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APPRÉCIATION DE L'IATRO-MÉCANISME

Quoi qu'il en soit, il y a dans la doctrine lalro-Mécanique et mathématique une idée vraie, bonne comme moyen de recherche, comme méthode d'expérimentation et gage d'une philosophie scientifique sérieuse. Si elle n'a pu être qu'une base étroite de doctrine médicale ou de thérapeutique, elle a eu la plus grande importance en physiologie et ce qu'elle a fait en ce genre n'a pas été oublié et a servi d'exemple aux iatro mécaniciens de notre époque.

La Chimiâtrie, la Physique médicale et le Mécanicisrae joints au calcul sont évidemment les causes d'un certain nombre de progrès de la physiologie moderne. Ce que ces différents ordres de recherches ont donné à l'histoire des phénomènes de la digestion est immense et il en est de même pour l'étude des phénomènes de la contraction musculaire et de la statique animale; — de la circulation du cœur et des vaisseaux dans leur appareil hydraulique avec ses valvules et ses soupapes; — de la respiration dans ses phénomènes mécaniques et chimiques, - de la production de la voix ; - des sécrétions effectuée'î par des cribles, — ce que nous appelons de Vexosmose, — de l'absorption eudosmolique ; — desphénomènes physiques de la vision etc — Il est peu de parties de la physiologie où il n'y ait un côté physique, mécanique ou chimique que ces sciences n'aient pas élucidé et on peut affirmer que c'est dans cette voie que se trouve le progrès Tous les latro-mécaniciens ont été surtout des physiologistes, et ce qu ils ont fait en médecine n'a que peu d'importance. La plupart même, séparant la théorie de la pratique, comme Borelli, Thurneysler ou Baghvi, ont singulièrement restreint les applications mécaniques a la pathologie. Il n'est guère que Boerhaave, assez médiocre physiologiste d'ailleurs, qui ait tiré de la doctrine une idée médicale susceptible de génération assez étendue : celle de Vohstruction vasculaire. J'ai dit plus haut ce qu'il en fallait penser, et je n ai pas a y revenir, si ce n'est pour montrer qu'elle seule caractérise, je ne dis pas le système, mais bien la pathologie iatro-mécanique. Au point de vue médical et thérapeutique, ce fait est considérable et il juslilierait la place occupée par le mécanisme dans l'histoire de nos doctrines, s il n'était aussi l'origine éloignée des recherches modernes de ceux qui par des voies différentes sont arrivés au même résultat à 1 occasion des Embolies. '

L'Jatro-mécanisme du xviii» siècle a donc légué au xix* la meil leure partie de lui-même, et c'est cette partie, fécondée par nos

mode!"ne°™"'' ^''^^ médecine

Ainsi l'Iatro-mécanisme actuel profitant des résultats acquis nu'il a eu soin de contrôler avant de les professer lui-même, nous a

donné comme recherches physiologiques, comme moyens de diagnostic, comme pathologie médicale et chirurgicale les plus helles découvertes dont puisse s'honorer la médecine.

C'est par la connaissance des lois de l'hydraulique que Laennec. Rouannet ont pu déterminer la cause des bruits que l'on entend dans le cœur, sain ou malade, dans les artères chlorotiques, dans les artères anévrysmales et qui sont pour le diagnostic moderne un honneur impérissable (V. Organoscopie).

C'est par l'intelligence du mécanisme des bruits divers entendus dans les vésicules du poumon sain et malade, ou dans les bronches, que Laennec s'est rendu immortel en créant par l'auscultation toute une séméiotique inconnue des lésions pulmonaires.

C'est par l'application des lois de l'hydraulique à la circulation des veines que Chauveau a pu expliquer la production des souffles veineux.

C'est par une heureuse imitation de l'appareil circulatoire entier avec des tuyaux de caoutchouc que M. Marey a pu vériûer l'exactitude de tout ce qui avait été dit sur la production des bruits cardiaques et entreprendre sur la tension des artères, dans ses rapports avec la vitesse et les caractères du pouls, des recherches nouvelles qui sont la plus ingénieuse application qu'on puisse faire de la mécanique à la physiologie et à la médecine. — Je dis lapins ingénieuse ne voulant pas dire la plus vraie, car M. Marey a tiré de ses expériences une théorie nouvelle de la fièvre que j'ai discutée et contredite dans ma pathologie générale (2' édition, page Al). Comme cela est bien souvent arrivé, le point expérimental de départ étant exact, c'est l'application qui est vicieuse. Ainsi, de ce que dans l'appareil circulatoire d'un homme en caoutchouc le relâchement des canaux périphériques exige plus de force et de fréquence dans la pompe aspirante et foulante qui fait circuler le liquide, il ne s'ensuit pas que chez l'homme vivant comparé au mannequin, la dilatation du réseau capillaire cutané de la fièvre soit la cause de la fréquence des battements cardiaques, et que le cœur soit dépossédé de toute action primitive sur la circulation et sur la production de la fièvre. Pour les iatro-mécanicieii> du temps passé, la fièvre était soit le mouvement du cœur excili' par le suc nerveux, soit l'effervescence du sang du cœur sous l'influence de la réaction provoquée par le suc nerveux, tandis qne pour noire iatro-mécanicien moderne, la fièvre s'allume dans les extrémités dont les vaisseaux se dilatent, entraînent hydranliqnement lo> contractions plus fréquentes du cœur qui est en quelque sorte passif . Je crois que M. Marey se trompe, et que la clinique ne permet p;is à un médecin de le suivre sur ce terrain et de conclure connne lui.

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