DE LA CHIRURGIE
sur les vertèbres du dos et autour de l'ombilic dans les hémorrhoïdes ; — sur les verrues après leur excision ; — dans la fistule à l'anus quand le malade se refuse aux instruments tranchants ; — dans l'incontinence d'urine à l'hypogaslre; — à la hanche dans la luxation spontanée du fémur et dans la sciatique; — le long des vertèbres dans la gibbosité commençante ; — sur les jointures dans la goutte; — sur le sac herniaire après réduction de l'intestin et de l'épiploon pour obtenir la cure radicale des hernies; — dans le cancer, autour des tumeurs; — dans les hémorrhagies artérielles si le vaisseau n'est pas trop gros et si on peut se passer de la ligature, etc.
Dans le second livre qui débute également par un appel à l'hon • nêleté et à la prudence où se révèle l'âme la plus pure, il s'agit des opérations à entreprendre à Vaide de l'instrument tranchant I (Leclerc, p. 59) :
D'abord le céphalématome, que l'on peut opérer, et l'hydrocéphalie qui amène presque toujours la mort; aussi, dit-il, me suis-je absi tenu de la traiter (Leclerc, p. 59) ;
L'arlériotomie auriculaire et temporale dans les migraines chroniques et les fluxions acres aux yeux, à la tête ou à la poitrine ; L'extraction des corps étrangers de l'oreille avec un crochet ! mousse — avec une canule de cuivre entourée de poix et à travers ' laquelle on aspire pour faire le vide — au moyen de l'incision à la fbase de l'oreille ;
L'excision des verrues, kystes et grêlons développés sur les pau- ;pières ;
L'excision d'un lambeau horizontal des paupières ayant forme d'une feuille de myrthe avec suture pour amener le redressement ides paupières;
Toutes les opérations d'entropion, d'ectropion, d'adhérence des ipaupières avec la conjonctive, de plérygion, d'encanthis, de pannus, ide fistule lacrymale, de cataracte par abaissement, procédé habituel, jou par succion, procédé dont l'auteur ne s'est jamais servi — ( « Sacliez, dit-il, que pour opérer la cataracte, un jeune praticien me saurait se dispenser de l'avoir vu pratiquer plusieurs fois : ce m'est qu'alors qu'il pourra l'entreprendre lui-môme » );
Les polypes muqueux et cancéreux des fosses nasales enlevés au moyen d'une airigne et du bistouri, suivi au besoin de la rugimation, ou bien à l'aide d'un fd à nœuds introduit dans le nez sortant par la gorge au moyen duquel on scie l'excroissance ; L'excision des verrues du nez;
La suture du nez, des lèvres ou des oreilles, affectées d'une solution de continuité ;
L'excision des épulis, la rugination des dents couvertes de tartre, leur extraction au moyeu de fortes pinces dentées ou de leviers s'il s'agit de racines ; leur sciage si elles proéminent, leur consolidation avec des fds d'or ;
La section du fdet de la langue et l'extirpation de la grenouillelle ;
L'ablation des amygdales avec une airigne et des ciseaux particuliers dont on voit la figure;
L'extraction des arêtes et corps étrangers de l'œsophage avec un fil garni d'une petite éponge que l'on fait avaler au malade ou avec un crochet ;
L'extraction des sangsues fixées dans la gorge ;
L'incision et l'extraction des différentes tumeurs du cuir chevelu, du cou ;
La trachéotomie en travers au troisième anneau de la trachée, comme le faisaient les anciens, dans les affections de la gorge qui amenaient la suffocation — (Ici , pas de canule et je ne sais vraiment pas s'il n'y aurait pas lieu de revenir à ce mode opératoire pour éviter l'incision longitudinale proposée de notre temps par Caron (4) et les canules dont on se sert aujourd'hui) ;
L'incision des abcès et des tumeurs enkystées telles que les i masses adipeuses ; ' j
L'extirpation de la mamelle hypertrophiée chez l'homme ; ;
L'incision des anévrismes artériels après ligature au-dessus et S au-dessous ; mais quand les anévrismes sont aux régions de l'aine, de l'aisselle et du cou, Albucasis conseille de s'abstenir dé l'instrument tranchant à cause des dangers de l'opération, et cela sans doute en raison de l'insuffisance des connaissances anatomiques;
La ligature et l'excision des tumeurs variqueuses situées sur les membres ;
L'extirpation des tumeurs ou kystes des tendons du carpe; Le traitement des tumeurs de l'ombilic comprenant la hernie ombilicale;
L'extirpation des cancers peu volumineux après l'emploi des médicaments internes, mais c'est une opération souvent inutile;
La ponction de l'hydropisie ascite avec le bistouri remplacé par une canule ;
La circoncision au moyen de deux ligatures du prépuce outre lesquelles on coupe avec de forts ciseaux ;
(1) Caron. Sur la trachéotomie. 1812.
Le traitement des im perforations du gland et des ulcères qui peuvent s'y développer ;
Le traitement de la rétention d'urine avec une sonde droite bouchée avec un petit tampon de laine que l'on enlève en tirant audehors le fil qui le maintient à l'extrémité vésicale de l'instrument ;
Les injections de la vessie avec une seringue ou avec une sonde à l'extrémité de laquelle se trouve une vessie remplie de liquide et que l'on presse avec la main ;
L'extraction des calculs par la taille latérale gauche en se guidant sur le doigt placé dans le rectum fixant la pierre au col de la vessie et quand cet organe est ouvert, la pierre ou les pierres s'enlèvent avec des tenettes ;
^ Le traitement de l'hydrocèle vaginale par l'incision ou par le cautère rouge ;
L'mcision ou l'excision de la hernie charnue ou tumeur du testicule comprenant le sarcocèle et le varicocèle ;
Le traitement du varicocèle par incision de' la peau, excision des vemes variqueuses entre une ligature supérieure et inférieure et quelquefois par la castration si le mal est considérable ;
Le traitement des hernies intestinales. L'une (entérocèle) qui était due à la descente de l'intestin sur le testicule et que l'on considérait alors comme pouvant se faire par rupture du péritoine ou par son extension. L'autre (bubonocèle) dans laquelle l'intestin ne descendait pas jusques dans le scrotum et ne faisait que pousser le péritoine ;
Ces hernies contenaient de l'intestin seul, ou de l'intestin avec de l'épiploon, — et on les opérait à la façon de Celse et de Paul d'Egme (voir plus haut) soit à titre de cure radicale lorsqu'il n'y avait pas d'accident , soit lorsqu'elles retenaient des matières fécales. Pour Albucasis « le traitement de ces affections par instrument tranchant est périlleux ; il faut s'en abstenir autant que possible. »
Il parle ensuite de la castration qui, dit-il, est défendue par les lois arabes, mais il en indique les procédés par attrition ou massage le sujet étant dans le bain ou par l'incision suivie d'excision. Vient après le traitement de l'hermaphrodisme masculin par l'excision des parties saillantes, tandis qu'il annonce inutile de toucher à 1 hermaphrodisme féminin; - l'excision du clitoris et des excroissances de l'utérus, formant queue dans le vagin ou maladie de la queue (4); — l'incision des imperforalions congéniales ou acciden-
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telles du vagin, et, pour ces dernières, il propose le coït tous les jours pour éviter la reformation des adhérences; — l'excision des excroissances de l'utérus au moyen du dilatateur vaginal, mais il défend d'attaquer par l'instrument tranchant les excroissances cancéreuses; — l'incision des abcès de la matrice, etc. ;
Le mécanisme de l'accouchement naturel, à l'usage des sages femmes, et ce qu'il faut faire quand le fœtus au lieu de s'offrir par la tête se présente d'une manière anormale , — par les pieds , par les genoux et les mains; — en travers avec présentation d'une main; — par la nuque les mains étendues et la face regardant le dos de la mère; — par le flanc; et s'il y a deux, trois ou quatre fœtus. — A ce sujet, il parle de l'avortement de ces fœtus multiples qu'il dit pouvoir être rejetés au nombre de cinq, six, sept et même plus de dix. — Dans les cas de présentation anormale la version est le moyen de rémédier à tout et, pour l'extraction du fœtus, il conseille l'emploi des crochets qui aident les tractions et si la tête trop volumineuse gêne les manœuvres la ponction du crâne avec le bistouri. — Ce paragraphe renferme le cas curieux d'une femme enceinte dont le fœtus mourut sans être expulsé et qui enceinte une seconde fois vit également périr son germe. Elle eut longtemps après un abcès de l'ombilic qui s'ouvrit et par lequel Albucasis retira successivement un grand nombre de petits os. Le chapitre se lermine par des considérations relatives à l'expulsion de l'arrièrefaix, ce qui complète un véritable petit traité d'accouchement trèsremarquable (1).
On trouve après ces différentes pratiques de l'art des accouchements, la ponction dans les cas d'imperforation de l'anus;
Le cathétérisme des fistules à l'anus pour s'assurer de leur pénétration ou de leur non-pénétration dans l'intestin, et le traitement parle stylet rougi ou par l'incision de ces fistules connu de nos jours;
L'excision des hémorrhoïdes fluentes et leur ligature par un double fil passé à la base, si le malade a peur de l'instrument;
Le traitement des blessures aux différentes régions, et dans les difl'érents tissus ou organes, d'après la cause vuliiérante ; et ici, Albucasis traite des plaies de poitrine et de l'abdomem avec tout ce qui regarde la suture des intestins;
Le traitement des fistules simples et osseuses, les amputation? dans la continuité des membres faites en tirant la peau au-dessus du point de section, marqué entre deux ligatures serrées, en coupant les chairs jusqu'à l'os, en sciant après avoir préservé les chairs avec un linge et en cautérisant s'il y a hémorrhagie;
(l) Des fiiils de ce genre se trouvent dans Cazeaux.
La cautérisation et l'excision del'onyxis, si les médicaments n'ont pas réussi, et enfin l'amputation de la phalange lorsque l'os est altéré;
L'incision ou l'excision des varices, l'extraction du ver de médine et du taon; l'incision de la peau tuméfiée dans une maladie appelée fugace et qui me paraît être notre angio-leucite (Il s'agit ;d'une tuméfaction et d'une douleur sur le trajet des vaisseaux du bras remontant à l'épaule où elle s'étend à l'instar d'un ver, — Sprengel n'y voit qu'un érysipèle volant; c'est fort contestable) ;
L'extraction des flèches traitée avec assez de développement comme l'ont fait Galien, Celse et Paul d'Egine ;
La saignée qui se pratiquait alors sur trente vaisseaux différents, les applications de ventouses et de sangsues termine ce second livre rempli d'intérêt et annonce une éducation chirurgicale trèsétendue, inspirée par une grande pratique.
Le troisième livre et dernier est consacré aux luxations et aux fractures. Il laisse beaucoup à désirer; c'est le plus faible des trois, bien qu'il renferme les bases essentielles de ce que l'on pratique aujourd'hui. Les fractures du fémur et les luxations de l'épaule en particulier, sont ce qu'il y a de plus défectueux.
Ce livre commence par un exposé général des signes des fractures et vient ensuite le traitement des fractures du crâne et de tous les os. Ce sont les luxations qui terminent l'ouvrage.
Bien qu'on puisse dire qu'Albucasis a reproduit Paul d'Egine comme celui-ci s'est inspiré de Celse et de Galien, il est évident qu'il a été plus qu'un compilateur, et il n'y a que les historiens de cabinet qui aient dit le contraire. Sa rédaction indique l'expérience d'un grand praticien et cela explique la réputation dont il a joui, infiniment plus grande après sa mort que dans le cours de son existence.