‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 67 sur 124 · OK L*BI1PIRISI1E ANCIEN · texte numérisé non relu

OK L*BI1PIRISI1E ANCIEN

Daos leurs aulop&ies ils groupaienl el réunissaient un certain nombre de phénomènes pathologiques , s*enchalnant les uns les autres et concourant à un but commun. Cet ensemble de phéno< mènes constituait un concours, c'est-à-dire un assemblage de phénomènes, (ruv(po€T). On recherchait ainsi des concours dont Tensemble formait la maladie, vodoç, et si cet ensemble de phénomènes se présentait toujours le même, il recevait un nom bien déûni.

A ce problème en succédait un autre, celui de la médication, mais il était interdit de se préoccuper de la cause intime ou cachée de la maladie. — La médication devait résulter de Texpérience, c'est-à-dire du hasard, de l'essai ou de Timitation (Elov, loc, cit., p. 141).

Les Empiriques disaient qu'il ne fallait pas attacher une trop grande importance à un seul symptôme, car un symptôme isolé pouvait appartenir à plusieurs concours et ne pas mériter de médication particulière. Ainsi la toux, la douleur seule, n'ont que peu d*importance, mais réunis à d'autres symptômes, leur signification est autre et entraîne une médication différente.

Malgré cela ils étudiaient chaque symptôme isolé avec le plus grand soin pour en apprécier la valeur, et pour savoir à quel concours il appartenait. Ils examinaient les matières évacuées, les cra chats pour juger leurs qualités d'après leur aspect, et pour les joindre à d'autres symptômes, afm d'en faire un concours. C'était la double méthode de l'analyse et de la synthèse appliquée à Tétuiie de la maladie.

Pour eux, les symptômes étaient l'objet d'une étude toute spéciale et ils distinguaient entre eux :

i* Les symptômes communs à divers concoiurs et qu'on rencontre très-souvent.

i* Les symptômes propres à un seul concours qu'on appellerait aujourd'hui des symptômes pathognomoniques. Ex. : la matière expectorée de la pneumonie.

A un autre point de vue, ils reconnurent :

\° Des symptômes es8e)Uiels à un concours.

i* Des symptômes variablesy sans que pour cela le concours cesse d'exister, ce qui est le cas ordinaire.

3** Des symptômes surajoutés à ceux dont l'ensemble est caractéristique. Nous les appelons aujourd'hui des épiphénomènes.

ils divisaient aussi les symptômes d'après leur importance, d après leur intensité, d'après l'époque de leur apparition dans le concours, d'après leur durée, enûn d'après les modifications qu'ils peuvent subir dans leur manifestation.

Dh l histoire. — A cette étude du concours par V observation succédait Yhistoirey c'est-à-dire le rapprochement des symptômes, leur enchaînement, la narration des phénomènes, des remèdes et des effets produits.

On s^appliquait à grouper les symptômes et à étudier le concours qui en résultait, soit à son début dans ses circonstances initiales, soit dans son développement ou dans son évolution, soit enfin dans ses terminaisons. On devait indiquer sa régularité^ ou son irrégularité, sa simplicité^ ou son état de complication, ses modifications sous l'influence de i'âge, du sexe^ de la constitution, de la force et de la faiblesse, des saisons, des climats dont Timportance était si grande à leurs yeux qu'il en résultait des pratiques différentes.

On devait explorer non pas un seul organe, mais toutes les parties du corps et toutes les fonctions.

Si les empiriques proscrivaient entièrement la recherche des causes intimes de la maladie, à la manière des méthodiques, ils s'appliquaient à découvrir celles qui sont évidentes et du domaine de l'observation. Celles-ci leur paraissaient très-importantes à découvrir pour prévenir le développement de quelques états morbides ; ainsi pouvait -on faire en écartant l'influence du froid, et des miasmes paludéens, ou en neutralisant certains principes morbifiques lorsqu'on en connaissait Torigine. Ex.: la morsure d'un chien enragé.

Pour cette école, l'étude de la médecine était très-longue et trèsdifficile en raison du grand nombre d'observations à recueillir pour instituer les unités morbides Elle exigeait un très-grand nombre d'histoires particulières, et comme un seul homme ne pouvait avoir assez de faits à lui seul, il fallait emprunter ceux des autres. Cétait pour elle le procédé Jnstoriqtie.

Quand ils avaient bien des fois observé le même concours, et qu'ils en connaissaient les causes évidentes, les complications possiLles, et les moyens divers qui avaient le mieux réussi à le combattre, les empiriques possédaient un théorème. Les plus instruits étaient ceux qui en possédaient le plus, et c'était là la preuve d'une plus grande expérience personnelle et d'une science plus avancée.

Chaque théorème recevait un nom, les plus insignifiants étaient les meilleurs et, en tout cas, ils ne devaient rien préjuger sur la nature des maladies.

De Vanalogisme. — Ainsi s'élaborait la science par Vobservation et Vhistoire, mais ce n'était pas tout pour les empiriques. Tri'Ssévères dans l'acceptation des faits qui devaient être très-nombreux et recueillis sans idée préconçue, ils avaient ensuite recours à la-

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