‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 102 sur 124 · DE LÉTAIN INTRODUIT PAR PARACELSE · texte numérisé non relu

DE LÉTAIN INTRODUIT PAR PARACELSE

Jusqu'au xti* siècle la médecine n'aTait pas eu recours i rélain. Cesl Paracelae qui, le premier, Fa iSût entrer dans la tbérapeoliipe

OÙ il est resté. U a préconisé ce remède dans les maladies vennineuses et il le donnait en poudre, brûlé avec du sel marin et de l'asphalte, pour le mêler ensuite à du sang-dragon et à de la coloquinte (1). Sprengel dit aussi qu'il le donnait dans Thydropisie et <]ans la jaunisse.

MKRCURIALIS ET LES VËSICATOIRES

Archigènes, Aetius et Aretée ont parlé de l'emploi des cantharides à Texlérieur comme agents de vésication, mais leur usage n'était pas resté dans la thérapeutique. C*est seulement au xvi« et au xviP siècles que la Vésication Cantharidienne a été remise en honneur surtout par MercurialiSj qui s'en est senri dans plusieurs cas de fièvre putride. Malheureusement, le succès n'ajrantpas répondu à son attente, il s'éleva contre lui un sentiment de réprobation qui le força de renoncer à ce moyen. Ce n'est qu'un peu plus tard à la fin du xvii^ siècle, sous l'influence des travaux de Rivière et d'Ettmuller, confirmés par Lind, que les vésicatoires cantbaridiens furent de nouveaux employés et, à partir de cet instant, l'Empirisme •ayant assez généralement' consacré leurs avantages, ils sont deve* nus d'un usage habituel en médecine.

Baglivi est un de ceux qui ont le plus insisté sur les indications qui exigeaient l'emploi de ce moyen. Dans un traité spécial sur l'usage et l'abus des vésicatoires, il a essayé de montrer (lib. I,p. iOi) qu'il ne fallait pas s'en servir dans les fièvres inflammatoires lorsque la langue était noire et sèche, et dans les fièvres avec tendance à la putridité ou à la gangrène. Il n'approuvait leur emploi qu'à la fin des inflammations, lorsque la diathèse inflammatoire avait presque disparu et qu'il n'y avait pas de septicité. C'est encore là ce que l'habitude des malades démontre tous les jours au médecin.

LADY MONTAGUE ET l/lNOCULATlON DE LA PETITE VÉROLE

Il serait difficile de dire à qui on doit rapporter Vhonneur de la découverte de l'inoculation de la petite vérole. Est-ce aux Arabes, peuple chez lequel la petite vérole a, dit-on, pris naissance? Est-ce à la Chine (:2), où sa pratique remonte à des temps si reculés qu'on ne

{\) De préparât., lib. 1, p. 876.

(2) Le capi'aine Dabry {Médecine chez le$ Chinois^ p. 119) raconte qu'au x« siècle on crut que l'inoculalion de la petite vérole, qu'on venait d'inragioer pour le fils du prince Tchin-SiancSf allait fermer pour jamais h marche de cettf maladie qui existait là dcpni*» de*? Môcles. — Ce fut nn enthonsianne général et h

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saurait en préciser la date? Est-ce aux Indes ou à la Grèce? Personne ne pourrait le dire. Hais ce qui paraît démontré c'est que l'inoculation était une pratique de TEmpirisiue dédaignée des médecins, et dont l'exercice était abandonné au vulgaire et à des femmes, comme en Arabie, en Géorgie, eten Circassie(Aubry de laHotteraye, Voyages en Europe, en Asie et en Afrique^ la Haye, 1727, tome II, p. 98) ; enCéphalonieoù elle se pratiquait en 1537 d'après Carburi; en Danemark; en Allemagne; à Constantinople, etc. Cependant il en est question dans les Principes de l'École de Salerne publiés en 1100. Dans les Indes, elle était pratiquée par les Brames, et dans quelques pays de TOrient, à Mosul par exemple, la coutume était de faire annoncer par le crieur public qu'il y avait du virus variolique à vendre (Transactions philosophtçiéeSy tome LVI, p. 140).

L'inoculation était une coutume populaire au commencement du xviu* siècle chez les Grecs de Constantinople. Pratiquée par de vieilles femmes âgées qui, en même temps, se livraient à des démonstrations superstitieuses de toute espèce, Timoni, médecin n Constantinople; Pylacini, consul Vénitien, à Smyrne; Skraggenstierna, médecin du roi. de Suède, racontent que là elle était surtout pratiquée par une vieille Thessalieune qui en avait reçu la révélation de la Vierge {Extrait des transactions philosophiques ^ tome I, p. 327) et qui se vantait de l'avoir pratiquée quarante mille fois.

Ce n'est qu'en 1717, alors que lady Worthly Montagne était ambassadrice à Constantinople, que l'inoculation variolique semble sortir des mains de l'Empirisme pour entrer dans les domaines de la science. Celte dame, frappée des bons résultats de la méthode, voulut faire inoculer son fils par la vieille Thessalieune, mais celle-ci se servit si douloureusement de son aiguille rouillée que Haitland, chirurgien de l'ambassadeur qui assistait à l'opération, fut obligé de la terminer. Le résultat fut favorable, et alors lady Montagne s'empressa de le faire connaître à Londres. En 17il, elle fit inoculer sa fille, d'autres imitèrent son exemple et la famille royale autorisa quelques expériences sur six prisonniers de Newgate, afin de voir si on ne pourrait pas à l'aide de ce moyen se garantir de la petite vérole. Maitland fit l'opération avec succès ; il inocula ensuite six orphelins, puis les princesses, et, dit-on, plus de deux cents autres personnes.

L'exemple ainsi donné de haut ne tarda pas à porter ses fruits. Bien que le clergé considérât l'opération comme immorale et anti-

pratique so répandit daus tous les villages de l'Empire. — Mais comme la petite vérole conUnuait, le capitaine Aubry ajoute que le moyen fut peu à peu aban-

dOODé.

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religieuse parce qu'elle empiétait sur les éroiis de fat Piméence, i*iiioculation continua le cours de ses suecès.

Les Chinois la pratiquaient en mettant, après «ne prépaation de trois jours chez les enfants, une croûte humide defariole dans le nés.

Les Brames frottaient le bras des individus avec du ooIoa trempé dans le pus variolique et tenu en place paruiehende.

Les femmes Arabes se servaient d'usé aiguille ordinaire avec laquelle elles piquaient la peau.

En Géorgie, on employait également Taiguille qui sériait i piqu« l'ombilic, la paume de la main droite, lackevUledu pied gauche asses fortement pour amener du sang, ou frottait aTec du pus de variolique et on couvrait le tout de feuilles d'angélique et de peau d'aguean.

A Constantinople, les Grecs employaient l'inoculation par piqAre d 'aiguille et c'est ainsi que lady Hontague préconisa l'opéimlioa dans son pays.

Quelques revers, entre autres la mort dn fils du comte deSanderland, effrayèrent le public. On n'eût voulu que des succès. La pratique se ralentit mais n'en continua pas moins. En 1723, 1724, 1125, 17^6 sur 8ii enfants inoculés à Londres il n'/Bn périt que 16; — de 1 726 à 1 73S, d après Brovi ne Langrish, sur deux mille inoculèi il n'y eut que deux n>orf8. ^~ Malgré ces chiffres encourageants, l'inoculation fut très-vivement combattue d'abord par quelques médecins sous ce motif que Ton vit la variole naturelle se produire chez des inoculés, absolument comme après la vaccmation au xix* siècle, enfin par les prêtres au nom de la Providence, et malgré les réfutations du camp contraire, les préventions nées de la discussion empêchèrent le moyen de se généraliser.

En 4723, de la Coste importa les idées de l'Angleterre en France {Monixida^ Recueil de pièces sur l inoculation , p. 140). Elles furent acceptées par Astruc, Dodart, Chirac et Helvétius,mais, comme on peut le prévoir, elles furent combattues par le plus grand nombre. La Sorbonne elle-même iiitervint et condamna cette pratique.

En Allemagne, en Suisse, et danspresque toute TËurope, des essais se firent avec des succès divers et, pendant 20 ans, ce fut une lutte constante à laquelle prirent part tous les médecins renommés de l'Epoque. La dispute fut très-vive, et des troubles eurent lieu à Paris après la mort de quelques personnes inoculées, ce qui provoqua une triple condamnation de la Sorbonne, du Parlement et de la faculté. Ainsi en 1750 la Sorbonne condamna et défendit la pratique de Vinoctilaiion variolique comme illicite, contraire à la loi de Dieu. f D'ailleurs, il faut s'en abstenir, parce que c'est un crime de tenter Dieu. Que les citoyens se gardent donc bien dimiter les sectatenis

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de rioocQlation. Si, que Dieu les en garde I ils sont alteinU de b ▼ariole, qu'Us se réfugient daas les bras de Dieu, et le prient ardemment. Alors, poussés par la nécessité, ils iront consulter les médecins et lenr demanderont des médicaments que le Très- Haut a créés de la terre, et que les hommes prudents ne doivent pas dédaigner. > {Eccles.,C. 38,7.4.)

Cette pièce est ainsi signée :

a De Marcilly, Debacq. Deliberatnm in Sorbonà, 16 measis julii, anno 1650. »

Survint ensuite un arrêt du Parlement en 1763 dans lequel on défendait provisoirement Tinoculation jusqu'à décision de la faculté ; comme toujours, celle-ci se mit en travers dn progrès et défendit également Tinoculatimi.

Malgré ces défenses, Tinoculation se répandit dans toute l'Europe, en provoquant toujours de vifs débats contradictoires; elle triom* phait presque partout et se serait généralisée, si une autre pratique également empirique, celle de la vaccine découverte par Jenner, ne fût venue prendre sa place dans la science.

Pour la médecine moderne l'introduction de l'inoculation variolique, à titre de préservatif de la bariole, est un fait empirique dans la plus pure acception de ce mot. Si une femme intelligente ne lavait pas appris dans ses voyages, et n'eût pas compris ce qu^il y avait d'important dans cette pratique populaire de l'Orient, la science pourrait encore en ignorer les avantages. Mais, ici comme pour la découverte et l'importation du quinquina, c'est à une personne étrangère à la science que nous devons la connaissance d'une des plus belles idées de la thérapeutique moderne, savoir : que l'économie étant saturée d'un virus devient impropre à recevoir de nouveau les effets de ce même virus, et que les inoculations préservatives de la variole, du claveau, et de la péripneumonie contagieuse des bétes à corne sont des moyens utiles à employer. L'Empirisme a relevé le fait d'où est sorti, par le travail de l'esprit, la loi que je viens d'exprimer et qui est considérée comme vraie par tous les bons clinidens.

ANTOINE DE 8T0BRK BT L*ACONIT

Au xvTTi* siècle en 176t, dans un mrrrage qui s'occoptit des propriétés déjà connues du dalura et de la jusquiame, Stoerk fit connaître d'après des expériences sur lui-même les propriétés de l'aconit en poudre ei en extrait Bien que cette plante soil décrite par Dîoscoride, c'est la première fois qu'elle était employée en médecine. Stoerk la considérait eonune sndorifiqne al la ptiscrivil dans la

goutte, dans les fièvres intermittentes, dans les gonflements glandulaires, dans le rhumatisme» dans la gangrène et dans les exostoses vénériennes.

Ce médicament est resté dans la thérapeutique et on en a retiré un principe actif, Vaconitine. Il y a beaucoup à réduire sur ce que l'on a dit des propriétés curatives de l'aconit et de ses préparations, mais, si Ton ne cherche qu'un sédatif de la douleur et de la surexcitation nerveuse, on peut remployer.

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