‹ Histoire de la mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 8 sur 118 · Certain des comme l'expédition et des Curti · texte numérisé non relu

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Pour ne pas entrer dans des détails qui dépasseraient les limites d’une simple introduction, nous nous contenterons d'indiquer, comme nous l’avons fait jusqu’à présent, cette nouvelle phase de notre histoire ; et nous essayerons de la résumer, dans un fait caractéristique, qui, mieux qu'aucun commentaire, nc1s fera connaître la situation morale qui nous occupe. Nous choisirons, entre mille, un de ces traits d’héroisme qui révèle à lui seul espèce de transfiguration qui Sopérait sous Paction religieuse.

En parcourant cette époque de nos annales, Pexemple le plus frappant qui s’offre tout d’abord, comme type de grandeur d'âme et d’élévation morale, c’est l'épisode de Daulac et de ses compagnons, de ces vaillants soidats, suscités par enthousiasme religieux, qui sauvèrent la colonie au dépens de leur vie, et auxquels il n'a manqué qu’un Homère pour inscrire leur exploit à côté de tout ce que l’antiquité a célébré de hauts faits et d’actes de dévouement.! Cette expédition de quelques représentants de la civilisation,

marchant contre la barbarie après s’être armés aux

1. Certaines pages de l’histoire du Canada semblent le récit renouvelé des commencements héroïques de Rome au milieu des tribus latines ; l'expédition de :)Jaulac rappelle à s’y méprendre le dévouement des Cocies et des Curtius. (E, Rameau, La France aux Colontes.)

pieds des autels, semble un épisode renouvelé du temps des croisades.

On était au printemps de l’année 1660. La colonie était presque épuisée après un demi-siècle de luttes sanglantes contre les Jroquois. Les succès réitérés de ces féroces “nnemis avaient tellement accru leur audace qu’elle leur avait inspiré le projet d’exterminer jusqu’au dernier Français. Cette nouvelle répandit la terreur et la consternation parmi tous les colons. On crut que tout était perdu. Le pays, en effet, semblait sur le penchant de sa ruine. L’ennemi était déjà aux portes ; chaque jour des escarmouches annonçaient sa présence. Dans chaque village, on érigea des forts, ou on restaura les anciens ; on se A Montréal, à

Québec, aux Trois-Rivières, on multiplia les moyens

barricada dans toutes les maisons.

de défense.

En ce moment critique, une poignée de braves résolut de se dévouer pour la patrie en danger. Montréal était l’avant-poste de la colonie : c’est là qu’ils se réunirent.

Par une matinée du mois d’avril de la même année, l’église de Villemarie ‘ présentait le spectacle le plus attendrissant. Seize braves colons, entourés de leurs familles en pleurs, ayant à leur tête un jeune

militaire du nom de Daulac, s’agenouillaient à la

1, C'est le nom primitif que la piété des fondateurs avait donné à Montréal,

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