ide'e que le cœcum n'est point distinct du colon, fut sans doute occasione'e par la remarque qu'on fit de la te'nuité extrême de l'appendice du premier de ces intestins relativement aux descriptions qu'en avaient données les anciens. Ce fut aussi la raison pour laquelle on plaça dans le cœcum la valtule qui garnit l'origine du colon , et qu'on de'couvrit de fort bonne heure. Acliillini parle en termes obscurs de cette valvule célèbre (2). Elle fut ensuite de'crite plus clairement par Laguna (5), puis par Fallope, d'après les observations qu'il avait faites sur les singes (4), par Varole (5), qui pre'tendit l'avoir aperçue le premier , jpar Posthius (6), qui la vit à Montpellier où il préparait sous Rondelet , par Salomon Alberti en i563 (7), et enfin par Bauhin qui la trouva en 1679, figura de même qu Alberti (8), Quoique Dulaurens s'exprime de manière à faire croire que Bauhin la découvrit (9), il n'en est pas moins constant que cet anatomiste 4 seulement le me'rite d'en avoir donné la première description àé~ taille'e,et queHaller a grand tort de prétendre qu'AIberti l'entrevit en i589 (10), puisque ce dernier dit lui-même expressément l'avoir vue il y a vingt et un ans, et que la préface de son livre est datée de i585. On ne saurait non plus regarder le passage de

(i) De intestirt. p. i/ij- . '

ht) Annotai, in Mimdm. anatom. p. ig.

(3) Lacuna , Anatom. method. p. i6.

(4) Dans un manuscrit iuedit dont parle Blumembacl» ( Mediainitclie etc., cVst-à-dire, Bibliothèque me'dicale,P. I. p. SjS- )

(5) Anatom. lib. II. c. 3. 70.

f6) Ohs. in Columb. p. 5o4-

fyS Hùt. part. corp. human. p. 49. 174- • > "i •

rs) Theatr. anat. lih. I. c. 17. p. 63. 6^. — Instil. <mat. p. ^o.

(a) Laurent, hist. anatom. lib. VI. c. 14. p. ^"ig.

Çio) élément, physiol. vol. FlI. p. lii.

t>écouverles en spîanchnolôgiei, êt (ïuidl ( I ) , cité par Haller , comme un lémoigna^é prouvant qu'il connaissait la valvule, puisqu'il ny est question que des replis formés par la membrane interne des intestins^ Piccolhuomini fut le premier qui la décrivit après Bauhin (2) , et Fabrice en fait aussi mention (3).

Bérenger s'occupa le premier des organes chargés de la sécrétion de l'urine. Son Lut, en se livrant à cette recherche^ était de décider si, conformément à l'opinion de Zerbi en particulier , l'urine se sécrète dans les reins comme au travers d'un crible* Pour recon* naître ce que cette assertion pouvait renfermer dé Vrai, il insinua un tube dans la Veine rénale, et poussai de l'eau chaude dans le bassinet ; mais il ne vit sortir aucune parcelle du liquide par l'urétèrCi Ensuite il fendit le rein , et trouva que les ramuscules de la veine , au lieu de s'anastomoser avec les branches de l'uretère, comme on l'avait pénsé avant lui, se répandent dans la substance mamelonnée* Il donna aussi une description exacte des mamelons ( 4 )* Après Bérenger , les travaux d'Eustache contribuèrent à répandre un grand jour sur la structure des reins* Le célèbre anatomiste s'éloigna de presque tous ses prédécesseurs en soutenant que le rein droit est rarement plus élevé que le gauche, que ces deux organes sont presque toujours parallèles, et que quelquefois le! gauche se trouve situé un peu plus hau t (5). A cet égard Varole partagea son sentiment (6). Eustache décrivit ensuite le premier les capsules surrénales ( 7 ) , aussi

1) Vid. lib. V. c. 5. p. 237* a) Anatom. prœlect. p. 86.

De intestin, p. i^-i.

Comment, in Mundin. f. 178. i. 179. à. — H faut se rappeler que ) Bérenger n avait pas idée des véritables fonctions des velues, et qu'il les ^ croyait aussi destinées aux sécrétions.

Eustach, de renum, stnict. c, 12. p: 3i.

(6) Faroli, Anatom. lib.lil. c. 7. p. rqv 1 (7) Eustach. l.e. ^ ^ /J

52 Section onzième j cHapitre clnquièmé. Lien que la substance corticale des reins (i), et blâma,' à juste titre, les écrivains qui, induits en erreur par la zootomîe, admettaient plusieurs cavités dans la substance de ces viscères (2). L'expérience de Bérenger^ qu'il répéta, lui révissil beaucoup mieux, parce qu il injecf) l'artère rénale : en effet, le fluide passa jus- <^ue dans l'urétère , ce qui décida Eustache pour 1 opinion des anciens, celle que l'urine est séparée du sang artériel ( 5 ). Il démontra parfaitement que la substance des reins est parsemée d'un grand nombre de nerfs, qu'elle est extrêmement sensible, et qu'il n'y a pas de valvules à l'origine des uréières (4) • cette manière il détruisit des préjugés enracinés depuis long-temps. Fallope fit la découverte importante de îa substance tubulaire (5) , à laquelle on a donné mal k propos le nom de Bellini. Massa montra k premier (6), et Eustache mieux encore après lui (7), que les urétères ne sont formés que") d'une seule membrane. Nous devons à Fallope la découverte du sphincter de la vessie (8) , car Vésale décrit le corps musculeux de manière qu'on peut le regarder plutôt comme le bulbo- caverneux que comme le sphincter (g). Varole donna, d'après Fallope , une idée fort exacte de ce dernier muscle (10).

Quant à ce qui concerne les viscères de la poitrine, je ferai les remarques suivantes à leur égard- Vésale est le premier qui ait bien étudié et décrit clairement le médiastin. Il releva surtout l'erreur

{1) Eustach. c. 4. p- II»

(2) li. c. 9. p.

Çi) Ib. c. 07. p. 95.

\M Ib, c. 20. p. 56. 57.

/5) Fallop. obs. p. l^lS.

(Q) Introdiict. p. 22.

(7) Zf. c. c. ig. p. 62; ^8) Fallop. obs. p. 4 12.

fg) Jjib. V. c. n. p. 445" (10) Anatonu Ub. ■Ùl. c 7. p. 8i>

Découvertes en splanchnoîogie.. 55 :des anciens qui croyaient que celte duplicature de la plèvre forme une cavité dans laquelle une portion des poumons se trouve renferme'e. Cette cavité', vdit Vésa le, existe re'ellement chez plusieurs animaux auxquels la nature a donné des poumons plus divisés, mais chez l'homme l'espace compris entre les deux lames dti médiastin est rempli par du tissu cellulaire, et n'existe à proprement parler que derrière le sternum (i), oix l'on peut très-bien démontrer sa présence en y poussant de l'air. Euslache, -dans sa planche du médîastin, a commis la faute d'eu représenter les deux lames parallèles, quoiqu'elles se i^approchent en avant, et en bas , et soient en haut et en arrière écartées par le thymus qui s'y trouve interposé (2). Vésale rectifia l'erreur de Galien qui admettait deux membranes distinctes dans la plèvre, et démontra qu'il n'en existe qu'une seules mais son opinion fut rejetée par Columbus qui regardait, ainsi que l'avait fait Galien , le tissu cellulaire extérieur comme une des tuniques de la plèvre (3) , et cette fausse idée régna- jusqu'au temps de Winslow (4) , qui , le premier , la réfuta complètement. Vésale trouva si souvent les poumons adhérens avec la plèvre, ,que cette raison le détermina à donner le nom de ligament du poumon à celte dernière (5).

Dans le larynx , Bérenger découvrit, les deux cartilages^ aryténoïdes, car jusqu'alors on n'en avait compté qu'un seul. Il aperçut aussi au-dessus de la glotte un morceau de chair qui est probablemenx la glande épiglottique (6). Vésale et Fallope décri-

(■2) Biutach. tah. Xl^. fig, i. — Comparez HalTer. élément. phvswL vol. J. p. 261.

(3) Columb. Iib. XI. c. 3. p. 414.

(4) Exposit. anatom. de la structure du corps, tom. IV, p. 8(5.. f5 Lib.fr I, c.^. 504.. ' ^

(6) Comment, m Mmdin. f. 3q3. S-.

54 Section onzième j chapitre cinquième, virent deux thyroïdes , soit comme varie'ie' , sotl comme rdsuUat de la dissection des animaux (i). Nous trouvons dansGolumbus(2) la première bonne description des ventricules dii larynx. Les anatomistes de ce temps regardaient comme des ligamens les fibres musculeuses qui garnissent la partie posie'rieure de la trachée artère, oii elles tiennent la place des cartilages qui se voyent en devant (3).

Je ne dirai rien sur les parties de la cavité bue-? cale, sinon que Fallope observa que la luette ne fait point partie du palais , comme les anciens l'avaient enseigné , et qu'elle ne sert pas à moduler la voix , ainsi qu'on l'avait pensé jusqu'alors (4). Tous les anatomistes du seizième siècle connaissaient l'orifice du conduit salivaire de Warthon , parce que Galieu l'avait déjà décrit : il en est fait mention dans Achillini (5) et Bérenger (6), Bauhiti semble youloir indiquer le canal de Sténon (7).

Les organes destinés à la sécrétion et à l'excrétion des larmes , furent les premières parties de l'œil dont on s'occupa. Bérenger savait que les points lacrymaux sont les orifices des conduits du même nom. Il y observa une membrane floconneuse qui sert à retenir les larmes. Les conduits lacrymaux , dit-il, versent les larmes par le canal nasal dans le nez, et c'est la raison pour laquelle on discerne souvent l'odeur, et même là saveur des collyres (8). Zerbi connaissait déjà les points lacrymaux avant lui (9) ; mais trompés par la zootomie, les premiers anato-

(1) Vesal. lih. 11. c. 11, p. o.-itx. Fallop . çhs. p. 452.

(2) Columb. lib, I, c. i3. p. 83.

(3) Vid. lib. VI. c. 4. P; 2S0. — Laurent, lib, I1,J. C. g. p. 193»

(4) Obs, p. 38a. — Insdu anatvm. p. 462.

(5) j4nnotat, in Mundin. p. 11.

^6) Commentar. in Mundin. f. 4oi. h.

(nS Theatr, anat. lib. JII. c. 8f). p. Sao. f81 Berengar. commentar. in .Mundin. jf. ^6;]. (g) Anatçm.. J. \7.i. h.

Découvertes en splanchnologîe. 55 mistes du siècle, et même Columbus (i), admirent deux glandes lacrymales dans l'œil de l'homme, parce qu'ils regai'dèrent la caroncule comme une sdconde glande, quoiqu'elle n'ait rien de commun avec les conduits lacrymaux entre lesquels elle se trouve place'e. Ve'sale reconnut le premier cette erreur: il distingua la glande lacrymale situe'e au côté externe de l'œil de la caroncule , pensa que cette dernière sert à diriger les larmes vers les points lacrymaux, et à se'parer les paupières , et décrivit la membrane semi- lunaire ou nictitante qui s'étend au - devant d'elle , pour former une troisième paupière chez certains animaux (2). Massa distingua soigneusement aussi ces deux corps (3), Fallope détermina avec encore plus de précision la marche que suivent les conduits lacrymaux pour se rendre dans le sac lacrymal , et de là dans le canal nasal (4). Tagliacozzi s'occupa du même objet, et revendiqua l'honneur d'avoir découvert le véritable usage de la caroncule lacrymale (5). Sous le nom de petit cartilage, Guidi parle du rudiment de la troisième paupière chez l'hom-» me (6), et Salomon Alberti (7), profitant des découvertes de ses prédécesseurs, donna des voies lacrymales une description excellente pour le temps. Fabrice a moins mérité de la science à cet égard, car ayant écrit après tant d'anatomistes, il aurait dû décrire les parties de l'œil beaucoup mieux qu'il ne le fil (8). ^ ^

Les anciens regardaient la sclérotique comme une continuation du périoste de ^l'orbite. Massa fut le

(0 ^h. X. p. 399. 4oo.

(2; Jixamen, observ. f'allop. p, 826.

(3) Introduct. p. gi.

Ois. p. 426.

c^m/r^, lib. I. c. 7. p. 34»

(gS V.d. lib. j^. cAcp.Gg. ^ ^ y} -çi,.''' Orationes. m-8°, Ncrib. i58S.. (is) Fabnc de oenlo .v. 108.

66 Section onzième j chapitre cinquième. premier qui réfuta cette erreur (i). Fallope donna aussi la première description des procès ciliaires, montra qu'on ne peut leur appliquer le nom de membrane, de'couvrit la membrane hyaloïde, et détermina mieux qu'on ne l'avait fait jusqu'alors, la figure du cristallin (2). Vésale était encore dans l'incertitude , tant sur la forme que sur l'usage de ce corps (3): il admettait aussi une égalité parfaite entre les différens diamètres de l'œil, et il fut à cet égard réfuté par Aranzi (4).

La structure des parties génitales et la connaissance de leurs fonctions firent de grands progrès dans le seizième siècle par les efforts réunis des anatomistes les' plus célèbres. Cependant elles restèrent encore fort en arrière du point qu'elles devaient atteindre par la suite. Si nous portons d'abord nos regards sur les organes externes de la génération chez l'homme, nous trouvons qu'Eustache connaissait fort imparfailement les corps caverneux. Il les faisait provenir de la vessie et de la prostate, tandis qu'ils naissent du pubis (5). Les plus grands anatomistes du siècle tombèrent également dans une erreur grossière relativement à la tunique vaginale du testicule: ils croyaient qu'elle communique avec le bas-ventre par une ouverture qui ne s'oblitère jamais (6). Cette disposition existe bien chez l'embryon, mais elle disparaît après la naissance. Les parois de l'ouverture s'agglutinent d'une manière si intime vers le vingtième jour qui suit l'accouchement , qu'il n'en reste plus la moindre trace. Quelques autres écrivains pensaient que les testicules , en sortant par l'anneau inguinal , en-

(i \ Introduot.. p. 95.

?2) Fallop. ois. p. 4^7.

h) Lié. P^JJ. c. 14. p. 559.

(4) Obs. c. ao. p. 69.

\b) Eustach. tab.XI.Jig.it. (KK.)

(6) Fesal. lié. Fi. c J3. p. l^^çj. — Fallop, imlit. anal. p. 4^9.

Découvertes en splanchnologle. 5 7

traînent seulement une des lames du péritoine qui constitue la tunique vaginale, mais que l'autre demeure dans l'abdomen (i). Vesale savait que la lunique albuginée du testicule livre passage à des canaux, de sorte qu'il paraît avoir déjà vu exactement les vaisseaux de Graaf (2). Massa" de'crivit le premier la prostate (5), et après lui Ve'sale(4), ainsi queCoIumbus (5). On doit attribuer à Fallope la de'couverte des ve'sicules se'minales (6). Il est vrai qu'avant lui Be'renger avait indique des canaux et un tissu celluleux dans lequel les vaisseaux de'fe'rens se contournent (7), et qu'Etienne paraît avoir aussi connus (8) ; mais tous deux en parlent d'une manière très-obscure. Vësale fut le premier qui apprit de Fallope à connaître les ve'sicules se'minales (9), et Euslache en donna la figure dans le même temps (10). Rondelet les trouva chez le dauphin (11). Enfin Varole (12) et Alberii (i5) en donnèrent une description détaillée et fort bonne.

Pour ce qui regarde les organes ge'nitaux de la femme, Fallope décrivit le premier le clitoris et la ressemblance de ce corps avec le membre vii il (14); mais Vësale regarda sa description comme exagérée et comme tracée d'après des anomalies (i 5). On peut aussi reprocher à Columbus que sa peinture du clitoris

(ï) Femel. part. corp. Jmwian. descript, lib. J. c. 7, p. 4o. fa) Vesal. lil. c. i3. 448.

{3^ Introduct. p. 34.

(5) Lil,. XI. c. i3. p. 436.

(6) Obs. p. 419.

(7) Isagog. p. 186.— Comment, in Mundin. f. 3o2.

(8) Slephan. de di.t.rect. p. ig3.

(9) Examen obs. Fallop. p. 8i6.

(10) Tab. Xll.Jg. ( VV.)

fui Depùcibus. \n-fol. Liigd. i55l. Ul. XVI. c. 8. p. i6j. 112) Jinatom. lib. jpr. c. 1. p. 8-J.

(i3) Hist. part. p. 68.

f l4) Ois. p. 420.

(i5) S-ramtn obs. Fallop. p. 81g,

58 Section onzième ^ chapitre cinquième^

est outrée et obscène (i). Eustache parait avoir lo

premier figure le muscle constricteur du vagin (2).

Un fait assez singulier, c'est que dans le seizième siècle, on disputait déjà sur l'existence du repli membraneux qui ferme en partie l'orifice du vagin chez les vierges , et que les anciens appelaient comme nous hjmen ; mais on s'aperçoit de suite que les ide'es des écrivains, et les expressions dont ils se servent, diffèrent beaucoup les unes des autres, Achillini admettait l'hjmen , mais ne. le connaissait certainement pas, puisqu'il le place dans le vagin (3). Fallope fut, de tous les anatomistes du siècle, celui qui le décrivit le premier et le mieux (4); mais Vésale le croyait de nature musculeuse, et raconte comme extrêmement rares les cas dans lesquels il l'a observé (5). Paré assure aussi ne l'avoir jamais trouvé (6), Columbus dit que ce repli se voit rarement , et qu'il s'oppose presque à l'accomplissement de l'acte vénérien, parce que la membrane, quand elle existe, est extrême^ ment épaisse (7), Yarole révoque en doute l'existence de l'hymen, mais désigne sous ce nom l'adhérence des nymphes (8). Dulaurens le regarde comme une maladie organique , et soutient qu'il ne s'observe jamais dans l'état naturel (9). Pineau assure que les caroncules myrtiformes, et non pas l'hymen, sont un signe infaillible de la virginité (10). En un mot, Fallope est le seul qui ait bien connu cette partie. Quqnt à l?i matrice elle-même, on n'avait pas en- Ci) Lil. XI. c. \S.p. 449- (1) Tah, XIl^. fg. i. IXX.)

(3) /innotai, iiî Mundin. p. 4»

(4) Dès. p. 4jo. ^ .

(5) Lih.r. c. 14. p. 457. —i>e Todîc. chytu p. 663. — Exam. obseri; Tallop. p. 810. . .

(6) Liv. XXIV. ch. 4{x. p. M. —XXVIII. P- 773^ (■j) LU. XI. c. i5. p. 44o.

(8) -linatom. lih. IV. ch. 4. p- 97.

(9) Hist. anat. lih. VII. (jii. i3. p. 562.

fio) De virginit. mt. in-12. JLv^d, Sfft. ï6\x. i'P. I. c. 5. p. 48..

Découi>ertes en splanchnologîe^ 5gt 6ore une idée très-neiie de ses ligamens. Gabriel %Qth\ de'crit déjà le ligament rond, mais imparfaiie-s ment (i), et admet en outre, comme Levasseur (2), entre î'ute'rus et les reins, des connexions qui n'existent point, Levasseur donne aussi une description, incomplète des ligamens larges. Vésale appelle muscles les ligamens ronds dont il indique assez mal le prolongement ; cependant il connaît ce qu'on appelle les ailes de chauve-souris (5). Il blâme Galien d'avoir de'crit la matrice des animaux, et non celle de Ici femme (4) : néanmoins le tableau qu'il en trace luimême n'est, à beaucoup d'e'gards, pas conforme à la nature, ainsi que Sjlvius le lai a reproche (5): car il admet trois plans de fibres musculaires dans I'ute'rus (6), et commet d'autres fautes encore plus grossières. Fallope nomme crémasters lès ligamens ronds, de'montre, contre Vésale, qu'ils ne sont pas de nature musculaire, de'crit leur prolongement à travers Japone'vrose de l'oblique descendant, leur structure arrondie et creuse à l'extre'mite', et leur terminaison dans le tissu adipeux du mont de Vénus ^ prouve qu'ils sont chez la femme une cause fn'quente de hernies, mais pousse trop loin la comparaison qu'il établit entre eux et les cre'masters de l'iiomme , parce qu'alors re'gnait encore l'idée des anciens, que les femmes ont à l'intérieur de leur corps tous les or' ganes génitaux appartenant à l'autre sexe (7), Nous trouvons dans Eustache la premièi^e. figure exacte de la matrice humaine : cependant il y manque les ligja*

(1) Zerh, anatom. p.. 45.

(2) V asscei in anatomen tab, p. 10

(3) Lih. V. c. i5. p. 461.

(4) -Oe radie, chyn. p. 663.

Cl) Vesan. caltimn. depuis, p. ii3, ■

(6) Exam. obs. Fallop. p. 8iS.

(7) Fallop, obs. p. 4a I.,

.6o Section onzième j chapitre cinquième. mens larges et les ailes de chauve-souris (i). Columbus de'crit e'galement, mais d'après Fallope, les ligamens ronds sous le nom de processus de la matrice (2). Piccolhuomini fait mention non-seulement de ces parties, mais encore des autres connexions de la matrice avec les organes voisins (5). Les trompes utérines qu'on avait jusqu'alors constamment confondues avec les cornes que ce viscère présente chez les animaux, en furent pour la première fois distingue'es par Fallope , qui leur donna le nom de trompes , de'crivit leur memb-raae interne floconneuse, leurs courbures ondoyantes, leur grande ouverture extérieure, et le pavillon par lequel elles embrassent les ovaires, qu'il nomme encore les testicules de la femme. IL les regarde aussi comme les conducteurs de la semence , car il assure y avoir trouvé souvent de la liqueur prolifique , mais n'en avoir jamais rencontré dans les ovaires (4). Quoiqu'il en soit, Piccolhuomini nia l'existence de ces trompes chez la femme (5), L'antique préjugé que les femmes ont de, la semence aussi-bien que les hommes, et^ua ce fluide est contenu dans les ovaires, fut encore eonlirmé davantage par Golumbus, qui prétendait âvoir observé la liqueur prolifique dans ces parties, et l'avoir fait apercevoir à un gi-and nomibre de sesi âuiJiteurs (6). Fallope décrivit la structure des ovaires, indiqua les vésicules pleines d'eau limpide ou jaune qui s'y trouvent, en sorte qu'on peut en toute sûreté admettre qu'il connaissait déjà les œufs de Graaf et les corps jaunes (7). Vésale parle aussi de la structure

(i^ Tah. XIII. XIV. Jig. 1. 3. î'.

(2) Lib. XI. c. i5. p. 447f3) Anatom. prcelect. p. 186.

(A) Fallop. obs.p. ^21.

(5) Anatom. prœlect. p. igS.

(6) f^ib. XII. p. 453.

Découvertes en spîanchnologie. Oi.

tesiculeuse de ces organes (i), et Coyter démontra leur existence chez les animaux ruminans et autres j mais il leur donna trois tuniques, l'une externe peu adhérente, fournie par le péritoine, l'autre qui réunit les vésicules ensemble, et la troisième, qu'il paraît avoir confondue avec les trompes de Fallope (2).

Induits en erreur parl'ëtude de la zooiomie, plusieurs anciens me'decins avaient admis aussi chez la femme les cotylédons qui forment le placenta chez diveirs animaux. Vésale fit voir qu'on a exprimé plusieurs idées différentes par ce mot, puisqu'il sert également à désigner l'orifice dilaté des veines dans l'état de vacuité de l'utérus, mais que rien de semblable ne peut s'appliquer à la matrice de la femme (3). Fallope alla encore plus loin (4)- Puteus défendit •l'existence des cotylédons contre Vésale, mais avec de bien faibles argumens (5). Aranzi les révoqua en doute , à moins qu'on ne voulqt désigner ainsi les orifices des vaisseaux (6), et Fabrice les admit aussi , mais seulement dans ce dernier sens (7). L'unîpn de l'enfant avec la mère n'excita pas moins l'attention des naturalistes. Aranzi refusa de reconnaître la communication des vaisseaux qu'on admettait avant lui (8). Dulaurens avoue qu'elle n'existe point en réalité , mais qu'il faut supposer au moins l'abouchement de ces vaisseaux pour expliquer l'absorption (g), et Fabrice admit une anastomose entre les vaisseaux des deux côtés (10).

(1) Examen, ois. Fallop. p. 820.

(2) OLs. p. i2/j.

^-Z- P- cA/n- 645.

(ij) Obs.p. 49.2.

(5) Apoîog.f. ,64. l.

/6) DeJ'cetu human. c. 2. p. 5.

(7) J'ormat. fœtus , p. t^o.

(8) L. c. c. to. p. 2H.

(9) luih. frill. qu. 24, p. 664, iio)L. c. p. 38- 43.

03 Section onzième j chapitre cînqutcmé.

L'ancien préjugé que les filles sont conçues dii ' tôle gauche de la matrice , et les garçons du côté droit , trouva encore dans le cours du seizième siècle plusieurs défenseurs, parmi lesquels je me contenterai de citer Bérenger (i). Cet analomiste manifesta aussi une idée qui fut adoptée ensuite par presque tous les auteurs, même par Fabrice, savoir que les eaux de l'amnios ne sont autre chose que le résultat de la sueur du fœtus (2). Une forte objection qu'on peut faire à cette théorie , c'est que le même liquide se rencontre dans les cas oii l'œuf est stérile, et n'abonde jamais plus que lorsque le fœtus approche davantage du moment qui l'a vu naître (3). Fallope fait mention de la membrane caduque de Hunter , lorsqu'il parle des cotylédons : cependant je n'oserais assurer qu'il l'ait réellement connue (4). Massa (5), Sjlvius (6) , et même Vésale (7), soutinrent l'existence d'une troisième membrane que les Grecs nommaient allantoïde, et que l'on croyait servir, chez l'homme comme chez les animaux, à recevoir l'urine du fœtus apportée de la vessie par l'ouraque. Puteus prétendait même avoir vu chez l'homme l'allantoïde remplie de matières excrémentitielles (8). Fallope fut encore le premier qui , à cet égard , préféra l'observation de la nature humaine aux conclusions fournies par la zootomie. Il fit voir que l'ouraque de I homme se termine , non pas dans une membrane particulière , mais entre le chorion et l'amnios (9). Cependant il commit encore une erreur en

(1) Comment, in Murjdin. y,lo. h.

(9.; Berengar. l. cf. a6i. a. — Fahric. de format. fceliu,p. 3^. gii

(3) Diemerèroek , Anatom. lib, l. c. Ji. f. 312.

(4) Obs. p. 423.

(5) Introduct. f. \b. a.

(G") l'^agog- p. i3.

(n) Lib. y. c. 17. p. 170..

(8) Àpolog.f. ibS.

(9) Obs. p. 4^4'

iyécôui>ertes èn spianchnotogîe. d3 croyant que cet ouraaue sert à évacuer l'urine et à l.i porter dans l'intervalle qui se'pare les deux membranes. Le chorion, dit-il, n'est point garni de vaisseaux chez l'homme , et n'en contient que chez les animaux , de sorte que l'urine ne peut s'accumuler derrière lui que chez le fœtus humain, tandis que dans l'embryon des animaux il corroderait les vaisseaux. Eustache alla encore plus loin (i) en pre'tendant qu'on ne peut admettre ni l'allantoïde, ni même une ouverture à l'ouraque chez l'homme, et Varole s'efforça d'alle'guer de nouvelles preuves à l'appui dé cette assertion (2); mais Fabrice, quoiqu'il rejetât l'allantoïde, pensa cependant que l'ouraque s'ouvre entre le chorion et l'amnios , dont il prétendit , comme Fallope, que l'intervalle est destiné à contenir l'urine du fœtus (3). Certes, il n'avait pas interrogé la nature , car autrement il eût trouvé que l'interstice de ces deux membranes est tellement peu considérable dès le second mois de la grossesse , que difficilement il pourrait renfermer autre chose qu'un fluide perspiratoire extrêmement ténu.

On fit aussi des observations remarquables sur ]c$ premiers linéamens de l'embryon. Coyter découvril chez une truie, trente jours après la conception, une substance vitreuse renferme'e dans une membrane et contenant l'embryon pourvu de vaisseaux bien manifestes (4). Le vingtième jour après la conception , Varole vit un embryon humain de la grosseur d'un grain d'orge, et semblable pour la forme à une fève de haricot (5).

(i) Oss. exam. p. ao.'J.

(ï) Lib. jv. c. 5. j>. ii3.

(3^ Déformât, fœtus ^ p. qt.

(4) Coiter. obs.p. 12^.

(5) Amtom, Ub. ir, c. l^. p. 102.

64 Section onzième , chapitte sixième.

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