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PREMIERE EPOQUE [ou
extérieurement, Toutes les pensées de mes affaires ne furent ôtées de li mémoire, Cela se fit par une subite abstraction d'esprit, et le tout se passa dans limérieur, mais d’une vue et expérience si vive et si penétrapte que je ne puis Pexprimer. Alors les yeux de mon esprit furent ouverts, et toutes les fautes, péchés et inperlections que Pavais comimises depuis que j'étais au inonde, me furent représentés ensemble eten détail, avec une distinetion et une clarté qui ne peuvent venir que d’une lumière céleste. Au mème instant, je me vis plongée dans une mer de sang et mon esprit fut convaincu que ce sang était celui du Fils de Dieu, de Peffusion duquel Pétais coupable, et qui avait été répandu pour inor salut.
Ni ia bonté de Dieu ne nreut soutenue dans cette rencontre, Je crois que je fusse morte de frayeur, tant la vue du péché, tout petit qu’il puisse étre, me paraissait horrible et épouvantable, Nulle Fangue humaine ne le peut exprimer. En eflet voir un Dieu d'une bonté infinie et d’une pureté incompréhensible ollensé par un vermisseau de terre, test ce qu surpasse lPhorreur mème. Je dis plus ; un Dieu fait Homme mourir pour expier le péché, et répandre son sang précieux pour appaiser son Père, et par ec moyen lui réconcilier les pécheurs, il ne se peut dire ce que Pâme conçoit en ce prodige.
“ En ce moment, mon cœur se sentit ravi en moieme et tout changé en l'amour de celui qui lui avait
fut cette insigne miséricorde. J'en ressentis une
douleur et un regret de lavoir offlensé, le plus grand qu'on puisse imaginer; non, il ne se peut Hnaginer. Ce trait de Pamour fat si pénétrant et si inexorable que pour le satisfaire je me fusse Jetée dans les flammes ; et ce qui est le plus Imcomprehensible, sa rigueur me semblait douce ; il portait des charmes et des chaines qui liaient et attachaient Pâme, afin de la conduire où il voulait, et elle de su part s’estimait heureuse de se laisser ainsi captiver. Or, en cet excès, je me voyais toujours plongée dans ce précicux sang, de Peflusion duquel Pétais coupable, et c’était ce qui causait mon extrême douleur. Enfin le même trait d'amour, qui avait ravi mon àme, me pressait de me confesser.
“Je ne sais combien de temps je demeurai ainsi arrêtée, debout ; je ne me souviens point non plus, que j'eusse aucune vue des yeux, ni que je fisse aucune action du corps; mais seulement q'étant revenue à moi et me reconnaissant, Je vis que étais dans le chemin qui traverse du haut fossé à Péglise des Feuillants. Je me trouvai vis-à-vis de la petite chapelle de ces révérends pères qui ne commençaient qu’à s’établir à Tours ; et je me trouvai heureuse de trouver un remède si proche. J’y entrai et rencontrai un père seul debout an milieu de la chapelle, lequel semblait n’y être que pourm’attendre. Je labordai et lui dis, pressée par Pesprit qui me conduisait : Mon père, je voudrais bien me confesser, car jai commis tels
péchés et telles fautes. Et je commençai de lui dire