‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 101 sur 124 · PARACELSE ET L'ANTIMOINE · texte numérisé non relu

PARACELSE ET L'ANTIMOINE

Comment l'antimoine est-il entré dans la thérapeutique? H est bien difficile de le dire. Dioscoride en a parlé sous le nom de Slimmi et Pline sous celui de Stihium, mais aucun de ces deux auteurs n*en a indiqué la véritable action ni remploi. Ils en parient comme d'un poison.

L antimoine passe pour avoir été découvert par Bazile Yalentin {Cursus triumphalis antimonii)^ au xiii" siècle, mais, ce n*est qu'an xvi« qu'il est entré dans la thérapeutique, à l'occasion de la peste de 1562 qui ravagea tout le centre de la Bohême et de T Allemagne. Paracelse le conseilla comme antidote et Haudset guérit plusieurs malades en les faisant vomir avec quelques grains de ce métal mêlési du sucre. {MatthioL Comment, in Dioscoride, Liv. V,c. 59, p. 838.)

Hais comme après l'emploi de ce médicament et de ses différentes préparations, dont on ne connaît pas suffisamment Taction physiologique , il j eut des accidents de mort que Paulmier {Paulm. ,de mort.

DÉcouvnns n l'empirisme moderne 539

ContagioB^^p. 4ii)fiCe(niiiiMre, les médectn;; en fareat époiiTantéf et qiielq«es-uBS, Settata ea particulier, écrivirent conire son osage.

C'est alors qii*après une enquête faite par la faculté, dans Taotorité de soaigttorance, le parlement rendit œt arrêt de 1566 qui interdisait l'emploi de Tantimoine considéré comme étant un poison. Est-ce que tous les médicaments ne sont pas des poisons selon la dose à laquelle on les emploie? Est-ce que des magistrats ont qualité pour proscrire un médicament ? mais c'était le temps de Tautorité, et on le vit bien- I6t, earen 1606, dit Sprengel, Besnier fut chassé du sein de la facolté pour avoir employé le remède proscrit. Que la justice condamne ceux qui tuent leurs malades avec un médicament mal administré, rien de mieux, mais qu'elle s'avise de prescrire le médicament, cela est au-dessus de sa cempétence.

Mad^ les décrets de la iacullé et du Parlement quelques médeckis continuèrent à employer en secret 1 antimoine et on le mit au Codex de 1637. La dispute se ranima de nouveau. Grâce à la mauvaise foi de Guy Patin qui poursuivait le médicament de ses épigrammes el de ses calomnies, tout le monde s'en occupait, même en dehors de la science, et après un siècle, en 1666, la faculté leva l'interdiction mise sur l'antimoine de façon qu'un nouvel arrêt du parlement puisse en permettre l'usage.

Il a fallu un siècle pour qu'un médicament aussi généralement accepté aujourd'hui comme utile, et même indispensable, pût être employé sans exposer ceux qui s'en servaient à la persécution de la médecine ofûcielle et de la justice. C'est à n'y pas croire, et cependant rien n'est plus vrai; si l'on avait encore besoin de preuves pour établir qu'en matière scientifique l'autorité des corps savants est toujours nuisible aux progrès de la science, ce que je viens de raconter suffirait pour convaincre les incrédules.

Malgré ces entraves et ces persécutions, l'antimoine et ses préparations sont devenus des médicaments usuels, dont les propriétés vomitives , purgatives et contro-stimulantes sont chaque jour utilisées chez les malades.

Sans doute le Btédicament a ses dangers, m»s quel est celui qui n'a pas les siens, et, ici comme partout, le succès dépend de la prudence, de l'habileté et de l'expérience du médecin. Non erimeii ariis f%tod proftsêoriê est (Ceiae).

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