‹ Histoire de la medicine et des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 68 sur 141 · SECTION IV · texte numérisé non relu

SECTION IV

De l'anatomisme à la renaissance des sciences et dos lettres

Comme je viens de le dire, c'est à Mondini de Milan en 1306 qu'il faut rapporter l'honneur d'avoir remis l'anatomie humaine en pratique, d'où le nom de restaurateur de l'anatomie sous lequel on l'a désigné.

On l'a accusé d'avoir tout copié son livre dans Galien, mais .c'est là une accusation faite à la légère, comme quelques médecins ont la détestable habitude d'en formuler contre ceux de leurs confrères que le savoir élève au-dessus du niveau commun. — Rien ne prouve qu'il en soit ainsi ; — car au milieu d'un fonds général qu'il ne pouvait inventer, se trouvent des remarques anatomiques personnelles qui prouvent qu'il avait disséqué des cadavres humains. — Chacun de ses chapitres est suivi de remarques de chirurgie qui indiquent combien il était déjà instruit dans cette partie de la science et, sous le double rapport de l'anatomie et de la chirurgie, son ouvrage fut le seul qui servit aux praticiens pendant de nombreuses années. — Il a eu l'honneur de servir à en préparer d'autres, et c'est d'après lui que se sont formés Gabriel Zerbi de Vérone, professeur à Padoue et àRome; Alexandre Achillini de Bologne, 151°2; Nicolas Massa, 1559; Gonthier d'Andernach en France, 1536; Bérenger de Carpi et tous les anatomistes du xive et du xve siècle.

Il faut arriver jusqu'à Vésale, en 1539, pour voir s'opérer une vraie révolution anatomique marquée par un contrôle plus direct et plus général des descriptions anatomiques précédentes.

Horriblement attaqué et calomnié par Jacques Sylvius, par Riolan, doyen de la faculté de Paris, et par une foule de contemporains, serviles complaisants de la science officielle, il ne se détourna pas de son but, et ses dissections sur les cadavres humains, pris au charnier des Innocents, le mirent bientôt au premier rang. Après avoir étudié à Montpellier, il vint enseigner à Paris, puis à Louvain, sa patrie, et à Padoue, où la république de Venise l'avait fait appeler. — C'est en 1539 qu'il publia l'atlas qui l'a immortalisé, et dans lequel il n'hésita pas à signaler toutes les erreurs qu'il put découvrir dans les oeuvres de Galien et de ceux qui l'avaient précédé.

Sans être complète, son ostéologie est des plus remarquables et, soit- dit en passant, il montra que l'os du cœur, admis jusque-là, n'existait point, pas plus que l'os sans poids incorruptible et incombustible sur lequel devait s'opérer la résurrection et dont la théologie admettait l'existence

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II établit que le sternum n'a que trois pièces au lieu de sept décrites par Galien, et alors Jacques Sylvius, partisan de la tradition, ne trouve rien de mieux à répondre après avoir constaté l'exactitude du fait, que c'est la race humaine qui a changé de forme et que nos contemporains rabougris n'ont plus la vaste poitrine des Romains disséqués par Galien.

Les cartilages bien étudiés, les muscles devenus plus nombreux par suite d'une dissection plus habile, les ligaments convenablement isolés sont décrits de même, de visu, d'après l'étude des cadavres disséqués avec plus de jour.

Dans sa troisième parlie, il expose la configuration des veines et de leurs valvules; la disposition du cœur dont la cloison n'est pas perforée, comme le disait Galien ; celle des artères, des nerfs du cerveau et de la moelle épinière ; puis vient la description des viscères du bas-ventre, de la poitrine et de la tête où l'on retrouve les mêmes qualités descriptives que dans les livres précédents.

Tout cela nous semble incomplet, et l'est en réalité ; mais si l'on se reporte aux temps de ces recherches, on verra qu'elles étaient un immense progrès et que la réputation de l'auteur est bien méritée. — Bien qu'il y eût encore beaucoup à faire, que certaines descriptions incomplètes laissassent à désirer, l'impulsion était donnée et ne devait plus se ralentir.

Vésale est, en effet, l'homme dont les travaux ont le plus contribué aux progrès de l'auatomie moderne, et son mérite lui suscita, comme toujours, les plus ardentes inimitiés. — C'est à ce point, qu'étant appelé à Madrid comme premier médecin de Charles-Quint, il fut accusé d'avoir ouvert encore vivant un gentilhomme qu'on croyait mort et qu'il fut exilé par l'inquisition en Palestine où il mourut. J'ai voulu vérilierla réalité de ce fait dans l'histoire de l'inquisition espagnole, dans la Biographie de Vésale par Burgraeve, et nulle part on ne mentionne le nom du gentilhomme ni les circonstances de ce t'ait qu'on peut considérer comme apocryphe (voir E. Bouchut, Traité dessignes de la mort, p. 21). — Il n'y a de vrai que le voyage à Jérusalem entrepris dans un but de santé, car Vésale n'y est pas mort, et d'après Portai, il aurait (Histoire de VAnatomie, tome I, page 508) même été nommé à Padoue pour succéder à son élève Fallope qui venait de mourir. — Il est assez d'usage parmi ceux qui croient que l'histoire de la médecine n'est qu'une affaire de date et de bibliographie ou de linguistique, plutôt qu'une affaire de doctrine, de dire que Y Histoire de l'anatomie de Portai est remplie d'erreurs. — Il faut revenir de ce jugement. — L'histoire de Portai est la seule où l'on trouve de suffisants détails sur les analomistes pour

les bien connaître et ceux qui la critiquent sont bien heureux d'y trouver des renseignements qu'ils ne sauraient trouver ailleurs. Quoi qu'il en suit, les successeurs de Vésale continuèrent ce qu'il avait si hardiment commencé. — Parmi eux je citerai :

Gannani, célèbre par ses découvertes sur les interosseux, sur les muscles et sur la valvule de la veine azygos ; — Philippe Ingrassias, par son ostéologie minutieuse, sa découverte de l'étrier et la description de l'os basilaive; — Gabriel Fallope, auquel on doit tant de recherches importantes et qui est mal à propos regardé comme le premier qui ait découvert les trompes de la matrice qui portent son nom, car l'honneur de cette découverte appartient à Hérophile ou plutôt à Rufus d'Ephèse (Dutens, origine des découvertes attribuées aux modernes. Vol. II, part, m, chap. I, n° 193, p. 27). — C'est lui qui a donné à la membrane du tympan le nom qu'elle porte ; il raconte que lorsque les anatomistes manquaient de cadavres, ils demandaient aux princes de leur accorder un criminel qu'ils faisaient périr par l'opium et qu'ils disséquaient ensuite (V. Sprengel, p. 12, tom. IV). — Je mentionnerai également : — Guido Guidi, qui a fait connaître les sinus pétreux ; — B. Eustache, qui décrivit les trompes qui portent son nom ; — Cardan; — Colombo ; — Fabrice d'Aquapendente; — Aranlius l'embryologiste; — Varole, célèbre par ses études sur le cerveau; — Servet, qui fit connaître la petite circulation pulmonaire, ainsi que Colombus et A. Césalpin; — Botal, dont le nom se rattache à la découverte du trou ovale et du canal artériel déjà connus avant lui; — Riolan; — Bartholin et tant d'autres qui, après avoir contrôlé ce qu'on croyait être la vérité, eurent la gloire de confirmer ce qui était connu, et d'accroître le domaine de la science par de nouvelles découverles anatomiques.

Si je faisais une histoire de l'anatoinie, je devrais exposer une à une, dans leur ordre d'apparition, les découvertes petites ou grandes qui ont illustré tout ce quinzième siècle, mais je ne parle ici de l'anatomie que dans ses rapports avec les doctrines médicales et les méthodes qu'elle a inspirées. Je serai donc obligé de me restreindre.

Bien n'est inutile en anatomie descriptive, car cette partie de la science doit être complète, seulement parmi les découvertes de cette époque je veux choisir et n'insister que sur celles qui ont des appliplications directes avec la pathologie médicale et chirurgicale. Il n'en faut pas plus pour montrer les heureuses conséquences de celte introduction des études anatomiques et de l'expérimentation sur la marche et les progrès de la science.

En ostéologie, eurent lieu en 1489 la découverte de Vcnclutneet

du marteau avec leurs usages; — du vestibule, du labyrinthe par Vésale ; — du manche du marteau par Etienne ; — de YÉtrier en 154-8, par Ingrassias ; — des trompes, déjà un peu connues, par Eustache; — du Tympan par Bérenger; — des Sinus pétreux par Guidi; — de l'os Basilaire par Vésale; — des cornets inférieurs par Bérenger; — des os ivormiens par Alberti; — du nombre véritable des pièces du sternum réduites à trois par Vésale au lieu de sept admises par Galien; — des cinq pièces du sacrum par Vésale, etc.

En Myologie, Fallope rectifiait les erreurs accréditées sur les muscles de l'œil et découvrait Yoccipito frontal ; — Coyter découvrit le sourcilier ; — Vésale \epterygoïdien interne auquel Fallope ajouta les pterygoïdien et peristaphylin externes; — Eustache le Stylo-Hyodien; — Fallope les trois Scalènes au lieu d'un qui était admis par Galien ; — Vésale le coraco-Brachial, etc.

En angéiologie, la direction et l'usage des veines et des artères fut mieux comprise et préludait à la découverte de la grande et petite circulation de Harvey, dont je parlerai dans un instant. Puis vint la découverte des vaisseaux lymphatiques et lactés avec leur réservoir commun, par Aselli et Pecquet.

La splanchnologie s'enrichit également d'études sur le péritoine par Massa, Sylvius et Vésale; — sur la muqueuse intestinale et ses valvides par Fallope ; — sur le cœcum et sa valvule par Bauhia; — sur les reins par Bérenger ; — sur le mèdiastin par Vésale; — sur les cartilages arythénoïdes par Bérenger; — sur les glandes lacrymales, sur les organes génitaux, sur les ligaments de V utérus, sur les trompes, etc.

En névrologie — le nerf olfactif était reconnu par Metzger et le quatrième ventricule ou citerne du cervelet par Aranzi ; — la quatrième paire de nerfs par Achillini ; — la sixième par Eustache ; — la description du glosso-pharyngien et sa séparation d'avec la sixième paire par Fallope, etc.

Au commencement du xvne siècle, l'ardeur des études analoiniques un instant ralentie par la disparition des princes de l'Italie qui avaient favorisé leur essor se propagea dans les pays voisins, et bientôt le mouvement reprit avec une nouvelle activité; c'est le siècle dans lequel Harvey a découvert \& circulation du sang ; — Aselli et Pecquet la circulation des vaisseaux lymphatiques et celle du canal thoracique; — Malpighi la structure des Glandes; — de Graaf la présence des vésicules ovariques ; — et Ruysch Part des plus fines injections anatomiques.

Autour de ces grands noms qu'immortalise une découverte se-

rieuse dont l'influence sur les doctrines médicales a été très-grande, il y en a une foule d'autres recommandables par des recherches qui pour être moins originales n'en ont pas moins une certaine importance. Les citer tous dépasserait le but que je me propose dans ce livre consacré aux doctrines, mais en voici quelques-uns :

En France, parmi les noms les plus célèbres il faut citer : Jean Riolan (1607-1657), érudit célèbre, qui fit beaucoup d'anatomie et auquel on doit des travaux sur le péritoine et sur Yepiploon, sur X appendice cœcal, sur la vésicule Biliaire, sur les testicules, sur V utérus, sur les valvules de la veine azygos, sur les injections d'air dans les vaisseaux, ou anatomie pneumatique, sur le mouvement du sang, etc. Il a été l'un des adversaires les plus acharnés de la découverte de la circulation de Harvey et de la découverte des chylifères dePecquet.

Habicot (1621), anatomiste et chirurgien très-fortement attaqué par Riolan pour sa giganstologie, auquel on doit une bonne description des muscles interosseux, des muscles du pharynx, des muscles des lèvres, de Y œsophage, des médiastins; du cœur et des vaisseaux, etc.

Vieussens (10 il), qui a laissé un grand nombre d'ouvrages anatomiques importants parmi lesquels il faut citer sa névrologie. Ce fut en même temps un Chimiàtre très-partisan de la fermentation.

Pierre Duverney (1701) et Jean Duverney, son fils, infiniment plus célèbre et qui a publié un grand nombre de travaux d'anatomie et de chirurgie.

Claude Perrault, dont j'ai parlé à propos de l'Iatro-mécanisme et qui est bien connu par ses travaux sur le larynx et sur la théorie de la voix.

Littre (1658-1725), auquel on doit une bonne description de l'wrètre, des ovaires et de remarquables travaux sur les hernies et sur les plaies du ventre.

Mery (1645-1722), auteur de travaux anatomiques sur V oreille et d'un grand nombre de publications chirurgicales.

En Allemagne, Rolfinck d'Iéna (1645), qui a publié différentes dissertations anatomiques sur les os, sur les muscles, sur les nerfs et sur les viscères ainsi que sur la chirurgie; — Schneider (1641), qui a laissé beaucoup de recherches anatomiques, entre autres celles sur les fosses nasales et sur la membrane qui porte son nom; — Maurice Hoffman (1685), qui a fait un bon commentaire de V anatomie de Jean Horne; — Meibomius (1697), qui a laissé son nom aux petites glandes des paupières; — Peyer (1677) et Brunner (1672), qui sont connus par d' 'excellents travaux d'anatomie,

notamment par leurs recherches sur les follicules de l'intestin ; — Bohn, de Leipsick (1668), à la fois anatomiste, chirurgien et physiologiste, auquel on doit de bons travaux sur la génération, sur la circulation et sur les glandes, etc.

En Hollande : Walens (1670), qui s'est fait remarquer par la défense qu'il fit contre Primerose et Parisanus de la découverte de Harvey sur la circulation; Sylvius De le Boë (1641), auteur de beaux travaux anatomiques, mais beaucoup plus connu par sa Chimiâtrie (V. le chapitre relatif à cette doctrine) ; — J. de Horne (1652), disciple de Severin, anatomiste et chirurgien, un des premiers qui ait décrit le canal thoracique chez l'homme, auteur d'un livre assez célèbre sur le microcosme, de recherches sur les glandes salivaires, etc. ; — de Graaf (1664), auteur de bonnes recherches sur les glandes, sur le pancréas, sur les organes de la génération, notamment sur ceux de la femme et sur les ovaires où il a décrit les vésicules qui portent son nom; — Diemerbroeck (1649), qui a fait de bons travaux sur la valvule cœcale, sur les lymphatiques, sur le thymus, sur le cerveau et sur la circidation qu'il professait selon la doctrine de Harvey; — Leuvenkoeck (1657), si connu par ses travaux microspiques sur l 'anatornie de texture de tous les tissus, alors que le champ n'avait pas encore été exploré, de sorte que ses découvertes en ce genre sont innombrables ; — Antoine Nuck (1685), dont la sialographie, les travaux sur les glandes, sur les lymphatiques sont encore très-appréciés; — Swammerdam (1637- 1680), natif d'Amsterdam, connu par ses innombrables travaux d 'anatornie comparée surtout chez les insectes et par ses recherches anatomiques et physiologiques sur la respiration, sur la structure de la moelle êpinière, sur les vaisseaux de la matrice, sur les ovaires et les vésicules ovariques, etc.

Werheyen (1648-1710), auteur d'un traité d' anatornie, fort discuté et cependant qui a fait époque bien qu'il ne renferme pas de découverte importante.

Godefroy Bidloo (1649-1713), d'Amsterdam, anatomiste et chirurgien, auquel on doit de nombreuses recherches anatomiques et surtout un atlas important d'une centaine de planches gravées.

Eu Danemarck, Thomas Barlholin (1637-1680), un des plus grands anatomistes duxvir3 siècle, connu par une grande quantité de dissertations anatomiques, par ses recherches sur les veines lactées, par son histoire des vaisseaux lymphatiques dédiée à Riolan, par sa célèbre épitaphe de la mort du foie dépossédé du rôle que lui attribuait le galénisme et par de nombreuses observations chirurgicales.

ANATOMISME ET ÉCOLE ANATOMIQUÈ MODERNE 319

Nicolas Sténon, de Copenhague (1638-1685), célèbre anatomiste, devenu évêque catholique de Tiliopolis, professant à la fois l'analomie et la religion. — Il nous a laissé de nombreux et importants travaux analomiques, notamment celui qui a pour objet les glandes salivaires et où se trouve la description du canal excréteur de la parotide qui porte son nom. C'est aussi à lui qu'on doit la découverte du canal excréteur de la glande lacrymale.

En Suède, Olaus Rudbeck (1630-1702), auquel on doit en 1650 la découverte des lymphatiques dont j'ai parlé précédemment et qui lui a été contestée par Batholin .

En Angleterre, Harvey,'si connu par la découverte de la circulation qui immortalise son nom et qui en outre a laissé d'autres travaux beaucoup moins appréciés sur la génération. J'en reparlerai plus loin.

Glisson, de Cambridge (1677), très connu par ses travaux sur le foie et sur la capsule qui l'entoure; sur le rachitisme; sur la contractilité (de natura substancia energetica, 1672), sur la diminution des muscles pendant la contraction, etc.

Warthon, de Londres (1685), connu par un très-beau travail sur Y anatomie de toutes les glandes en général et dans lequel se trouve la découverte du conduit excréteur des glandes maxillaires qui porte son nom.

Willis (1622-1675), à Londres, moins connu comme anatomiste que comme physiologiste et auquel on doit cependant des recherches anatomiques sur le cerveau et sur les nerfs qui ont une grande importance.

Higmore (1651), connu par de nombreuses recherches sur les lymphatiques, sur les glandes, sur le sillon des côtes qui dans l'espace intercostal longe les vaisseaux et sur les sinus de l'os maxillaire où se trouve Y antre qui est appelé de son nom.

Richard Lower (1691), connu par son ouvrage sur la structure du cœur, sur ses essais de transfusion chez les animaux, sur Y œdème et sur la paralysie qui résultent de la ligature de la veine cave; sur les sinus de la dure mère, etc.

Guillaume Cowper, de Londres (1694), célèbre chirurgien qui a fait de bons travaux anatomiques sur la myologie avec des figures gravées; et qui s'est ensuite compromis en publiant sans nom les figures de l'atlas de Bidloo.

Dans le xvme siècle, le nombre de ces analomistes, chirurgiens

et physiologistes augmente encore; il est incalculable et on n'a que l'embarras du choix pour en citer de célèbres. Parmi ces illustrations je mentionnerai :

En Italie, Lancisi, qui a publié les planches d'Eustachi; — Pacchioni et ses recherches sur la dure-mère, sur V arachnoïde et sur les glandes qui portent son nom ; — Bianchi et ses recherches sur \efoie; — Valsai va et ses travaux sur l'oreille; — Fanloni père et fils ; — Caldani; — Fontana; — Gotugno ; — Moscati; — Spallanzani;

— Rezia. — Santorini, sur la structure et le mouvement des muscles ; Zinn et ses travaux sur l'œil; — Morgagni, — Scarpa, — Palelta.

— Brugnone; — Mascagni, etc.

En France, Winslow; — Tarin; — Senac ; — Lecat; — Courcelles; — Demours; — Pourfour du Petit; — Bertin; — de Lassone; — Sue; — Ant. Petit; — Lieutaud; — Bordeu; — Bonhomme; — Lobstein; — David; — Sabatier; — Portai; — Vicq d'Azyr; — Desault; — Tenon; — Bichat.

En Allemagne, Heister; — Weitbreicht; — Cassebohn; — Lieherkuhn; — J. J. Meckel; — Th. Yalter; — Wrisberg ; — Blumenbach , Reil; — Fischer; — Mayer; — Soemmering; — Hildebrandt; etc.

En Angleterre, J. Douglas; — Cheselden; — Wintringham; — Guillaume et John Hunter; les deuxMonro; Jenly ; Hewson, Cruikshand.

En Hollande, Albinus; — Camper; — Bonn — Sandiforl.

En Suisse, le grand Haller auquel on doit la grande physiologie et la découverte de l'irritabilité qui a joué un si grand rôle dans les doctrines médicales du xvme et xixe siècle. (Voir le chapitre de l'Irritabilité.) J'en reparlerai plus loin.

Ce qui a été fait dans ces trois siècles par tous ces anatomistes comme découvertes et descriptions d'organes, distribution de vaisseaux et de nerfs, structure de tissus (glandes, muscles, nerfs, substance cérébrale, etc.), applications physiologiques et chirurgicales est immense et confond la pensée. S'il fallait en écrire l'histoire il faudrait y employer des volumes et cela changerait entièrement la nature de cet ouvrage. — D'ailleurs cette histoire a été

bien faite selon moi par Portai (I) que j'ai lu avec infiniment de profit et dont j'ai été beaucoup plus satisfait que son critique Sprengel.

A mon point de vue, ne voulant établir ici que l'influence exercée par les découvertes anatomiques sur les doctrines médicales, sur les systèmes de pathologie et de physiologie, sur les méthodes thérapeutiques ou diagnostiques telles que la chirurgie et l'organoscopie, je me bornerai à celte simple énumération. — Seulement, après avoir montré quelles ont été les conditions du progrès de l'analomie depuis l'époque de la renaissance, je vais m'occuper de prendre parmi ces découvertes celles qui ont eu pour la science les résultats les plus considérables.

Il en est plusieurs qui sont particulièrement importantes et dont les résultats font date dans l'histoire. La physiologie et la médecine lui doivent tout leur essor dans les temps modernes. Ce sont :

La découverte de la circulation du sang. — La découverte des chylifères et de la circulation du système des lymphatiques. — La découverte de la structure des glandes et du mécanisme des sécrétions. — La découverte des spermatozoaires et des ovules devant aboutir à la véritable théorie de la génération. Enfin la découverte de l'irritabilité — des phénomènes chimiques de la digestion — et des fonctions de la moelle et des nerfs. — Mieux que tous les discours elles montrent l'importance de l'anatomie et de la physiologie appliquées à la médecine et l'utilité des recherches physiologiques.

Plus loin, je ferai ressortir tout ce que la chirurgie a gagné en précision par l'étude plus complète des rapports que présentent les organes entre eux, mais pour l'instant, je vais indiquer quels ont été les résultats fournis à la médecine proprement dite par la connaissance des circulations sanguine et lymphatique, par la structure des glandes, par l'irritabilité et par la découverte des phénomènes chimiques de la digestion ou des fonctions de la moelle et des nerfs.

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