‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 95 sur 124 · DÉCOUVERTES DE L*EMPIRISME MODERNE · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTES DE L*EMPIRISME MODERNE

toutes les humears, tous les sucs nourriciers de Torganisme. Elle s* efforce de les chasser; elle lutte énergiquement contre eux. Hai8 ceux-ci résistent, épais, visqueux, ne se déplaçant qu'avec lenteur; ils se fixent aux chairs, ils s'attachent à la trame exsangue des tissus et provoquent partout où ils adhèrent d'effroyables soufTrances. € Les plus subtiles de ces humeurs morbides, celles qui se laissent le plus facilement évacuer se réfugient soit vers la peau, soit aux extrémités des membres. Elles produisent alors sur ces points de hideux exanthèmes qui se répandent bientôt sur tout le corps et couvrent le visage d'un masque repoussant.

€ Inconnus jusqu'à nos jours, ces exanthèmes consistent en des boutons pustuleux et coniques qui, gorgés de liquides corrompus, ne tardent pas à s'ouvrir pour donner issue à une sanie muqueuse et virulente. Quelquefois même, des boutons semblables se développent dans la profondeur des organes et corrodent sourdement les tissus. On voit ainsi d'horribles ulcères dépouiller les membres, dénuder les os, ronger les lèvres, et pénétrer jusque dans la gorge, d'où ne s* échappe plus qu'une voix sourde et plaintive. »

€ D'autres fois encore, il s'exhale de la peau des humeurs épaisses qui se concrètent en croûtes immondes à la surface des téguments. Tels on voit les sucs visqueux qui suintent du cerisier ou de l'amandier se condenser en calus gommeux sur l'écorce de ces arbres (i). i Sauf les questions relatives à la doctrine générale de la maladie, pour savoir si elle est d'abord locale, puis générale; si elle est toujours une affection locale; sur la description minutieuse des accidents locaux des téguments, sur son mode de contagion, il est certain qu'il y a dans les lignes que je viens de rapporter un tableau où le médecin reconnaîtra toujours la syphilis. Or comme ce portrait date des premières années du xvi^ siècle, qu'il est écrit en vers latins, qu'il a un réel mérite, il mérite d'être remarqué.

J'ajouterai que dès cette époque le mercure signalé par Dioscoride et employé par les arabes se donnait avec avantage. Déjà en 1497 on remployait à l'extérieur, malgré les objections des médedns qui considéraient ce remède comme une invention du charlatanisme. Telle fut du moins l'opinion de Fernel et de Paulmier, son disciple. On s'en servait en fumigations avec le cinabre, en frictions d'onguent mercuriel et sous forme d'emplâtre. (Jean de Vigo; Vidus Vidius; Bérenger de Carpi; Nicolas Massa, atc ) Son enaploi dans la syphilis est un résultat de F Empirisme et semble résulter des avantages que Ton en tirait alors contre la lèpre, main Poème mr h Syphfli», Inidoction de Pcmrnter, Piris, 1S70, p. 27.

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ladie réputée Toisine, souvent même considérée conraie étant par transformation Torigine de l'autre.

C'est au célèbre botaniste André Hatthiole que récrient rhonneur d'avoir donné le premier du mercure à l'intérieur. Malgré les hésitations, son usage devint assez général. — A l'état métallique, il faisait partie des pilules du pirate Barberousse, qui en donna la formule à François I*' (Spreugel). Mais c'est depuis les travaux de Paracelse sur le précipité rouge, sur le nitrate de mercure, sur le mercure doux et sur le sublimé, ainsi que sur les précautions i prendre dans l'emploi de ce médicament, que la thérapeutique a si s'en servir avec plus de méthode et moins de dangers.

Pendant plusieurs années, comme on le voit dans Fracastor, le régime fortifiant, quelquefois la saignée et l'emploi d'une foule de plantes odorantes, furent conjointement avec le mercure les moyens employés contre la syphilis.

C'est seulement en 1517 que vint remploi du gaTac, très-recommandé par Ulric de Hulten ; un peu plus tard la salsepareille, vantée par Fallope; la squine, importée par Gilius de Tristan et employée parTésale; le sassafras, introduit par Nicolas Monard (Sprengel, tom. in, p. 76), enfin le mélange d'or et du sublimé^ aurum viiœ^ que préconisait Paracelse et qui fut adopté. Gonthier d'Andernae; Sassonia; Grégoire Horst, etc.

Tout d'abord les moyens les plus importants que préconise encore la thérapeutique actuelle ont été employés contre la syphilis dont l'empirisme populaire et l'observation raisonnée des médecins avaient fait rapidement connaître la (îicheuse gravité. Avec le temps, on avait mieux apprécié ses procédés locaux de propagation et on a pu reconnaître qu'elle n*a lien d'épidémique ; on a perfectionné son diagnostic souvent très-difficile, ce qui explique les erreurs commises à son égard par ceux de nos historiens qui ne savent pas la médecine. On a déterminé les périodes d'une manière plus précise mais sauf l'intensité du mal qui est moindre de notre temps, le fond des choses dans la vraie syphilis n'a pas sensiblement varié. En fait de maladies vénériennes, il y a pour les observateurs de notre époque : l"" la blennorrhagie spontanée, contagieuse ou épidémique ; ^'^ la pseudo-syphilis avec chancre volant ne produisant pas d'accidents ultérieurs à la peau ou dans les organes, ce qu*ont fait connaître de nos jours Ricord, Bassereau, Clerc, Diday; enfin 3* la syphilis vraie avec chancre induré de Hunter et de Ricord, produisant la diathèse syphilitique avec tout son cortège d'accidents secondaires et tertiaires, sur la peau, dans les os et dans les viscères. Cette deruière est mieux connue et plus nettement précisée qu'il y a

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