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A. COMTE ET LE POSITIVISME

L*Empirisine raisonné et la méthode expérimentale éclairée par l'induction ne sont pas le dernier mot des formules philosophiques de l'Empirisme. Sous une dénomination nouvelle, plus prétentieuse que vraie, ressuscite de nos jours, avec ses conséquences morales, T Empirisme ancien légèrement modiGé. Les arts et la littérature nous ont donné le Réalisme; dans les sciences physiques, naturelles et médicales, ce sera le Positivisme, inauguré par A. Comte.

Voyons ce que c*est que cette méthode, en quoi elle difîère ou se rapproche de TEmpirisme ancien et moderne et nous dirons ensuite quelles applications en ont été faites à la médecine.

A. Comte ne revendique nullement la découverte des principes philosophiques d*observation et d*expérimentation de la méthode à laquelle son nom se trouve désormais attaché. Cette philosophie est la propriété de tous les vrais savants. Pour lui Bacon, Desc.irtes et Galilée sont collectivement les fondateurs du positivisme qui se résume de la façon suivante :

« Nous ne connaissons rien que des phénomènes; et la connaissance que nous avons des phénomènes est relative et non pas absolue. Nous ne connaissons ni l'essence ni le mode réel de production daucun fait ; nous ne connaissons que les rapports de succession et de similitude des faits les uns avec les autres. Ces rapports sont constants, c'est-à-dire toujours les mêmes dans les mêmes circonstances. Les ressemblances constantes qui lient les phénomènes entre eux, et les successions constantes qui les unissent ensemble à titre d'antécédents et de conséquents sont ce qu'on appelle leurs lois. Les lois des phénomènes sont tout ce que nous savons d'eux. Leur nature essentielle et leurs causes ultimes, soit efficientes, soit finales, nous sont inconnues et restent pour nous impénétrables, j» (Stuart Mill. A. Comte et le Positivisme, traduction par Clemenceau Paris, i 8G8. }

Cette manière de voir ne diffère en rien de celle de tous les esprits scientifiques de notre temps, c'est évidemment l'Empirisme raisonné. Toute la science moderne procède des faits observés plus ou moins correctement selon le degré d'attention des observateurs et dont elle a lire des lois. Quant aux questions relatives à la nature des phéno-

mènes étudiés, tous les bons esprits les laissent sur le second plan et sous forme d'hypothèse susceptible de préparer la recherche de nouveaux phénomènes et de nouvelles lois (1).

Comte s'imagine avoir donné la philosophie réelle de toutes les sciences en disant qu elles ont passé par trois phases : i° celle du Fétichisme théocratique, monothéiste ou polylhéisle; 2^ celle de la Métaphysique; S"" enfm celle du Positivisme.

Il repousse absolument le mode de philosopher théologique et métaphysique, ce sont ses expressions, qui d'ailleurs ne veulent pas dire autre chose que celles de mysticisme, de supernaturalisue et d'ontologie que la science emploie depuis longtemps. Il a raison car, dans les sciences naturelles, l'intervention de la puissance divine et diabolique ainsi que celle des entités imaginaires ou des forces chimériques, doivent être entièrement bannies. Les progrès des sciences depuis le retour à la méthode d'observation en est la preuve.

Il veut qu'on ne fasse qu*étudier les phénomènes sans souci de leurs causes premières et efficientes, et en n'admettant que les causes physiques, encore voudrait-il qu'on supprimât le mot de cause pour ne parler que des lois de succession ^ et ici Tinduction ne joue aucun rôle. C'est la constatation certaine des phénomènes se succédant d'une façon constante qui permet d'établir une loi, et la science n'a pas d'autre but. Cela constitue le mode positif de penser.

On trouve conséquemment dans les sciences la phase ihéologique, métaphysique et enfln positive, ce que tout le monde appelle empirique ou (l'observation, et Comte s'applique à montrer l'ordre de succession suivant lequel les différentes sciences ont passé d'une de ces phases à l'autre. Delà résulte cette échelle de subordination des sciences *k représentant l'ordre de la dépendance logique dans laquelle celles qui précèdent tiennent celles qui suivent > (Stuart Mill, p. 34.)

A. Comte divise alors les sciences en abstraites qui s'occupeul des lois qui gouvernent les faits élémentaires de la nature, et en sciences concrètes qui étudient les combinaisons particulières toutes formées. Ainsi la physique et la chimie, sciences abstraites, recherchent les lois de l'agrégation mécanique et de l'union chimique tandis que la minéralogie, science concrète, n'a pas à s'en occuper et ne recherche que les agrégats formés à une certaine époque daib la nature. La physiologie, science abstraite, s'occupe de découvrir le:?

(1) (/est l'hypothèse de la force vitale qui m'a conduit à l'étude de l'ayen' minai et du séminalisme. (Voyez Vitaltsme séminal.)

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