‹ Histoire de la médecineChapitre 19 sur 21 · uuiuinfi · texte numérisé non relu

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particularité quelque insignifiante qu'elle paraisse, qui n'ait été notée soigneusement dans l'histoire des maladies soumises à son observation. Enfermé dans le recueillement et le silence de l'Hôtel-Dieu de 4822 à 1826, c'est grâce à ses observations laborieuses, à cette méthode admirable, qu'il put, déjà célèbre par ses Recherches anatomico-pathologiques sur la phtisie pulmonaire, dégager un type morbide absolument distinct et par ses symptômes et par ses lésions spécifiques, la fièvre typhoïde, confondue jusque-là dans le chaos des fièvres essentielles putrides, adynamiques, bilieuses, ataxiques, etc., dont les anciens pyrétologues avaient encombré la nosologie. Et Gendrin, et Andral, et Chomel, et Lallemand, et Bouillaud, célèbre par ses beaux travaux sur le rhumatisme et les maladies du cœur, et Cruveilhier, le plus grand de nos anatomo-pathologistes, etBretonneau de Tours, le père de la diphthérie, et Trousseau son élève, le plus artiste et le plus éloquent des maîtres ; et Duchenne de Boulogne, auquel la pathologie du système nerveux doit de si importantes découvertes, et tant d'autres enfin, morts ou vivants dont les travaux sont là pour répondre à ceux qui toujours prêts à se ranger sous l'étendard du vainqueur, contestent à la médecine française la place qu'elle a acquise et que le talent de ses maîtres sait lui conserver.

A l'étranger, la clinique s'enrichit également de

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travaux d'une importance considérable. Ce fut en Angleterre : Abercrombie, Graves et avant lui Richard Bright qui, le premier, donna une description symptomatique complète des différentes formes d'inflammation du rein. En Allemagne la pathologie générale continue d'être en honneur; les idées physiologiques de Broussais, loin de s'éteindre comme en France, trouvent au delà du Rhin un accueil favorable : mais elles se modifièrent dans une certaine mesure, entre les mains de Naumann, de Henle, de Rokitanski, de Frérichs, etc., et grâce à leurs travaux, se fortifièrent de toutes les acquisitions que pouvait leur fournir le concours des travaux du laboratoire et des recherches expérimentales.

Si le xix° siècle a beaucoup fait pour la clinique, il n'a pas moins contribué aux progrès de la physiologie. De combien de problèmes n'a-t-il pas donné la solution? Il n'est pas une fonction de l'organisme qui n'ait été étudiée jusqu'au plus intime de son mécanisme : tout a été mis à contribution dans ce but. L'arsenal des laboratoires s'est enrichi d'une multitude d'appareils permettant de multiplier les expériences et d'en contrôler les résultats. La chimie a prêté ses réactifs ; l'électricité a fourni ses mille applications ; les lois de l'acoustique, de la lumière, de la chaleur, mieux étudiées et mieux connues, ont permis de descendre plus avant dans la pénétrante analyse des phénomènes

de la vie. Laënnec et surtout Rouanet, en 1832, donnent des bruits du cœur une théorie à la fois physiologique et physique. Ludwig, Helmholtz, Viérordt en Allemagne, puis Chauveau, Faivre et Marey en France appliquent la méthode graphique à l'étude des mouvements du cœur et des vaisseaux. Grâce à leurs travaux, grâce au sphygmographe, au cardiographe, etc., les moindres altérations dans le rythme et l'énergie fonctionnelle de ces organes, sont fidèlement enregistrés. Dutrochet en 1828 avait découvert l'endosmose et l'exosmose ; Wasmann de Berlin avait pu isoler la pepsine du suc gastrique : les recherches de Bouchardat, de Sandras, de Claude Bernard fixèrent la nature et le rôle du suc pancréatique; en 1852, notre grand physiologiste découvrit la glycogénie hépatique. Presque toutes les notions que nous possédons aujourd'hui sur les fonctions du système nerveux sont des conquêtes du xrx" siècle. La distinction des nerfs moteurs et des nerfs sensitifs date des travaux de Charles Bell et de Magendie; Marshall-Hall découvre le pouvoir excitomoteur de la moelle épinière, Flourens décrit dans le bulbe rachidien le point dont la lésion entraîne immédiatement la mort; c'est le nœud vital. La physiologie si complexe et si importante des nerfs vaso-moteurs, entrevue au siècle dernier par Pourfour du Petit, est élucidée par Claude Bernard et Vulpian, tandis que Romberg et Charcot recon-

naissent le rôle trophique du système nerveux. La découverte de l'ophtalmoscope par Helmholtz donne naissance à une science nouvelle ; celles des propriétés de l'œil et de ses maladies. Il n'est pas jusqu'aux plus obscurs et aux plus mystérieux problèmes des fonctions cérébrales qui ne commencent à recevoir un commencement de solution grâce à l'étude des localisations qui substituent aux systèmes hypothétiques de phénologie et de cranioscopie dont Gall et Spurzhein s'étaient fait les défenseurs, des notions certaines tirées de l'anatomie pathologique; Bouillaud, Dax et Brocalixent le siège de la faculté du langage : Helmholtz calcule la vitesse de la volonté. Enfin malgré la trop longue résistance opposée par la routine, l'ignorance ou la crainte bien excusable d'être compromis parmi les magnétiseurs et les charlatans, les phénomènes d'hypnotisme, de suggestion jusqu'à ces dernières années laissées dans l'ombre, malgré les remarquables travaux de Braid de Manchester (1843) sont devenus l'objet d'études approfondies entre les mains de nos plus grands neuro-pathologistes. Il y a là toute une catégorie de faits dont la nouvelle école de psychologie commence à tenir compte, et qui intéressent au plus haut degré les médecins légistes et ceux qui s'occupent de l'aliénation menlale.

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