CHAPITRE NEUVIEMNE
teconstruction du monastère—Mort de la Mère de Saint-Joseph.
Après trois semaines de séjour à lHôtel-Dieu, les Ursulines embrassèrent les amies bien-aimées dont l'hospitalité leur avait été si douce, et s'installèrent dans la maison de Madame de la Peltrie pour y J reprendre les fonctions de leur institut. Cette maison, j divisée en deux chambres, n’avait que trente pieds sur vingt ; cependant il fallait y trouver non seulement Pabri de Ja communauté, qui s'élevait à treize per-
sonnes, mais encore l’espace suffisant pour y réunir
É le petit troupeau dispersé des néophytes! Elles 3 retombèrent dans les mêmes incommodités qu’elles M avaicnt eu à souffrir pendant leur séjour à la Basse-
1. La maison de Madame de la Peltrie fut démolie en 1836, et remplacée par un édifice plus spacieux qui sert aujourd’hui d’externat,
Vüle, et revinrent aussi aux mémes expédients. Li hits s’étendirent a double rang sur les tablettes: ti mémes appartements servirent à la fois de chapelle et de cellules, de rélectoire et de classe, de parlon et de euisine, Là aussi était Pinfirmerie 5 il en fallait une, puisqu'il y avait dans cette petite farnille une scur bien-aimée, dont la vie s’éteignait lente ment au milieu des privations et des souffrances. ! Cependant Pon n’était qu'a la fin de janvier, et plusieurs mois devaient s’écouler avant quon pui espérer aucun secours de France, Dans cette désolante situation, le courage de nos héroïnes ne faibli pas ; elles se Jetérent dans les bras de la providence, et la providence ne leur manqua point. Déja a leur départ de PHôtelDieu, les Augustines avec une ii comparable charité, s'étaient dépouillées méme du nécessaire pour les assister. Les Jésuites leur donnérent jusqu'aux étofles qu'ils avaient en réserve pour se vétir. Le Gouverneur et sa ferme, Ma dame D’Aïlleboust, les nourrirent presque à leurs dépens. Enfin, dit la Mère de Pincarnation, nous avons été l’objet de la commisération et de la charite de tous nos amis. La compassion était passée meme parmi les pauvres : Pun nous apportait du linge, un autre un vieux manlieau, celui-ci une volaille, celui-là des œufs, enfin tous les objets dont ils pouvaient
disposer.