CHAPITRE SIXIEME
avissement sur le mystère de la Sainte-Trinité — L'alliance mystique.
’est maintenant que le ciel va s’ouvrir, et que l'amante du Christ, s’élevant sur les ailes du sacrifice et de Pamour, va s’élancer à des hauteurs infinies, plonger dans des profondeurs insondables, et pénétrer jusque dans les arcanes de Péternité, d’où elle va nous rapporter des merveilles que l'œil de l’homme na jamais vues, et que son oreille n’a jamais entendues. Elle-même avoue que les paroles lui manquent pour en donner une idée; et qu’elle ne peut que
balbutier ce qui est inexprimable dans le langage
humain. ‘Car, dit-elle, cette vision n’était rien de ce qui tombe sous les sens ni sous la parole; c’était une impression sans forme et sans figure, une chose si spirituelle qu’il n’y a point de aiction qui en
approche. Ce n’était pas une lumière, car la lumière,
toute spirituelle qu’elle soit, tient encore quelque chose de la matière, et peut tomber sous les sens, c’est-à-dire sous la parole. Cette impression était plus claire et plus intelligibie que toute lumière; en un mot, c'était une chose qui venait de Dieu méme ; elle portait, dans son impression, la grandeur de |:
Majesté divine et se montrait à l’âme avec une netteté
et une pureté indicibles, par un regard fixe, épuré et
libre de toute ignorance, sans interruption, sans succession, instantanément et d’une manière ineffable.”
Pendant les cinq heures que dura ce ravissement, elle contempla les impénétrables mystères de Padorable Trinité. Son regard, miraculeusement aflermi, aperçut, au milieu de lempyrée, le point lumineux au fond duquel brille, d’une clarté insoutenable à l'œil, le mystérieux triangle aux cotés éternellement égaux, le triple cercle, égal en mesure, divers en couleur, dont les éternelles irradiations éblouissent les bienheureux : la splendeur du premier se réflechissant sur le second, et le troisième ressemblant à
une vapeur émanant des deux autres." Ainsi lni