‹ Histoire de la medicine et des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 9 sur 141 · THÉORIES CHIMIATRIQUES DE SYLVIUS DE LE BOË · texte numérisé non relu

THÉORIES CHIMIATRIQUES DE SYLVIUS DE LE BOË

Dans ses travaux anatomiques et physiologiques appuyés sur de nombreuses autopsies, on remarque que ce qu'il a laissé sur l'anatomie du cerveau est relatif: à la scissure qui sépare le lobe antérieur du lobe moyen et qui porte son nom ; au canal de communication entre le troisième et le quatrième ventricule, et aux petits sinus latéraux; à la description d'un canal excréteur supposé de la glande thyroïde, à celle du canal sécréteur des reins, des glandes salivaires et enfin aune assez bonne description du cœur et de la circulation selon la récente doctrine de Harvey qu'il fut un des premiers à comprendre et à propager. — C'est là un fait très important et à l'honneur de Sylvius.

Sa physiologie du foie était très-singulière, pour ne pas dire plus, et elle consistait à dire que la bile était sécrétée par les artérioles de la vésicule et, que, de ce réservoir, elle remontait dans la glande pour se mêler au sang qui refluait des veines hépatiques dans la veine cave et d'autre part qu'elle descendait dans le duodénum. — On est tout aussi peu satisfait de sa physiologie de la rate qui est chargée de recomposer le sang et de celle des glandes lymphatiques. Tout cela est rempli d'hypothèses aujourd'hui abandonnées.

En matière de digestion, Sylvius est peut-être plus près de la vérité. La transformation des aliments est une fermentation produite dans l'eau des boissons par la chaleur ou ustion, par le sel contenu dans la salive et par les parties spiritueuses de la liquide. — Cette fermentation continue dans l'intestin sous l'influence du suc pancréatique, des sels acides et lixivieux de la bile qui font effervescence et alors s'opère la transformation en chyle qui est absorbé, et en fèces qui sont rejetées au dehors. — Quant à la respiration qui rafraîchit le sang bouillant d'effervescence par le mélange de la bile et de la lymphe, elle s'opère surtout parle diaphragme qui s'aplanit pendant l'inspiration et se voûte ou se redresse pendant l'expiration.

T! connaissait très-bien la différence de couleur des deux sangs du cœur droit et du cœur gauche, et il attribuait la leinle rouge du

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sang artériel à l'air absorbé par la respiration (Praxis med., lib. I, cap. XXV. § I). C'était quelque chose d'analogue à la combustion et Partivité du phénomène était en rapport avec la température et la pureté de l'air. — L'air introduit dans le corps tempérait la chaleur produite par l'effervescence du sang dans l'oreillette droite et l'expiration avait pour but d'éliminer les vapeurs nées de cette effervescence (Disput. de respiratione ,.§ 69, 73).

En pathologie Sylvius, inspiré de Galien sur beaucoup de points d'étiologie et de pathologie, se caractérise dans l'histoire de la science par le rôle important qu'il accorde aux altérations chimiques des liquides et à la doctrine pathogénique des fermentations et de Vâcreté des humeurs.

Reprenant pour lui-même la théorie des ferments de Van Hel mont, il déclare qu'on ne peut supposer un seul changement dans le mélange des humeurs qui ne soit la suite de la fermentation. Cela est vrai en général. Pour lui, la digestion est une fermentation opérée parla salive acide, par la bile alcaline parle suc pancréatique acide qui font effervescence et engendrent le chyle pénétré de l'esprit volatil des aliments accompagnés d'huile subtile et d'alcali neutralisé par un acide affaibli (Sprengel, tom. V, p. 62).

La formation et le mouvement du sang résultent de l'effervescence du sel volatil huileux de la bile et de l'acide dulcifié de la lymphe, ce qui produit la chaleur vitale par laquelle le sang s'atténue et devient susceptible de circuler. C'est dans l'oreillette droite et le ventricule attenant, que le sang rencontre l'autre portion chargée de bile et, à ce contact, il se produit une effervescence comparable à celle qui résulte du contact de l'huile de vitriol étendue d'eau avec lalimaille de fer. — Que d'hypothèses ou plutôt que d'erreurs, quand oncompare cette physiologie avec la nôtre ! mais il serait bien injuste de lui en faire un sérieux reproche.

Pour lui, tous les changements survenus dans les humeurs étaient la conséquence de la fermentation. La vie était le résultat d'une fermentation de la bile et de la lymphe unies au sang et opérant dans le cœur. Le sang recevait toutes les humeurs en proportion variable dont les mélanges divers créaient les maladies. — Il y avait dans la bile, un alcali, une huile el un acide qui, par fermentation, donnaient lieu à une chaleur exagérée, imprimant au sang une activité circulatoire plus grande.

Il signale aussi l'âcreté des diverses humeurs, leur âcreté alcaline qui produit leur dissolution, leur àcreté acide et, dans cette altération, il trouve le point de départ de sa théorie pathogénique.

Dans cette hypothèse, les maladies étaient dues à la prédominance

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