‹ Histoire de la mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 84 sur 118 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

cher fils ; au nom de Dieu faites état de la parole de Jésus-Cbrist, et pensez qu’il vous dit: celui qui met la main à la charrue et qui regarde derrière soi n’est pas propre au royaume des cieux. Ce quil vous promet est bien plus grand que tout ce qu’on vous faisait espérer, et que vous ne devez estimer que boue et fange pour acquérir Jésus-Christ. Votre glorieux patriarche Saint Benoit vous en a donné un grand exemple. Imitez-le, au nom de Dieu, afin que mon cœur reçoive à la première flotte la consolation d'apprendre que mes vœux offerts à la divine Majesté depuis vingt-et-un ans sans intermission, on été reçus du ciel. Je vous vois dans de saintes résolutions ; c’est ce qui me fait espérer que Dieu, qui a commencé cet ouvrage, vous donnera la persévérance, Îl ne se passe pas de Jour que Je ne vons sacrifie à son amour sur le cœur de son bien-aimcé fils: plaise à sa bonté que vous soyez un vrai holocauste tout consumé sur ce divin autel !....

J'ai une consolation très-sensible du bon souhait que vous faites pour moi du martyre, Hélas ! mon très-cher fils, mes péchés me priveront de ce grand bien: je n'ai rien fait jusqu'ici qui soit capable de gagner le cœur de Dieu; et il faut avoir beaucoup travaillé pour être trouvé digne de répandre son sang pour Jésus-Christ. Aussi mosé-je porter mes prétentions si haut ; mais je laisse faire sa bonté immense, qui m’a toujours prévenue de tant de faveurs. Je

me donne à elle, et vous lui donne aussi ; et pour

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une bénédiction que vons me demandez, Je la prie quelle vons comble de celies qu'elle a départies à aunt de valeureux soldats qui lui ont gardé une fidélité inviolable.

“ Si lon me venait dire: votre fils est martvr, je crois que jen mourrais de joie, Laissons faire ce Dieu plein d'amour ; il a ses temps, etil fera de vous ee Qu'il a déterminé d'en faire de toute éternité, Soyez-lui fidèle, et il tronvera les occasions de faire de vous un grand saint et un grand martyr, si vous obéissez à ses divins mouvements, si vous vous plaisez à mourir à vous-même, et si vous vous efforcez de suivre Pexemple que tant de grands saints de votre ordre vous ont donné. Si Notre-Scigneur vous accorde la grâce de faire profession, Je vous prie de m'en donner avis, et aussi de queïle manière il vous a appelé, et quels moyens veus avez pris pour exécuter votre dessein. Enfin faites-moi part de vos biens, qui, comme vous pouvez juger, napportent une consolation très-grande. Priez bien Dieu pour moi; je vous visite en lui plusieurs fois le jour, et sans cesse je parle de vous à Jésus et à Marie. Adieu, mon très-cher fils ; je ne me lasserais point de vous entretenir ; mais enfin il faut finir, et vous dire adieu pour cette année.”

De Québec, le 4 septembre 1641.

Le jeune novice, ainsi éclairé par les conseils de sa mère, et vivifié par ses ardentes prières, embrassa

la croix avec amour, et fit des progrès rapides dans

les sentiers de la perfection. Il dit lui-même qu’il

passa son noviciat dans un entier oubli du siècle, e

que, nourri de la grace, il porta avec joie le joug des

‘ègle © nédictine. A mesure que

austérités et de Île ce nouvel astre sr rapidement au ciel monasji rayonnaient dans l'âme <i

Nes

tique, la lumière et longtemps voilée de la Mère le PIncarnation.

peines intérieures s’évanouissaient ; la sérénité des anciens jours semblait vouloir reparaitre, lorsque tout-ù-coup la nuit se fit de nouveau sur ces clartés La sainte comprit alors que son fils était SIT

fugitives.

en danger de ne pas consommer son sacrifice.

tortures internes lui en donnèrent même la conviction si intime, qu’un Jour, quoiqu’aucun indice extérieur n’eût pu rien lui révéler, elle se vit obligée c'e sortir de table pendant le repas, et d’aller se prosterner au pied de Pautel, pour Poffrir, encore une fois, en holo- ‘auste à son divin Maitre.

Elle apprit, quelques mois plus tard, que d’anciennes dettes, que le jeune homme avait contractées dans le monde, avaient été un obstacle à sa prolession,

Enfin il prononça ses vœux solennels, et s’élança avec une nouvelle ardeur vers les hauteurs ascétiques.

arvenu à une éminente sainteté, il fut promu aux premiers emplois de son ordre, contribua à la réforme de plusieurs abbayes, et mourut à Marmoutiers, le 9 août 1696, comblé d’œuvres et de mérites, à

l’âge de soixante-dix-scpt ans, après avoir été qua-

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