BROUSSAIS
de la généraliser, et de croire que toute la médecine se réduisait à ce seul phénomène; que partout où il y avait un trouble fonctionnel, du cerveau, du foie, des poumons, du cœur, de l'estomac, des intestins, etc., il y avait une phlegmasie aiguë ou chronique. De là, la thérapeutique de l'irritation par les antiphlogisiques. Non, la médecine n'est pas si aisée à faire que cela et il y a en pathologie autre chose qu'un excès ou qu'un défaut d'irritation. A l'époque tourmentée de 1800 à 1815 où parut cette doctrine, après un interrègne scientifique causé par la révolution française, celte doctrine a pu réussir, il n'y avait pas alors de science constituée, la plupart des hommes valides étaient occupés par la guerre, et il n'y avait que peu de loisirs pour les travaux de la paix, c'est-à-dire pour l'étude et pour le contrôle. Cette doctrine apportait la lumière dans le chaos, tout le monde, hors les professeurs officiels, fut heureux de l'accepter, mais quand on eut le loisir de la vérifier avec soin, les exagérations devinrent évidentes, on vit par où elle péchait et on se hâta de la modifier en retenant ce qu'elle renfermait de bon et d'utile.
Au reste pour qu'on puisse bien juger Broussais, voici l'extrait textuel de sa doctrine sur Y Liflammation et sur VIrritation. On \erra combien elle se rapproche des théories importées récemment d'Allemagne et qui ne sont qu'un décalque de la théorie française, \irchow a vu en petit ce que Broussais avait vu en grand.
DE l'inflammation
« C'est par une inflammation qui détruit avec plus ou moins de promptitude un ou plusieurs des viscères essentiels à la vie, que le plus grand nombre des hommes périt. Tout praticien habitué à contempler les ruines de cet admirable édifice, qu'il n'a pu empêcher de s'écrouler, est pénétré de cette vérité. Si nous parcourons l'immortel ouvrage de Morgagni, nous y retrouvons, à chaque instant, des traces non équivoques d'inflammation (1). Si nous interrogeons les hommes en proie à quelque affection chronique, la plupart nous accusent une douleur fixe et permanente de quelque partie interne; tandis que la fièvre, le dépérissement dans lequel nous les voyons, nous font trop souvent pressentir qu'ils périront par les suites de la désorganisation phlogislique d'un viscère Si nous portons un œil attentif sur les sympiômes des maladies aiguës, ils se réduisent, le plus communément, à un trouble de la circulation
(1) Il s'en faut bien pourtant que ces traces aient toujours été nnprécicoa à 'eui' Juste valeur. {Note de Broussais.)
accompagné d'une fièvre locale plus intense, avec tuméfaction et rougeur de l'organe, s'il est visible; s'il ne l'est pas pendant la vie, on peut, après qu'elle est éteinte, se convaincre que la tuméfaction existe. »
« Voilà l'histoire abrégée d'une très-grande partie des maladies qui affligent notre espèce : elle nous fait sentir combien les phlegmasies sont communes. Est-il donc hors de raison d'oser mettre en problème, si elles sont parfaitement connues, les lumières d'une étude plus approfondie de ces maladies? »
« 1° Quelle idée doit-on se faire de l'inflammation? 2° Quelle modification ce phénomène reçoit-il des différences de tissus et de propriétés vitales? 3" Quelle influence l'inflammation exerce-t-elle sur les fonctions en général? Telles sont les questions qu'il faut nécessairement traiter avant d'entreprendre l'histoire des inflammations chroniques de chaque viscère en particulier. »
10 Idée générale de l'inflammalion.
« Tumeur, rougeur, chaleur, douleur, tels sont les phénomènes que l'on regai'de comme les caractères fondamentaux de l'état inflammatoire. Nous ferons quelques réflexions sur cette définition, et nous rechercherons s'il ne serait pas plus avantageux de considérer l'inflammâlion sous un point de vue plus étendu. »
« La modification vitale qui produit ces quatre phénomènes a son siège dans les vaisseaux capillaires de la partie malade, et dépend manifestement de raugraenlation de leur action organique. L'inflammation est donc primitivement l'effet d'un surcroît de celte action. Cependant on est forcé de convenir que toute augmentation, même considérable, des mouvements organiques, ne produit pas les quatre phénomènes qui distinguent, nous dit-on, la phlegmasie. Leur existence est subordonnée à la structure, à la vitalité des parties où le mouvement organique est accéléré. Ainsi, à moins que nous ne. voulions forger autant de dénominations qu'il y a de différences dans les résullats de l'augmentation vicieuse de l'action des capillaires dans les différentes parties du corps, nous devons considérer l'inflammation sous un point de vue infiniment plus élendu que nous n'avons osé le faire. Appliquons ce raisonnement aux faits. »
« Cette modification, que nous disons consister dans un surcroît d'action organique, a son siège dans les vaisseaux capillaires de la partie malade; mais comme ces capillaires donnent passage h des fluides différents, et que leur degré de susceptibilité varie beaucoup, la couleur du faisceau tuméfié, qui dépend de l'accumulation des
fluides, et la douleur, qui n'est que l'altération de la sensibilité, sont également très-variables. »
(t Lorsque les capillaires irrités peuvent admettre le sang tout entier, la tumeur est rouge. Comme les tissus où dominent les capillaires sanguins sont les plus sensibles, les tumeurs rouges inflammatoires sont les plus mobiles et agissent très-promptement sur leurs fluides, les tumeurs inflammatoires sanguines sont aussi celles où les changements chimiques sont le plus accélérés. Le sentiment de chaleur est l'effet immédiat des changements chimiques ; les tumeurs inflammatoires sanguines sont donc encore celles où ce sentiment devient le plus souvent incommode. La rougeur et la chaleur ne sont donc point des caractères essentiels de l'inflammation en général : j'y vois plutôt des signes qui marquent le degré de l'inflammation sanguine. »
(( Puisque le fluide sur lequel agissent les capillaires irrités n'est pas toujours le même, puisque le degré d'irritation varie, les changements chimiques qui sont subordonnés à ces deux conditions doivent offrir de grandes différences. Les produits matériels de l'inflammation doivent donc aussi nous paraître sujets à beaucoup de variétés.
Ainsi, l'inflammation présente une infinité de nuances qu'il peut encore être utile d'étudier, malgré les travaux et les recherches sans nombre auxquels ce phénomène a donné lieu. Nous pourrons ensuite essayer d'en rectifier la définition. »
II. MODIFICATION DE l'iNFLAMMATION SELON LES DIFFÉRENCES DE TISSUS ET DE PROPRIÉTÉS VITALES DU LIEU AFFECTÉ.
« Examinons d'abord l'inflammation dans les faisceaux capillaires où elle se montre avec le plus d'énergie, et suivons-la graduellement jusqu'à ceux où elle paraît avec le moins d'intensité. Dans chacun de ces faisceaux, commençons par l'état le plus aigu, et arrêtons-nous au point où commence la chronicité. Nous reprendrons de là pour suivre la phlogose dans ses nuances les plus obscures. »
1° L'inflnromation aiguë considérée dans le tissu cellulaire général, et dans les parenchymes riches en capillaires sanguins.
« Quand un faisceau plus ou moins étendu, plus ou moins épais de capillaires sanguins, concourant à la formation des tissus cellulaires et des parenchymes, est dans un étal Irès-violent d'inflammation, il
y a vérilablement. lumeur, rouiçeur, chaleur et douleur, il existe très-inanil'estemenl accumulation de sang dans la partie malade, et plusieurs expériences semblent prouver que ce sang est difficilement échangé avec celui qui circule dans le reste de l'appareil circulatoire. »
ftCetle action extraordinaire peut cesser dans son principe et avant d'avoir acquis le degré d'énergie dont nous la connaissons susceptible. Ce changement s'annonce par la diminution de la douleur, et tout ce qui la calme tend à le provoquer. Dans la même proportion diminuent la rougeur, la tuméfaction, et la partie ne conserve aucune trace du mouvement morbide dont elle a été le siège. C'est 1 la délitescence . » - i
« Lorsque cette disparition prématurée de l'inflammation est suivie du renouvellement de ce phénomène dans une partie, on la nomme i métastase; on la considère comme une répercussion lorsqu'elle ' suit l'effet des médicaments qui agissent en diminuant la sensibilité de la partie et resserrant ses vaisseaux ; enfin, c'est une résolution aux yeux de ceux qui ont énervé peu à peu la vigueur inflammatoire par les saignées et les émollienls. Quoi qu'il en soit, ce sera toujours pour nous la cessation du mouvement inflammatoire avant , qu'il ne soit parvenu à son summum^ et sans aucune altération appréciable des fluides ni des solides de la partie malade. »
« Si l'inflammation continue au lieu d'avorter, si les vaisseaux sont • dans une action extrêmement violente, le faisceau tout entier peut perdre sa vitalité dans le moment de sa plus grande irritation; et du mouvement vital, la partie semble passer au mouvement de putréfaction, et ne nous présente plus qu'une masse noire, déjà fétide, que l'on appelle escarre. »
« Telle est la gangrène que l'on attribue communément à l'excès d'inflammation. Nous ne chercherons point à déterminer si la mort des capillaires phlogosés précède la décomposition des fluides, ou si l'excès d'animalisation, ou la qualité délétère de ceux-ci, détruit d'abord l'activité vitale des solides. Nous croyons l'un et l'autre mécanisme également possibles et même probables dans certaines circonstances. »
« Mais il est une autre gangrène qui a lieu après une inflammation légère et momentanée ; quelquefois même l'irritation ne va pas plus loin que la douleur; la rougeur passe au violet et au noir, sans qu'il paraisse ni gonflement ni chaleur. La gangrène dite sénile, celle des pustules malignes, celle des escarres de la peau dans les gastroentériliis aiguës appelées fièvres de mauvais caractère, etc., ne sont-elles pas autant d'exemples de ces inflammations qui semblent
avorter dès leur début, en laissant les faisceaux capillaires dans un mortel engourdissement? Ne voit- on pas que, chez certains sujets, la phlegmasie se maintient plusieurs jours dans le degré qui donne la rougeur; que, chez d'autres, elle arrive presque à celui de la suppuration avant de se terminer par la gangrène; qu'enfin tous les médicaments qui ont la propriété d'émousser la sensibilité provoquent aisément la gangrène, si on les applique imprudemment sur les phlogosesdes personnes débilitées par de longues maladies? »
«La gangrène, ainsi considérée, suppose donc toujours un mouvement inflammatoire préexistant : elle est donc une des terminaisons de la phlogose. »
« Les capillaires sanguins enflammés sont encore sujets à une autre espèce de torpeur qui transforme la tumeur en une masse rouge, rénitente, en apparence inorganique. Dans le poumon, cet état s'appelle carnification, hépatisation ; dans les inflammations cutanées et les phlegmons cellulaires, on le nomme callosité. Je le désignerai par le nom AHnduration rouge. Ce changement n'est pas toujours une désorganisation. Si on laisse macérer dans l'eau, et qu'on lave à plusieurs reprises des morceaux de poumon hépatisés, on les fait redevenir perméables à l'air. J'ignore si, pendant la vie, les poumons reviennent de cet état d'induration; mais quelques observations m'invitent à croire qu'il est compatible avec l'existence pendant un temps assez considérable : dans ce cas l'induration rouge diffère essentiellement de la gangrène. D'un autre côté, je dois noter que bien souvent on distingue au centre d'une masse hépatisée des traces évidentes de mort et de sphacèle, tandis que la circonférence n'oflre encore que les caractères de l'induration. Quant au tissu cellulaire endurci en rouge par la phlogose, on sait qu'il est susceptible de résolution. Au surplus l'on conçoit que l'excès de ces congestions amène enfin la dégénération du tissu enflammé. )i
« Quand l'inflammation sanguine n'avorte ni en laissant la partie vivante, ni en la transformant en escarre gangréneuse; quand elle parvient à son summum, ce qui a lieu, terme moyen, du neuvième au quatorzième jour, on le voit ensuite décroître par degrés jusqu'au point de se dissiper entièrement. Mais pendant que cette seconde partie du cercle inflammatoire est parcourue par l'irritation, il se manifeste des altérations dans les fluides, et bien souvent dans les solides du lieu aflecté. Alors on observe collection ou exsudation d'un liquide blanc, crémeux, sans odeur et sans âcrelé, que l'on appelle pus. »
La collection de ce produit matériel de l'inflammation suppose
que la parlie est celluleuse et peut se prêter à la dilatation et à une ampliation plus ou moins considérable. Elle a donc plutôt lieu dans le phlegmon cellulaire que dans les autres inflammations des faisceaux rouges, épais et énergiques. Aussi les abcès sont-ils plus communs dans ce tissu que dans les parenchymes. Au moment où elle s'achève, il n'y a plus d'irritation que celle qui dépend de la distension des parties, à moins de complication d'une autre phlegmasie.
L'abcès présente à la fois altération des liquides et des solides. Le pus paraît être le résultat des changements chimiques qui sont produits dans la fibrine, la gélatine et l'albumine du sang, par l'irritation locale. Peut-être ce changement est-il une des causes de la diminution de cette action. »
« La collection de pus modifie le tissu où elle s'est faite, de telle manière qu'après la guérison il semble exténué, condensé, moins extensible, et que ces cellules, affaissées ou détruites, refusent de se prêler à l'accumulation de la graisse. Tel est le premier et le moindre degré de désorganisation qui puisse résulter de la phlegmasie. »
« Si le faisceau artériel dont l'inflammation décroît est disiribué dans un parenchyme très-serré, peu propre à se prêter aux collections du pus, et si les vaisseaux aboutissent à des surfaces qui communiquent avec l'intérieur du corps, le produit matériel de l'inflam- *mation est éliminé à mesure qu'il se forme et se confond avec l'excrétion de la membrane sur laquelle il est déposé : c'est ce qui arrive aux pneumonies qui se terminent par une expectoration résolutive. L'épaisseur du faisceau sanguin assimile cette phlo§:ose au phlegmon cellulaire qu'elle surpasse en énergie, parce que le poumon est le plus sanguin de tous les viscères ; mais la disposition des vésicules bronchiques ofl're au pus une voie d'excrétion qui rend les abcès de cet organe plus rares que ceux du tissu cellulaire. »
« Le produit matériel de l'inflammation, soit qu'il se rassemble en abcès, soit qu'il exsude sur une surface communiquant avec l'extérieur, n'est assurément pas tout excrété immédiatement. Une partie, même très-considérable, de ce produit est résorbée et pénètre dans les voies de la circulation ; l'activité connue des vaisseaux absorbants, soit qu'ils se rendent dans le plus grand appareil de ce nom, soit qu'ils aboutissent aux capillaires veineux, nous le fait présumer ; l'état particulier des urines et des autres excrétions nous en donne la certitude. »
« Plusieurs auleurs, frappés de la présence d'un liquide blanc dans les urines, de la consistance et de l'odeur acide des sueurs, de l'aug-
inentalion d'excrélioii des membranes muqueuses, à l'époque de la terminaison des phlegmasies qui ont atteint leur summum, n'ont pas hésité à prononcer qu'il y avait toujours puification, lors même que l'on n'apercevait ni collection ni exsudation purulente locale. Selon eux, la résolution n'est qu'une terminaison résorbée. Pour moi, je pense que si quelque chose peut distinguer la résolution de celte extinction précoce de l'inflammation que j'ai indiquée sous les noms de délitescence, de repercussion , etc., c'est l'altération des fluides qui ont formé la matière de l'engorgement et leur conversion en un liquide plus ou moins rapproché du pus des tumeurs phlegmoneuses. »
« Tels sont la marche et les effets les plus ordinaires de l'inflammation aiguë des tissus cellulaires et des principaux parenchymes ; mais lorsque la phlegmasie est peu intense dès son principe, oulorsqu'appès avoir été violente elle s'affaiblit et persiste dans un degré peu prononcé, les phénomènes que nous venons d'indiquer sont difl'éremment modifiés, et l'on en observe d'autres. Mais nous ne pouvons nous livrer à celte recherche qu'après avoir suivi l'inflammation aiguë dans tous les tissus qui en sont susceptibles. »
Suit alors un exposé de l'inflammation avec ses caractères dans
les tissus, puis Broussais arrive à l'étude des inflammations chroniques.
6" L'inflammation aifc'uë passant à l'état chronique dans les diflérenls tissus.
« Lorsque l'irritation inflammatoire ne s'est point éteinte dans le principe pour former la délitescence ou la résolution, et, dans l'état plus avancé pour transformer la partie en escarre gangréneuse, cette irritation devient chronique. »
'( La chronicité de l'inflammation reconnaît difl"érentes causes que je ne saurais énumérer ici ; mais elles opèrent toutes par le même mécanisme : c'est toujours l'action continuée d'un stimulus qui empêche l'inflammation de se calmer. En efl"et, si le stimulus, qui a donné la première impulsion au mouvement inflammatoire, n'est pomt renouvelé dans la partie malade, ou si quelque autre ne lui est pas substitué, ce mouvement, qui ne peut avoir qu'une durée déterminée, ne saurait manquer de cesser; si donc on voit l'irritation persister, on peut assurer qu'il existe un stimulant local, et presque toujours il peut être aperçu par le médecin attentif; tantôt il vient de l'extérieur, tantôt il lient à la désorganisation produite par l'inflanimalion. En effet, lorsque le mouvement inflammatoire est perpétué dans un tissu vivant, il y produit difl"érenls désordres qui sont
subordonnés à son degré et à la nature des capillaires où il a établi son siège. »
« S'il règne avec une certaine énergie dans un tissu abondamment pourvu de capillaires sanguins, il se fait une suppuration chronique, comme dans les abcès fistuleux, ou un endurcissement rouge chronique, comme dans les pneumonies prolongées. Ces deux phénomènes se trouvent encore à différents degrés dans les autres organes où l'inflammation peut occuper le tissu cellulaire. Dans les membranes, l'irritation prolongée avec quelque vigueur pendant un certain temps manifeste aussi une suppuration et un endurcissement rouge prolongé. Toutes les grandes plaies entretenues par des corps étrangers, des esquilles, des os nécrosés par les contusions répétées et par l'exercice de la partie, nous font également voir ces deux phénomènes qui tiennent encore beaucoup de l'état aigu. »
« L'irritation entretenue pendant longtemps à un degré modéré et même faible, dans les tissus qui contiennent des capillaires sanguins, tout en les altérant, agit quelquefois en même temps sur les tissus blancs. »
(( La suppuration ou l'exsudation prolongée, l'épaississement rouge avec endurcissement, sont les traces de l'irritation chronique des capillaires sanguins. Tous les ulcères calleux, les hépatisations lentes des poumons, l'endurcissement chronique rouge des membranes longtemps stimulées, en sont la preuve. »
• « On reconnaît que l'irritation chronique a été partagée par les capillaires lymphatiques à l'épaississement lardacé ou caséiforme, à l'aspect rougeâtre et grisâtre, inorganique, que l'on appelle squirr/ieitcc, àla dégénération cérébriforme, à celle qu'on nomme mêlanose, à cause de sa noirceur, etc. Les endurcissements sanguins et les endurcissements lymphatiques se trouvent fréquemment les uns à côté des autres, ou entremêlés dans les viscères et les tissus les plus sanguins, comme dans le poumon, dans le foie, dans le tissu sous-cutané et la peau, et même dans les membranes de toute espèce. Les endurcissements lymphatiques se rencontrent quelquefois en prédominance dans les tissus riches en capillaires sanguins, lorsque l'irritation y a régné longtemps et dans une nuance fort obscure surtout si le sujet est peu irritable et peu pléthorique ; mais si l'irrilalion s'clablit dans un tissu où prédominent les capillaires lymphatiques, et si aucune cause ne la fait passer jusqu'aux capillaires sanguins, l'endurcissement lymphatique est le seul qui se remarque, du moins pendant un certain temps. »
« Afin de prendre une plus juste idée des désordres que Tirrilation chroni()ue a continué de laisser dans les tissus peu sanguins,