CHAPITRE VIII
DE L'ORGANOSCOPIE
L'importance de l'anatomie pathologique serait bien secondaire, si l'étude à l'œil nu ou au microscope des lésions matérielles de la maladie ne pouvait se faire que sur le cadavre. La curiosité serait satisfaite et voilà tout. Ce n'est pas assez pour la médecine pratique.
On a donc essayé de tout temps, et surtout au nôtre, qui se dislingue des siècles passés par l'ardeur qu'il met à localiser les maladies, de découvrir pendant la vie, en temps utile, les lésions que l'étude des cadavres a fait connaître.
C'est à cette recherche que Piorry a donné le nom à'Organoscopie. Elle fait partie de la séméiotique. Gomme méthode c'est une des plus heureuses conséquences de l'anatomie pathologique. Nous lui devons les progrès du diagnostic anatomique, car c'est par elle que les médecins s'appliquent à rechercher pendant la vie, par divers moyens physiques d'exploration, la nature des altérations dont les organes peuvent devenir le siège.
C'est à l'Organoscopie que le diagnostic et la médecine du xix^ siècle ont acquis un degré de précision jusque-là inconnu. Elle comprend la palpation, le toucher, la percussion^ la succussion, {'auscultation, la thermométrie, la mensuration, les différents spéculums, le microscope^ les ophthalmoscopes et la céréhroscopie.
Savoir par des moyens physiques s'il existe des tumeurs liquides ou solides dans les tissus, leur nature lipomateuse, tuberculeuse, cancéreuse ou hydatique, si les cavités séreuses renferment de l'eau ou de l'air ou bien ces deux fluides à la fois; si les poumons et le cœur sont malades et comment ils le sont; si le cerveau ou ses
membranes sont enflammés ou remplis de tumeurs, voir dans le fond des ouvertures naturelles les lésions qui peuvent s'y produire, tel est le but de cette méthode, qui est, on peut le dire sans exagération, une étude d'anatoraie pathologique faite sur l'homme encore vivant.