Histoire des Ursulines de Québec
Parmi tant de témoignages de compassion,
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cité, ces dines remplies de Pesprit de fésus-Christ, ctaient comblées dune sainte Joie de se voir si pauvres, quelles étaient obligées de recevoir Pauimône des pauvres mérmes.?
Pour sureroit de malheur, la flotte du printemps Warriva que trestard. Elle mapportait d’ailleurs aux Ursulines que leurs secours ordinaires; car Ha nouvelle de Pincendie était pas encore parvenue en France. Cependant elles ne pouvaient s'attendre à subsister longtemps de Ta charité publique ; eur les ressources du pays étaient encore si faibles que chaque colon recueillait à peine le revenu suffisant Cette fois
virent, dun œil serein, la famine venir à elles, et les
pour nourrir sa famille. encore elles enlacer de saterrible étreinte ; mais Celui qui ourril les oiseaux du ciel, et donne le rayon de soleilet a voutte de pluie au lis des champs, ne les oublia point. ouvrit sa main toute puissante, et fit tomber à leurs pieds une manne miraculeuse,
Les Ursulines possédaient, aux environs de la ville, une petite métairie, qui mavait jamais été mise en valeur. ! Un vénérable prétre qu'elles avaient pour
chapelain depuis Panrée 1648, M. Vignal,* touché de
1. Cette terre était située près des plaines d'Abraham, et portait le nom de fief Saint-Joseph.
2. En 1657, M. Vignal, S'agrégea à la compagnie de Saint-Sulpice. 1
leur détresse, résolnt de cultiver cette terre de ses propres mains. Son zèle et sa charité suppléant à ses forces, il se mit à l’œuvre, conduisit Ini-méme |: charrue et ensemença une grande partie de la terre, Dieu bénit tellement son travail qu'il recueillit, à Pan tomne, la subsistance de la communauté pour une partie de Pannée,
Le désastre de Pincendie avait ébranlé la constance dun grand nombre d'amis des Ursulines, qui croyaient y voir un ordre providentiel leur intimant de retourner en France. Mais la Mère de PIncarnation demeura inébranlable contre toutes les sollicitations ; et comme Pextrème pauvreté des Ursulines ne lui permettait pas de payer un grand nombre d'ouvriers pour là reconstruction du monastère, elle monta elle-méme sur les décombres, suivie de ses sœurs, et commença le déblayement. Dès le 19 mai 1651, la premiere pierre du second monastère fut posée.
Tout le fardeau de cette reconstruction retomb: cette fois encore sur les épaules de notre Mère, qui fut élue, le 12 juin de la même année, supérieure pour la seconde fois.
Les travaux furent poussés sous sa direction, avec une rapidité si merveilleuse que le 29 mai suivant
les Ursulines firent Pinauguration du nouveau monis-
fut massacré par les Iroquois en 1661, pendant qu’il surveillait Pexploitation d'une carrière que le Seminaire de Montréal avait fait ouvrir sur lIsle-x-
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tre. Cette restauration fut uniquement Pœuvre de la providence.
‘ Vous êtes en peine, écrivait la vénérable mère à son fils, de ce que je vous ai dit qu’il y a du miracle dans notre rétablissement, Il y en a eu en eflet, Nous avions tout perdu, et notre incendie nous avait dépouillées de toutes choses. Nous avons fait rebâtir notre monastére ; nous nous sommes vétues et remeublées, et pour cela il nous a fallu faire des dépenses au montant de treute mille livres. L’on nous en a prété huit mille sur lé pays, qui ne valent pas six mille livres de France. De cela il ne nous reste que quatre mille livres à payer; encore la personne à qui nous les devons, nous donne le fonds après sa mort, s’en réservant usufruit pendant sa vie. Enfin il y a vingt-quatre mille livres de pure providence.”
La Mère de Pincarnation attribuait ce miracle à une protection spéciale de Ia Sainte-Vicrge que, peu de jours avant l’incendie, les Ursulines avaient élue, dans un élan de naïve et touchante piété, Supérieure perpétuelle de leur monastère.
La cérémonie de Pinstallation, qui eut lieu la veille de la Pentecôte, fut une fète pour la ville entière. Le clergé de la paroisse, suivi d’un grand concours de peuple, se rendit à la maison de Madame de la Peltrie, d’où le Saint-Sacrement fut transporté en procession dans la chapelle du monastère. Immédiatement après commencèrent les prières des quarante heures
qui durèrent jusqu’au mardi de la Pentecôte. Chaque
matin, pendant ces trois Jours, une procession solennelle se fit, des différentes églises de Ta ville à la che pelle des Ursulines, au chant des Titanies.
L’allégresse aurait été complète, si parmi le elceur des Fondatrices on n’eñt remarqué une place vide, qui, hélas Une devait plus se remplir.
Sœur Marie de Saint-Joseph, la douce et angélique amie de la Mère de Pfncarnation, avait fini son Hiborieux pélérinage, et était allée recevoir, dans un monde meilleur, la récompense de ses travaux. Depuis plus de quatre ans et demi, elle souffrait d’un asthme et dune pneumonie, accompagnés de crachements de sang, et dune fièvre continue. Elle gardait néanmoins rarement le lit, observait tous les points de fa règle, et psalmodiait au chœur, malgré son oppression et ses douleurs de poitrine. Enfin le 2 février 1652, jour de la Purification de la Sainte-Vierge, lorsque Fi communauté était encore entassée dans la maison de Madame de la Peltrie, elle s’étendit sur son lit de douleur pour ne s’en plus relever. Sa maladie se conpliqua d’une hydropisie qui lui causa d’atroces souffrances. On fut obligé de lui faire de profondes incisions aux jambes, pour arrêter le progrès du mal: mais les sources de la vie étaient épuisées, la gangrène se mit dans ses plaies, et ajouta de nouvelles horreurs à ses maux. Tourmentée par une toux qui ne lui laissait point de relâche, dévorée par la fievre, couverte de cicatrices douloureuses, elle passait les
jours et les nuits sans sommeil, ne proférant jamais
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