‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 87 sur 124 · Maladies végétative · texte numérisé non relu

Maladies végétative

résultant d'une altération des fonctions d'éIat>oration (2).

— d*ahsimilatk>n.

— de dépuration.

— d'excrétion.

— de drcolation.

senitibilité.

i.iitix > névroses. *

molililé. \ contractililé.

. des régions afTective.

m. Maladies sociales ou cérébrales. — active.

\ — spf-cuUUve.

Pour la thérapeutique, le médecin positiviste s'efforcera de se rapprocher le plus possible du type normal. — C est au régime qu il aura d'abord recours, puis aux soins moraux et hygiéniques, et il devra réserver la médication pharmaceutique pour les cas exceptionnels.

Une intervention active n'est réclamée que lorsque les variations exceptionnelles de l'organisme menacent d'en compromettre irrévocablement l'existence.

Il faut combattre la réaction du corps sur le cerveau et prévenir toute désorganisation viscérale.

Pour Robinet, lama^cfte doit être considérée comme ayant presque toujours sa source dans le cerveau et principalement dans les organes des facultés affectives (3) ; les troubles de la vie végétative, et animale,

(1} Audiffrcnt, ouo. cit., p. 127.

(2) Los maladie > clépen.imt dt-s nlterations des fonctions d'éliborttion et d'assimilation constituent le» Mirlétés de phlhisie, les diathèêcs . rAudilTrent, p. \'VA vi suiv.)

(3) Ijeti maladies sont des impressions transformées. (Bouchut.)

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que l'on a regardés jusqu'ici comme la maladie elle-même, n'en constituent réellement que la réaction corporelle «Et puisque la

santé, dit-il, résulte de Tharitiouie générale du physique et du moral, du corps et du cerveau, d'après Tunité obtenue dins les fonctions de ce grand appareil, par la prépondérance habituelle de la sociabilité sur la personnalité, il s'ensuit que la maladie ne peut provenir que de la rupture de cette unité, quand l'altruisme ou I égoïsme sort des limites de son action normale, soit par eicès, soit par défaut. Mais de même que dans Tétat de santé, l'union entre le cerveau et le corps est indissolublement établie par le système des vaisseaux et des nerfs qui subordonnent le premier à la vie de nutrition comme à celle de relation et qui lui permettent de réagir ' sur elles; de même envers la maladie c'est par cet intermédiaire inévitable que le cerveau se trouve afiecté par le corps ou qu'il le domine à son tour. C'est donc ce double lien vasculaire et nerveux dont la connexité explique la possibilité et le mode des rapports du physique avec le moial et réciproquement l'action du moral del'âme ou du cerveau sur le physique, c est-à-dire sur le corps

c La nouvelle théorie pathologique peut aussi se résumer dans l'action que le cerveau troublé dans son équilibre affectif (surtout d'après les variations de linstincl conservateur) vient exercer sur le coVps par le moyen des nerfs et des vaisseaux qui, dans rintimité des parenchymes, leur sont inextricablement unis; l'action cérébrale peut être, <iu reste, directe ou spontanée, ou bien indirecte et provoquée par des influences d'ailleurs extérieures ou intérieures. Autrement dit, le cerveau qui, dans l'état de santé, relie en un seul tout, par sa prépondérance continue, les différentes parties de l'organisme et institue l'harmonie totale, le consensus individuel, manque, dans l'état de maladie, à cette indispensable coordination des actes vitaux ; et c'est cette rupture de l'unité normale, cette absence de ralliement et de gouvernement, qui constituent la maladie proprement dite, les actions organiques isolées et fatalement déréglées qui en résultent (exagération ou diminution des fonctions habituelles n étant, comme nous l'avons aimoucé déjà, que les effets ou le> syniplôines corporels du trouble cérébral. Tant que le cerveau n'est pas intéressé par le dérangement du corps, il n'y a donc pas maladie, mais seulement indisposition ou Lésiony et le trouble du cerveau ou la maladie résultant surtout de la rupture de rhanuunie morale par excès ou défaut de l'éj^oïsme ou de Taltruisme normal, il s'ensuit ({u'eii définitive la maladie, comme la santé, dépend de l'unité cérébrale, et que, par conséquent, la médecine qui s'ellorce de rétablir la santé comme l'hygiène, qui a pour but de la con-

DE l'empirisme - A. COMTE ET LE POSITIVISME 5!9

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Sans être fort ri^'oureux, on pourrait demander plus de précision et moins d'hypothèses aux données physiologiques et pathologiques formulées par TËcole positiviste. Ce qu'on vient de lire laisse beaucoup à désirer et démontre sans réplique combien il est facile de dévier d'un principe philosophique, et combien les meilleures intentions de réformer peuvent échouer dans leur application. •

Maintenant, en quoi le positivisme médical diffère- t-il en principe de la méthode expérimentale inductive? il serait assez difiicile de le dire sans recourir à ces subtilités de langage qui fournissent la matière d'un discours dont la condensation ne laisse rien dans l'esprit. — Le mode de penser positif en médecine ne vaut pas mieux que le principe d'exactitude que pratiquent les observateurs attentifs des phénomènes qu'ils rencontrent eu multipliant les observations de façon à en découvrir les lois. Tons les vrais médecins font donc du positivisme sans le savoir, et on ne fait qu'amoindrir la philosophie générale d'A. Comte en l'introduisant en m^uiecine pour en faire quelque chose de synonyme d'exactitude, d'observation et d'expérience légiférante. — Si les lois ne sont pas plus nombreuses en médecine, c'est moins faute d'avoir connu la philosophie positive, que manque de savants doués de la clairvoyance nécessaire pour les découvrir. Ainsi la loi des hydropisies consécutives à une oblitération veineuse qui résulte de la succession des phénomènes de coagulation du sang et du gonflement produit par T infiltration séreuse du tissu cellulaire, n'a pas eu besoin de la philosophie po.<itive pour se produire. Ce n'est point faute d'expériences que la loi de circulation du sang n'a été connue qu'en Url\^ car Dieu merci on avait assez ouvert d'animaux pendant les premiers siècles de la médecine, et cependant il a fallu attendre l'heure de la clairvoyance d'un savant qui , dans une succession de phénomènes observés par beaucoup d'autres, y a découvert une loi que n'avaient pu formuler ses prédécesseurs. — Il m est ainsi de toutes les lois physiologiques et pathologiques que je pourrais citer. — Elles ont 1 expérience el Tobsenation pour base, mais la loi de succession des phénomènes dépend moins de la philosophie que du philosophe. Rara avis. Sous ce rapport le positivisme ne peut rien de plus que l'induction. — Ce n'est qu'un mot auquel on devra toujours préférer celui d'empirisme, qui, pour caractériser des principes semblables, a au moins l'avantage de ne point faire d équivoque et de dire nettement ce qu'il veut.

(1) Rot)inet. Soiire sur l'œuvre d'A, Ctmite, p. :*0*.

Si le positivisme n'avait d'autre prétention que celle d'être une méthode rigoureuse et précise d'observation, bien qu*il ne soit qu'une forme de l'empirisme, nous pourrions lui accorder quelque estime, car la science ne doit procéder que par expérimentation. Mais il a de plus hautes visées et il se fait l'adversaire de l'ancienne philosophie qu'il supprime, en laissant de côté toutes les recherches de la conscience dans l'analyse des opérations de rintelligence et du moi.*Ici, le positivisme repoussant tout ce qui ne relève pas directement du témoignage des sens, attaque l'idée de Dieu et de i'àme humaine pour la détruire. C'est tout naturel, puisque la démonstration de ces idées repose en entier sur des inductions de l'esprit. Pour les positivistes, Dieu n'est qu'une hypothèse, dont ils n'ont pas besoin et ils affirment comme Laplace : que l'âme n'est qu'une illusion de l'esprit humain entièrement inutile.

Ainsi, Robin et Littré, qui depuis longtemps ont fait scission avec A. Comte, disent :

(c L'âme humaine est l'ensemble des fonctions du cerveau et de la moelle épinière, et la supposition de cette âme en tant que principe n'est qu'une vaine hypothèse. » {Dictionnaire Robin et Littré : art. AME.)

« La vie est la manifestation de l'ensemble des propriétés inhérentes à la substance organique ou à la matière, lesquelles propriétés peuvent être réduites à la nutrition. » (Art. Vie.)

Les actes médicateurs de la nature dans les maladies, actes qui sont si manifestes pour les cliniciens; par exemple, les crises, le travail du cal provisoire et du cal défmilif, celui de l'expulsion et de l'enkystemeut des corps étrangers, elc, ne dépendent pas de Paction intelligente, quoique routinière et imperfectible, du vis medicatrix qui n'existe pas et qui n'rst qu'une simple supposition.

Selon ces auteurs enfin, Dieu n'est que la personnification hypothétique du système qui préside à lexistence des choses et à la succession des êtres, système qui n'est autre que celui de la génération spontanée.

Pour le Positivisme l'homme rentre entièrement dans l'animalité. C'est un être qui, un moment doué de la vie, rentre dans le néant et restitue sa matière au réservoir commun pour constituer un engrais, produit des transformations successives d'un prototype élémentaire commun, qui, en plusieurs milliards de siècles, est arrivé par sélection naturelle jusqu'au singe, son ancêtre le plus rapproché (voyei transformisme) ; il n'offre d'autre différence avec les animaux qu'un degré de perfection plus grand dans ses organes et notainment du cerveau. Ses goùls et ses besoins dépendent fatalement de son orga

DËCOUVERTBS dE L*EMPIRISMB MODERNE 521

nisation, dont il esl tributaire au même litre que le pourceau avec lequel la mort doit le confondre.

Tel est le Positivisme, doctrine matérialiste fort inoflensive tant qu'elle reste comme une manifestation de Tégarement d'esprits cultivés, incapables de régler leur conduite sur leur philosophie ; mais quand de pareilles idées pénètrent dans la cervelle de populations corrompues, ignorantes et avides de jouissance, elles sont le point de départ de la décadence d'une société et d'une nation II en résulte ce que nous avons vu, et ce qui se reproduira de nouveau, c'est-à-dire la guerre sociale, le pillage des propriétés, l'incendie des monuments publics et l'assassinat de tout ce qui fait obstacle aux convoitises populaires.

CHAPITRK XI

applications, méthodes et decouvertes néks de

l'emhirisme moderne

En opposant' les droits de l'observation et de l'expérience aux abus que le dogmatisme avait faits du raisonnement et de Thypothèse, l'ancien Empirisme avait jeté les bases de la méthode qui est pour les sciences la plus solide barrière à opposer aux fantaisies des faux savants. — Ses exaspérations l'ont malheureusement déconsi* déré. En poussant son principe à l'extrême, il a fmi p ir ne se recruter de partisans que dans la foule des ignorants qui, prenant la parole eu son nom, ont abrité leurs inepties sous le couvert de ce grand mot d'expérience.

L'Empirisme moderne, moins exclusif que son aine, a cru mieux laire en s' alliant à Tinduction dans sa recherche du progrès scientifique, mais alors, comme je l'ai déjà dit, TEmpirisme qui raisonne n'est plus l'empirisme et devient une forme du rationalisme. — Jamais, jamais les rationalistes n'ont banni l'expérience et Tobservaliun de leurs moye.is d étude. 11 n y a que les esprits faux qui se passent d'observer attentivement les phénomènes doi^t ils raisonnent, et il y a autant à craindre des faux esprits qui expérimentent que de ceux qui dogmatisent.

Quoi qu'il en soit, l'Empirisme, dans la stricte acception du mot, avec tout le dédain qu il semble appeler sur lui, a rendu de grands services à la science médicale. Il peut lutter avec avantage ctmtre toutes les autres doctrines, car il se présente à l'observation impartiale avec trois des plus grandes choses de la médecine : la nosogra-

phie ou pathologie descriptive; le pronostic et la p^us grande partie de la thérapeutique active ou expectante.

C'est par l'empirisme, c'est-à-dire par une observation exacte, attentive, scrupuleuse mille fois répétée des symptômes fournis par les malades, que s'est formé, sans secours de la raison et de l'induclion, ce groupement naturel des mêmes symptômes caractérisant le type morbide auquel on donne le nom de maladie. Les premiers empiriques appelaient cela le concours des symptômes. — Un concours particulier de symptômes formait une maladie, noos avons changé le mot, soit, mais nous avons gardé la chose, et cette chose, c'est la nosographie.

Sans avoir besoin de raisonner, quand une mère voit Tatné d'une nombreuse famille d'enfants, avoir la fièvre, étemuer, larmoyer ou tousser, et qu'il vient ensuite une éruption de taches rouges sur la peau qui s'éteignent en trois jours en formant une desquamation épidermique lurfuracée et que le médecin lui a dit : Rougeole ! si le second, le troisième et les autres de ses enfants tombent malades avec les mêmes symptômes, elle dit aussi : Tiens, c'est la rougeole. Voilà un commencement d'empirisme que ne feront que fortifier d'autres faits semblables. J'ajouterai même que de cette observation reproduite dans quatre ou cinq familles sortira une autre idée, celle de la contagion de la rougeole, puis celle d'un poison inconnu qui vole dans 1 air et se transmet d'un enfant à un autre. — Il n'est pas besoin d'être savant ni raisonneur pour reconnaître la contagion dune peste quelconque, il y a là un fait empirique d'observation qui frappe, et l'ignorant en sait bien vile à cet égard autant que le médecin.

Qu'élail la description de la pneumonie au temps d'Hippocrate et que doit elle être an nôtre? Une simple observation empirique des sympiùmes. Rien de plus. Quand un homme est subitement pris de fièvre avec frisson et de point de côté, avec de la toux et des crachats visqueux, collants, couleur dérouille, il a une pneumonie. Depuis deux mille ans c'est comme cela.

Le raisonnement et l'induction n'ont rien à faire dans la constatation des troubles fonctionnels éprouvés par le malade. Ils ne peuvent servir (|ue dans l'explication des phénomènes et non dans leur constatation. — L'habileté dn narrateur rendra la description d'un médecin plus claire que celle d'un autre, mais le fond du récit «st essentiellement empirique, c'est-à-dire d observation. — La difficulté de reconnaître les symptômes chez un sujet qni ne se plaint pas. ou qui ne souffre que d'une manière générale, n'est point une objection. Cela prouve qu'il faut mettre du soin dans l'ohservation, chercher partout dans l'organisation troublée, et que tout le monde n'est

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