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TROISIÈME EPOQUEF, NT
entourées du P. Ragueneau et des Hospitalières, Les reçurent dans une salle de Phôpital. Le grand chef Taiearonk porta la parole :
“Saintes Filles, dit-il, vous voyez de pauvres cudavres, les restes d’une nation qui a été florissante, et qui m'est plus. Au pays des Hurons, nous avons été dévorés et rongés jusqu'aux os par a guerre et par la funine. Ces cadavres ne se tiennent debout que parce que vous Îles soutenez. Vous aviez appris par des lettres, à quelle extrémité de misères nous étions reduits ; inais maintenant vous le voyez de vos yeux. Regardez de tous côtés, et voyez S'il n’y a rien en nous qui ne nous oblige de pleurer sur nous-mêmes et de verser sans cesse des torrents de larmes. Hélas! ce funeste accident qui vous est arrivé va renouveler ‘ous nos maux, et faire couler encore nos larmes qui commençaient à tarir ! En voyant réduire en cendre en un moment cette belle maison de Jésus, cette sainte maison de charité, en y voyant régner le feu sans respecter vos personnes, Saintes Filles qui l’habitiez, nous nous sommes souvenus de Pincendie universel de toutes nos maisons, de toutes nos bourgades et de toute notre patrie! Faut-il donc que le feu nous suive ainsi partout ! Pleurons, pleurons, mes chers compariotes, oui, pleurons nos misères, qui de particulières sont devenues communes avec ces innocentes vierges.
“ Saintes Filles, vous voilà donc réduites à la méme misère que vos pauvres Hurons, pour qui
vous avez eu des compassions si tendres. Vous
voila sans patrie, sans maisons, Sans provisions ef sans secours, sinon du ciel, que jamais vous ne perdez de vue,
# Nous sommes venus ici dans le dessein de vous consoler, et avant d'y venir, nous sommes entrés dus VOS CŒUrS, pour y reconnaitre ce qui pourrait davan: age les affliger depuis votre incendie, afin dy ap: porter quelque remède. Si nous avions affaire à des personnes semblables à nous, la coutume de notre pays serait de vous faire un présent pour essuyer vos larmes, et un second pour aflermir votre courage : mais nous avons bien vu que votre courage na pas été abattu sous les ruines de cette maison ; pas nn de nous na vu méme dans vos yeux une seule larme pour pleurer sur vous-mémes à la vue de cette infor: tune. Vos cœurs ne s’attristent pas dans la perte des biens de la terre ; ils sont trop élevés dans les désirs des biens du ciel!
‘ Nous ne craignons qu’une chose, saintes Filles, etce serait un malheur pour nous ; nous redoutons que la nouvelle de Paccident qui vous est arrivé, portée en France, ne soit sensible à vos parents plus qu’à vous-méimes ; nous craignons qu'ils ne vous rappellent, et que vous soyez attendries de leurs larmes. Comment une mère pourrait-elle lire sans pleurer les lettres qui lui feront savoir que sa fille est restée sans vétements, sans lit, sans vivres, et sans aucune des douceurs dans lesquelles vous avez (té
élevées dès votre jeunesse ? La première pensée que
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lire