‹ Histoire de la mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 6 sur 118 · Nom que les sauvages donnaient au P. de Brebeu · texte numérisé non relu

Nom que les sauvages donnaient au P. de Brebeu

lui ré

dans

terre.

corde,

Lec

deur

avons

d’inex

consta

uni à

nous «

soupir,

lances

suppli:

au con

Jesté.

maitre:

semble suspen UICS,— duite € rision :

sur la de cha lui pe avoir de la €

sa pe:

le, annonça

* trouvaient pressantes pliaient de vouer à unc ur troupeau : la mélée, aux et Îles ,les hurle.

s des mounent l’absodans la foi, ers, ils sont lage Saint.

eille à leur Le Père de au où il va int André t depuis si ect. Puis tiens cons yeux au à Dieu, il

leur mon-

‘ Echon,

lui répondent les bons sauvages, notre esprit sera dans le ciel, lorsque nos corps souffriront sur la terre, Prie Dieu pour nous, qu'il nous fasse miséricorde, nous l’invoquerons jusqu’à la mort.”

Le caractère du P. de Brebeuf est unique par sa grandeur dans l’histoire de l’héroïsme en Canada. Nous avons assisté avec un frémissement mêlé d'horreur et d’inexprimable pitié au martyre du P. Jogues. Sa constance admirable dans les tourments, son héroïsme uni à une candeur ei à une simplicité angéliques nous arrachent des larmes. Parfois cependant un soupir, un gémissement trahissent en Jui les défaillances de la nature ; cest Pagneau résigné, mais suppliant, sous la griffe du tigre. Le P. de Brebeuf, au contraire, c’est le lion dans toute sa force et s7, majesté. Chez lui, Pâme est tout entière souveraine et maitresse de son enveloppe mortelle ; l’humanité semble avoir perdu tous ses droits. Tandis qu’on suspend autour de son cou un collier de haches rougies,—qu'on lenveloppe d’une ceinture d’écorce enduite de gomme et de résine enflammées,--qu’en dérision du baptèéme on lui verse de l’eau bouillante sur la tête, qu’on taille sur ses membres des lambeaux de chair qui sont grillés et dévorés devant lui, —qu’on lui perce les mains avec des fers rouges, qu’après lui avoir arraché la peau de ja tête, on jette sur son cräne de la cendre chaude et des charbons embrasés,-—que

sa peau rôtie se fend en larges blessures rouges et

4t INTRODUCTION.

sanglantes,—que le fer en feu siflle sur ses muscles agités de spasimes convulsifs et s'enfonce jusqu'aux os,—que de tout son corps carbonisé s'échappe une vapeur comme d’une chaudière en ébullition, —pas un cri, pas un soupir ne s’exhale de sa poitrine, Sa figure illuminée conserve l'expression d’une sérénité parfaite ; et les jets de flamme, qui voltigent autour de sa tête, semblent déjà le couronner du nimbe mystique des bienheureux. Son regard, attaché au cicl, plonge au-delà des sphères visibles et parait absorbé dans la contemplation d’une céleste vision ; il Pabaisse de temps en temps sur ses bourreaux avec tant de calme et de fermeté qu’ils reculent d’effroi comme devant un être surnaturel, D’une voix forte et assurée, il leur annonce la vérité, et encourage les infortunés captifs qui partagent son supplice. Les Troquois redoublent de fureur et de cruauté, afin de le faire taire. Quelques hurons apostats joignent l’insulte à la férocité. ‘Tu nous as dit, Echon, s’écrient-ils, que plus on souffrait dans cette vie, plus la récompense serait grande dans l’autre. Remercie nous dont, puisque nous embellissons ta couronne .??

Exaspérés de ne pouvoir ni lui arracher le moindre signe de faiblesse, ni Pempêcher de parler, ils Ini fendent la mâchoire en deux d’un coup de hache, lui coupent les lèvres, le nez, une partie de la langue, et lui enfoncent un fer rouge dans la bouche. Dans cet

affreux état, il parlait encore par signe pour consoler

et fortif

dont le:

lui fen Lalemi Brebou exeepti VICUX 1 qu'il ai érable:

joigniut de prof «ecoursi sapin € l P, de et se rec de Papo spectacle

Ivres contre | enfer, place à longé } fut que du mat longterr la tête «

Le P

lui, Il

s muscles jusqu'aux lappe une ion, —pus rine, Sa e sérénité nt autour mbe mysé au cicl, t absorbé | Pabaisse °c tant de oi come t assurée, infortunés

Iroquois e le faire ’insulte à crient-ils, :ompense

us donc,

moindre r, ils lui iche, lui angue, et

Dans cet

consoler

et fortifier les autres captifs et surtout le P, Lalemant dont les soupirs lamentables, les plaintes déchirantes lui fendaient Pâme, Nature frèle et délicate, le P, Lalemant n’était qu’un faible enfant auprès du P, de Brebeuf, colosse doué d’une organisation physique exceptionnelle, C’était un spectacle navrant pour le vieux missionnaire de voir son jeune compagnon, qu'il aimait comme son enfant, se tordre dans d’intolérables douleurs. Au plus fort de ses tourments, il joignait les mains, levait les yeux au ciel, et poussait de profonds soupirs vers Dieu, en invoquant son secours, Ses bourreaux le couvrirent d’écorces de sapin et avant d’y mettre le feu le trainèrent devant l: P, de Brebeuf; le jeune martyr se jeta à ses pieds, et se recommanda à ses prières en répétant les paroles de l'apôtre Saint Paul: Nous avons été donnés en spectacle au monde, aux anges el aux hommes.”

Ivres de carnage et de sang, les Iroquois inventèrent contre lui des raffinements de cruauté dignes de l'enfer. Ils lui arrachèrent les yeux et mirent à la place des charbons ardents. Son supplice fut prolongé pendant un jeur et une nuit entière ; et ce ne fat que le lendemain de sa captivité, vers neuf heures du matin, que Pun d’eux fatigué de le voir languir si longtemps, mit un terme à ses maux en lui fendant la tête d’un coup de hache.

Le P. de Brebeuf avait cueilli sa couronne avant

lui. Il rendit le dernier soupir après trois heures de

4û INTRODUCTION,

tortures, Les barbares lui arrachèrent le cœur et le dévorèrent entre eux, croyant ainsi s’incorporer une partie de son courage. '

Nous ne craignons pas qu’on nous reproche de nous étre arrêté trop longtemps devant cette douloureuse peinture, Le regard de l'historien ne «ce détache qu’à regret de ces scènes à la fois déchirantes et radicuses, surtout de cette majestueuse figure du P. de Brebeuf, qui rayonne d’une grandeur sans rivale, debout sur les cendres fumantes de la nation huronne. Il avait été le fondateur de cette petite église, et il en fut le dernier apôtre ; après l’avoir tenue dans ses bras à son berceau, il Pensevelit avec lui dans sa tombe. La mort du P. de Brebeuf, en effet, sembla creuser un abîme sousses pas. Le vertige s’'empara de la nation entière, saisie d’épouvante à la vue des cruautés inouïes des Troquois. Elle se crut perdue, Croyant toujours voir derrière elle le fantôme implacable de son ennemi, elle se dispersa dans les bois où la famine, la guerre, l’épidémie s’acharnèrent à ses pas, et décimèrent ses tristes débris.

Ainsi fut anéantie cette petite chrétienté, enfantée avec tant de douleurs et de larmes, au moment même

où elle croissait en grâce et donnait les plus belles

1. On conserve encore, chez les Dames Hospitalières de Québer, le crâne du P. de Brebeuf, enchässe dans le socle d’un buste d'argent, qui fut envoyé en Canada par la famille de Pillustre martyr, dans le but d’y renfermer cette précieuse relique,

espéran(

eu qu'ur nouvelle montrée soumise, avec am degrés di qu'avaiel naires, et sangla d'épine a couronne Selon |

englouti

grande p:

la civilis Maisce q de PEva échappés allérent d pi isieurs ennemis, de l’homn ruines ; e éteinte pc chante sui

Lorsque

tard, péné

‘ur et le

rer une

che de te dou:

1 ne «0 hirantes gure du ar Sans nation : petite ir tenue vec lui en effet, vertige nte à la se crut + le fansa dans s’acharris.

nfantée t même belles

e, Le crâne fut envoyé rmer celte

espérances. Le Sauveur, au jour de sa visite, n'avait eu qu'une couronne d’épine à poser sur le front de sa nouvelle épouse. Mais la jeune néophyte s'était montrée digne de son bien-aimé ; agenouillée et soumise, elle l'avait reçue de ses mains en la baisant avec amour, Elle gravit courageusement tous les desrés de la souffrance, cette autre échelle de Jacob qu'avaient montée, les premiers, ses glorieux missionnaires, Aussi lorsqu'ils la déposèrent, toute meurtrie et sanglante, au pied du trône de Dieu, sa couronne d'épine avait fleuri sur son front et était devenue la couronne de roæ des martyrs,

Selon les vues humaines, les désastres qui avaient englouti la mission des Hurons, avaient détruit en grande partie Pœuvre si laborieusement élaborée de la civilisation et de la conversion des sauvages. Mais ce qui paraissait la tempête n’était que le souflle de l'Evangile. Les faibles débris des Hurons, échappés à la mort, en se dispersant de tous côtés, allèrent déposer les premiers germes de la foi chez piisieurs nations, et jusqu’au milieu de leurs mortels ennemis, Ainsi Dieu se plaît à confondre la sagesse de l’homme ; ses plus beaux édifices surgissent des ruines ; et c’est au moment même où toute vie parait éteinte pour jamais, que l’oiseau de lPespérance chante sur les décombres l’hymne de la résurrection.

Lorsque les missionnaires, bien des années plus

tard, pénétrèrent dans les villages iroquois, ils furent

ravis d’admiration d’entendre retentir la forêt des chants sacrés de l'Eglise, C’étaient quelques families huronnes qui, pour charmer leur exil, psalmodiaient, dans leurs rudes cantiques, les hymnes de Sion. ‘“ Je ne pouvais m'empêcher de verser des larmes, dit un des missionnaires, en voyant ces pauvres exilé: si fervents, et si constants dans la foi.” Ils avaient formé, au milieu de la gentilité, une colonie chrétienne, et quoique privés de tout secours religieux, ils avaient conservé toutes leurs pieuses habitudes. ‘ Les chants sacrés, la prière en commun, lenseignement de la doctrine chrétienneéæe perpétuèrent

dans les familles.

Ces bons néophytes ne se contentaient même pas d'entretenir parmi eux ces pieux sentiments ; ils avaient le zèle de la foi et cherchaient à la répandre.

Un de ces chrétiens, vieillard d’une foi éprouvée, qui avait autrefois reçu le P. Lemoine dans sa cabane, avait sanctifié toute sa famille, et converti bien des payens. Privé depuis vingt ns de l’assitance d’un prêtre, il demandait toujours à Dicu

de ne pas mourir sans confession. Il fut exauct!

En voyent le P. Frémin, il s’écria: “ Enfinie bon !

Dieu m’a exaucé ; confesse-moi et je meurs content.

Un autre exemple prouvera l’heureuse influence k

qu’exerçaient ces vertueux néophytes sur leurs farou- Ee

ches vainqueurs encore payens. Une chrétienne

huronne avait épousé un Iroquois. Son premier

np ne RE EEE

soin fut

pour la désigna à lui dé espérait que mi Pendant son vill:

dence Il était t4 n'avait que la comme moi, et demande n'en pu après SO La slonnair lui ditcinquant désirs. instruire mieux ( être bon désirs, € avait rl

restait F

forêt des

s familles iodiaient, de Sion.

s larmes, pauvres foi.” Ils 1e colonie religieux, iabitudes.

1, l’enseipétuèrent 2 se coneux ces

la foi et

éprouvée, dans sa converti de l’asrs à Dicu

exauc!

in ie bon!

ontent.

influence |

trs farou-

1rétienne

premier ‘

is

sex

soin fut de lui inspirer son amour et son estime pour la prière des Français. C’est ainsi qu’ils désignaient la vraie foi. Elle le gagna de manière à lui donner un ardent désir du baptême. Elle espérait toujours qu’elle rencontrerait un jour quelque missionnaire pour lui procurer ce bonheur. Pendant qu’elle se trouvait à la pêche bien loin de son village, sur les bords du lac Ontario, la providence conduisit un missionnaire au même lieu. I étaittemps ; son mari, malade depuis deux ans, wavait plus qu’un souflle de vie. A la nouvelle que la Robe Noire est près de lui, il s’éveille comme d’un profond sommeil, et s’écrie : baptisemoi, et je meurs content. Depuis deux ans je demande à Dieu cette grâce avec instance.” Il n'en put dire davantage et mourut peu de temps après son baptême.

“ La bonne Huronne rendit alors compte au missionnaire de ce qui s'était passé. J'avais résolu, lui dit-elle, d'aller chercher un missionnañe à cinquante lieues d’ici. Le bon Dieu a prévenu nos désirs. Je me suis appliqué l'hiver dernier à instruire mon mari des choses de l’autre vie, au mieux que j'ai pu. Je lui ai souvent dit que pour être bon chrétien, il faut porter au ciel tous ses désirs, et y placer toutes ses espérances, qu’il n’y avait rien à regretter dans ce monde et qu’il ne lui

restait plus qu’à obtenir par ses ferventes prières

d’être du nombre des bienheureux dans le ciel J’ai été exaucée.”? !

Nous sommes entrés dans ces détails au sujet de la mission des Hurons, parce que, comme nous Pavon déjà remarqué, elle offre dans un cadre restreint, le tableau complet des origines chrétiennes parmi le sauvages.

Toutefois lhistoire de Papostolait indien ne rt. vèle qu’un côté du plan divin dans la fondation de la Nouvelle-France. Ce n’est, pour ainsi dire, que le rayonnement <le la pensée providentielle qui présidait à la naissance d’une nation chrétienne, Nous avons déjà vu quels purs éléments avaient été réunis pour en former le premier noyau; quel hommes choisis la main divine avait groupés autour de Champ ain.

Depuis le jour où le Verbe de Dieu s’est associc une Vierge dans l’œuvre de la rédemption du monde, rien de grand ne s’opère dans PEglise sans l’intervention de la femme. Elle apparaît à l’origine de toutes les sociétés chrétiennes, exerçant une puissance inconnue aux âges paiens. Car, de méme que Dieu, le christianisme est amour ; et nulle part sur la terre le fleuve de Pamour ne jaillit avec tant d’abondance que Au cœur de la femme ; aussi est-ce sur ses genoux

que le christianisme est venu déposer les générations

Page 1