‹ Histoire de la mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 57 sur 118 · Char · texte numérisé non relu

Char

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sauvages, Son espoir ne fut pas trompé; car, contre Pattente générale, a sentence du parlement décida en sa faveur, Sa famille ne put empecher de reconnaitre, dans cet événement, le doigt de Dieu, et se reconeilia avec elle,

Cependant le bruit était répandu quelle était mariée avec M, de Bernières ; et comme ils étaient tous deux tres-avancés dans la perfection, ce mariage étonna tout Le monde, et leur attira les plus amères railleries. Madame de la Peltrie ne répondait à toutes ces attaques que par un doux sourire, disant, avec modestie, qu'elle n'avait fait que suivre la volonté de Dieu,

Une telle conduite pent encore aujourd’hui paraître étrange à bien des personnes ; mais outre que Pavenir fit bien voir que c'était une inspiration du ciel, nous pouvons répondre, avec un savant et pieux auteur, ! que nous ne devons point juger ceux que Dieu se charge Tui-méme de conduire, C’est ici, ajoute-t-il, qu'il faut se rappeler cette parole de Saint Paul, que l'homme spirituel nest jugé par personne. Dieu se plait quelquefois à mener les grandes âmes par des voies extraordinaires, qui déconcertent nos courtes vues et choquent notre faible raison; mais il serait téméraire de les blamer parce qu'on n’entrevoit pastont

le dessein de Dieu sur elles. Madame de la Peltrie et

1. Charles Sainte-Foi, auteur d’une courte esquisse de la vie de Madame de la Peltrie, d’où nous avons tiré une partie de cette notice.

M. de Bernières avaient d’ailleurs pris toutes les précautions que conseille la prudence chrétienne, pour s'assurer que leur conduite était agréable à Dieu; et ce n’est qu'après avoir consulté des hommes sages, pieux et expérimentés, qu'ils se décidèrent à agir contre les règles communes : d'autant plus que les mœurs et les usages de l’époque où ils vivaient rendaient cette conduite beaucoup moins singulière qwelle ne le serait aujourd’hui.

Au reste, l’orage que cette démarche avait suscité dans le monde ne tarda pas à se dissiper, et Madame de la Peltrie ne songea plus qu’à se rendre à Paris,

afin de s’occuper activement de sa fondation.

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