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A la première nouvelle du désastre, les Hospitalivres s'étaient empressées d'envoyer offrir leur maison aux Ursulines. Comme c'était Pasile le plus convenable pour elles, le Supérieur les y conduisit luiméme, après leur avoir fait distribuer les objets indispensables à ee trajet.
Les Hospitalières fondirent en larmes en les apercevant dans un tel état de pauvreté. Bien plus touchées de leur malheur que les Ursulines elles-mémes, elles «e Jetèrent dans leurs bras et les embrassèrent avec cette effusion de cœur et ces témoignages de sympathie, dont les âmes vouées à Dieu ont seules le secret. Elles les revétirent de leurs propres habits, et mirent le monastère à leur entière disposition.
Le lendemain, le Gouverneur, accompagné du Supérieur des Jésuites, vint leur offrir ses condoléances, et leur témoigner la part intime qu'il prenait à leur infortune. Il revint ensuite avec elles sur le théatre de Pincendie, et leur fit visiter les ruines famantes, dont personne n’osait encore approcher. Toutes les cheminées étaienttombées, les murs de refend abattus, et les principales murailles crevassées et calcinées jusque dans leurs fondements.
Cette calamité fut une précieuse occasion pour les Fondatrices d’adorer les admirables desseins de Dieu qui prépare toujours le baume à côté des plaies qu’il inflige, qui fait éclore les consolations des malheurs
mémes, les roses des plus sanglantes épines. De toutes parts leur arrivérent des témoignages de ton. chantesympathie: preuveséelatantes de Pattacherment et de Ja reconnaissance qui les enracinaient aux en trailles du peuple. Chaque famille s'ingéniait des plus délicates attentions pour alléger leur misere «1 essuyer leurs larmes,
Mais le ciel leur ménageait une marque de con: patissance bien autrement sensible, une naïve démon stration qui devait leur aller droit au eœur, et les de. dommager amplement de tous leurs sacrifices. A deux pas des ruines du monastère incendié, gisait une autre ruine bien plus triste, bien plus lnentable : cétaient les restes désolés de cette grande tribu hu ronne, dont la bourgade s'élevait entre PHôtel-Dieu et les Ursulines.
Aussitôt apres le désastre, tous les capitaines sas semblèrent dans la cabane du chef de la tribu, et tinrent un grand conseil, Il fut résolu d’envoyer une députation aux ‘ Filles Vierges”, afin de pleurer avec elles sur leurs malheurs communs, et de couvrir les cendres de leur monastère avec des présents. Mais, hélas ! il n'étaient plus ces jours de prospérité où ils allaient aux assemblées les mains pleines de beaux présents ; ils n'avaient aujourd’hui pour toutes richesses que deux colliers de porcelaine de douze cents grains chacun. Il fut décidé qu’on irait les offrir. Le conseil fut immédiatement levé, et la de-
putation se dirigea vers PHôtel-Dieu. Les Ursulines,
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