CHAPITRE SIXIÈME
Découvertes en Nécrologie.
L'anatomie du cerveau et celle du système nerveux s'enrichirent de nombreuses de'couvertes pendant le cours du seizième siècle, quoiqu'on continuât toujours de se conformer à l'ancien système de Galien, quant à la tlie'orie des fonctions propres à ces diffërens organes. C'e'taient encore les esprits animaux qui se secre'taient dans les ventricules de l'ence'phale , et les artères qui, suivant les circonvolutions et les anfractuosite's de celui-ci , portaient le sang mêle' avec l'esprit vital aux ventricules, afin qu'ils en tirassent les esprits animaux. Telle e'tait l'opinion de Bérenger ( I ) , et telle fut aussi celle du plus grand nombre des physiologistes du siècle. Il est en outre remarquable qu'on n'apprit à connaitre que beaucoup plus tard les parties superficielles du cerveau , tandis qu'on eut des notions assez exactes sur celles qui se trouvent au-dessous du plancher des ventricules. La raison paraît en être d'abord que ces parties sont moins apparentes, et ensuite que, conside'rant les ventricules comme les objets les plus essentiels, on commençait toujours l'étude par eux. Bërenger en connaissait quatre : il décrit dans la cavité des deux latéraux les plexus choroïdes auxquels il donne le nom de vers, et qu'il savait être composés d'un lacis de vaisseaux artériels et veineux (a)} il parle du canal qui unit Je quatrième
(t") Commenter, in Mmdin, J", 43l. *• (2} Ib. f. 437. a.
Découi>ertes en nécrologie. 65
ventricule ou celui de la moelle allonge'e avec le cerveau (i). Il fait aussi mention de la glande pine'ale et des émincnces qui se trouvent à la base du cerveau, derrière les couches optiques (2). Vësale admet, comme Massa (5) l'avait déjà fait avant lui , deux lames dans la dure-mère : il connaît la substance corticale du cerveau , et la distingue de la médullaire (4), de'crit les ventricules latéraux, mieux que ses prédécesseurs, et réfute le préjugé que l'odorat a son siège dans leur corne antérieure. Il prouve de plus que ces cavités ne sont pas tapissées d'une membrane particulière, ét cherché à démontrer qu6 leur seul usage est de conserver les esprits animaux* Enfin il décrit les plexus choroïdes. Il a fait la découverte de deux nouvelles parties, \e septiim lucidum et la voûte à trois piliers (5).
Servet profita des découvertes de Vésale pour établir sa théorie des fonctions animales. Il croyait les plexus choroïdes destinés à sécréter les esprits animaux (6), et pensait que l'âme réside dans l'aquéduc de Sylvius (7), que les ventricules latéraux reçoivent les images des objets extérieurs, enfin que le troisième est le siège de la pensée, et le quatrième celui delà mémoire (8). t
On trouve dans les taW es 'd'Ëustai(^iie {fës. figures fort bonnes pour le temps, delà base du cerveau et de différentes parties contenues dans l'intérieur de l'organe(9).Peu de temps après lui, Aranzi découvrit les
x") Comment, f. ^^2. a. '
3) Inlroduct. f. 83.
Lib. p-ii. c. 4. p. 541.
61 Serfet. restit. Christian, lib. V. p. nu .V it>- p. 175. .
8^ IL p. ,7,.
i Tab. xyii. xnix.