‹ Histoire de la mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 24 sur 118 · DES RE RE D · texte numérisé non relu

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L'EspritSaint, qui lui parlait sans cesse au cœur par des gémissements ineffables, lui faisait aussi entendre su voix par la bouche de tous les étres de la création. Elle entendait sans cesse élever de tous Les objets de la nature un concert de suaves accents qui murmurait à son orcille le nom du Seigneur, et les merveilles de son amour. Mais de tous les objets extéricurs dont Dieu se servait pour Pinstruire, nul ne lui usait une impression aussi vive, nul ne Ja ravissait davantage que les saintes cérémonies de Péglise, En lui mettant sous les yeux ces augustes symboles, l'Esprit-Saint lui découvrait la manne cachée qu’ils renferment. Eclairant son intelligence d’une lumière surmaturelle, il lui en révélait le sens mystérieux, et les rapports qui les rattachent à la Divinité.

“ L’admiration qu’excitait en mon esprit la sainteté et la majesté des saints mystères fortifiait ma foi, augmentait mon amour et me liait à Notre-Seigneur d’une manière toute extraordinaire. Je m’épanchais en actions de grâces de ce qu’il lui avait plu de me faire naître de parents chrétiens et catholiques, et de ce qu'il m'avait appelée à la vocation de fille de l'Eglise. Plus j’avançais en connaissance, plus J'avais de sentiments d’amour pour ces saintes céré-

monies de PEglise ; et lorsque je voyais aux proces-

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sions la croix et la bannière que les chrétiens ont coutume de suivre, mon esprit et mon cœur tressuil: laient de joie, J'avais vuun chef militaire logé dans nos quartiers, et J'avais remarqué que ses soldats le suivaient avec leur drapeau lorsqu'ils allaient à leurs exercices, Voyant done le erucifix attaché à la croix et la bannière avec ses figures, Je disais en moi méme: Ah! voilà aussi mon chef, voilà sa banniere, je la veux suivre, comme les soldats suivent la leur. Et ainsi je suivais la procession avec un grand

sentiment de ferveur. Javais les veux fixés sur le crucHix et j’allais répétant sans cesse dans mon cœur: Ah! c’est là mon chef, je le veux suivre.

‘ J'avais une foi si vive pour tout ce qui se fait à l’église, qu'il me semblait que c'était ma vie et mon aliment.

‘ En ce temps-là, je me hâtais d'entrer des premières dans les églises, afin d'y voir les saintes cérémonies et l’oflice solennel qui s’y faisait. Toute mon occupation dans l’intérieur du temple était de voiret entendre. Un jour dans une procession du Très- Saint-Sacrement, mon cœur et mon esprit furent si ravis en Dieu au sujet de ce sacrement d’amour, que je ne voyais pas à me conduire, J'avais la vue couverte, en sorte que je marchais au hasard et comme une personne ivre.”

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