JENNER ET LA VACCINE
Jenner, né à Berkeley en 1749, est mort en 1823 après avoir réussi à propager dans l'humanité la connaissance d'un remède prophylactique de la variole^ une des plus redoutables et des plus graves maladies de l'espèce humaine. — Il a été le vulgarisateur de la vaccine, celte admirable découverte thérapeutique de la fin du iviii* siècle et, s'il n'a pas imaginé Topération qui était déjà pratiquée en Perse, et aux Indes, connue, mais non employée dans le midi de la France, où elle fut communiquée par M. Rabaut au D' Pew, ami de Jenner, il a du moins l'immense mérite et la gloire de l'avoir fait entrer dans la pratique à l'aide d'expériences aussi persévérantes que multipliées. •— En effet, bien qu'elle fût pratiquée en Asie comme nous la pratiquons aujourd'hui chez nous, la vaccine était inconnue en Europe. On savait dans le midi de la France que les filles occupées à traire les vaches et qui avaient gagné la picotte étaient préservées de la petite vérole, et c'était là une induction faite par le vulgaire d'après une expérience de plusieurs siècles. Recueillir ce dit-on populaire, l'examiner en le soumettant à des expériences précises, et après avoir constaté le fait, le transporter dans la science en le rendant vulgaire, voilà les titres de Jenner à la reconnaissance de Thistoire (1).
Comme on le voit, il n'y a dans la découverte de la vaccine, aucune des circonstances légendaires de hasard qu'on trouve au fond des plus anciennes conquêtes de la thérapeutique. — Le génie n'y est pour rien. — C'est l'Empirisme et l'induction de tout le petit monde des fermières recueillis par un homme qui n'a même pas eu le mérite de conclure d'un fait particulier à un principe général, et qui s'est borné à reproiuire avec persévérance ce qu'un de nos compatriotes lui avait fait savoir par un de ses amis. — On peut le dire sans crainte d'être démenti par personne, ce moyen curatif est un des plus beaux titres de TEmpirisme moderne à la considération des savants.
(I) L^ vacxïine ï^e pratique en inoculant nu bras ou k 1^ cuiase par deux piqûres superficielles faites de chnque c6té, au moyen d'une fine lancette à peine introduite «ous répiderme, h sérosité des pustules du trayon de la \-ache atteinte de cow-pox au 5 ou 6* Jour. — Quelques fours après 11 se développe sur le sujet de l'inoculation des pustules fiemblables à celles de la vacbe, qui sèchent au bout de 10 jours, et il est préservé de la iietite vérole.
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NOUFPER ET LA FOUGÈR£ IfALE
La fougère mâle a été décrite par Dioscoride et par Galien. — Cela est vrai, mais i) est certain également que dans la description de Dioscoride il n'est pas question de ses propriétés vermifuges.
Celte révélation serait due, dit-oo, à l'empiriq^ue Nouffer qui vendit très-cher son secret à Louis XV, et depuis lors l'action fie cette plante contre le ténia ayant été bien constatée, elle est rest<&e dans la thérapeutique.
ODIER ET L*HU1LE pE RICIN
L'huile de ricin, connue de Dioscoride, n'était employée qu'à l'extérieur, et il en a été très-longtemps ainsi. — Ce n'est qu'en 1778 qu'Odier, d*après des renseignements venus de la Jamaïque où cette huile était connue sous le nom d'huile de Castor^ la fit prendre à l'intérieur comme purgatif. On la préconisa d'abord contre la colique de plomb. Depuis lors, elle est entrée dans la thérapeutique comme un des laxatifs les plus utiles, et elle y est restée. — Les progrès réalisés dans sa préparation, par simple eccpression à froid, ont rendu son usage très-facile.
DEGNER ET LA RACINE DE SIMAROUBA
La racine de Simarouba décrite pour la première fois par Degner nous a élc importée de la Guyane au xvi'' siècle. Celait, disait-on, un faible astringent empiriquement utile dans la dysenterie chronique, et Texpérience de notre vieux monde a confirmé celle qui nous élail venue du monde nouveau.