‹ Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897Chapitre 16 sur 41 · ICI-; CAXADIKXXIM-RAXÇAISK · texte numérisé non relu

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forts Gai

il prit le lac Winnipes;- avec les réguliers (cinquante bateaux divisés en huit brigades). l)our entrer de suite dans la Rivière-Rougc, qui vient s'y déverser et qui cuule sous les

second de ces forts, appelé aussi Fort-de-Pierre, était resté en la possession des officiers de la Compagnie de la Baie d'Hudson. L'avaut-garde du colonel Wolseley campa à onze milles plus bas que ce fort, le soir du 22. Tout ce qxi'elle rencontra sur le terrain fut le chef sauvage Henri Prince, qui avait formé partie de l'assemblée législative de Riel, et qui venait maintenant protester de sa " lo^-auté à la couronne britannique," et demander des présents.

La pluie tomba sans relâche toute la nuit et le jour suivant, mais ne ralentit en rien les préparatifs de l'approche du principal fort Garr}'. Du i'' au 20 août, il y avait déjà eu treize jours de pluie.

Vn émi.ssaire apporta la nouvelle que ]\P' Taché, revenant du Canada, était attendu à Saint-Boniface d'heure en heure. De fait, il y arriva le 23 août. On comptait qu'il apportait l'amnistie. Riel tenait le fort Garr}' et ne semblait pas se douter du voisinage des troupes, mais il était très bien éclairé sur leurs mouvements, et sa contenance avait pour but d'empêcher l'apparition en armes des " loyaux " qui faisaient du zèle au nom de la Reine et du Canada. Il se promettait de livrer la place sans qu'il se commît le moindre dé.sordre, et il tint parole.

La marche sur le fort Garry eut lieu le 23 août, avec les précautions usitées en pareil cas. Des détachements montés sur les chevaux que l'on avait pu se procurer aux environs, garnissaient les deux rives de la Rivière-Rouge, un peu en avant du corps principal. Les bateaux portaient seulement quatre jours de rations, afin d'être plus faciles à manœuvrer. Les deux canons, placés chacun sur le devant d'une embarcation, pouvaient se trouver d'un grand secours contre une attaqiie de n'importe quel côté de la rivière, laquelle est à peu près large comme la rivière Chanibh-, a\-ec des abords peu escarpés.

A neuf milles du fort Garry, l'obscurité empêcha les troupes d'aller plus loin, et une pluie poussée par nu vent violent tomba toute la nuit. Quelques habitants du pavs se hasardèrent dans les ténèbres à descendre le long de la grève pour vérifier la rumeur qui s'était répandue de l'approche des troupes; ils tombèrent dans les lignes des sentinelles et furent gardés jusqu'au matin sans pouvoir communiquer la moindre nouvelle à la ville ou au fort. Riel ne quitta pas le fort de toute la nuit ; il savait où étaient les troupes en ce moment ; sa discrétion alla jusqu'à laisser ignorer aux gens de la ville, qui sympathisaient avec lui, l'événem.Mit dont le lendemain serait témoin.

Ce lendemain donc, un mercredi, 24 août, vers huit heures du matin, le débarquement s'opéra sur la rive gauche, à la pointe Douglas, deux milles plus bas que la

JA.MKs COLUDROOKK I-.\rrUKSO> s la milice, du 5 décembre 1892 au 25 inai

MILICE CANADIKXXK-FRAN-CAISR

ville de ^\'i^nipeg, car il y avait nu coiiinieiiceinent de ville (cent cinquante maisons) de ce nom à deux mille pieds dn fort Garry. Les canons furent montés sur des charrettes du pays et mis en état de servir au premier signal. Le gros de la force armée s'avança en colonne ouverte. Les portes du fort semblaient closes; on voyait la gueule des canons sur le rempart ; aucun drapeau de hissé ; un silence parfait ; la pluie et le brouillard rendaient les objets indistincts, mais le colonel Wolseley avait de bonnes raisons de ne redouter ni piège, ni mécompte, seulement la scène n'était pas théâtrale, sauf que le fort muet se montrait assez imposant avec ses six cents pieds de façade ou plutôt de haute clôture, dont un bout en pierre et le reste en pieux debouts. Cette construction, qui datait en partie de 1840 (pierre), et en partie de 1850 (palissade), était placée dans Tangle de terrain qui forme la rencontre des rivières Rouge et Assiniboine.

Riel avait attendu l'apparition des troupes pour partir. Jusqu'à la veille de leur arrivée, il parait avoir cru qu'elles suivraient, mais ne précéderaient pas, le gouverneur Archibald. l"ne fois qu'il fut bien certain du contraire, il assembla ses principaux conseillers, dont quelques-uns optaient encore pour la résistance, et délibéra avec eux sur la conduite à tenir dans les circonstances où ils se trouveraient placés après leur sortie du fort. Le conseil terminé, il passa la nuit à rassembler ses papiers secrets qu'il expédia en lieu sûr. Il ne se coucha point, déjeuna vers neuf heures, ensuite prit congé des amis qui avaient passé la nuit au fort, ou qui venaient lui faire visite en ce moment, puis, quand il vit les troupes de ses 3-eu.x, il sortit, a\'cc Lépine et O'Donoghue, par la porte qui s'ouvre sur la traverse de l'Assiniboine, à l'instant même où trois officiers, avec quelques personnes du pays, entraient dans le fort par une autre porte restée ouverte à dessein. Aussitôt la colonne pénétra dans la place avec des manifestations

de joie faciles à comprendre. Il était dix heures du traverse ; après avoir regardé les soldats qui disparaissaient graduellement derrière les palissades du fort, il monta à cheval et se dirigea, sans être poursuivi, vers Pembina, et le village américain de Saint-Joseph.

On trouva, entre autres choses, dans le fort Garr}- : vingt-six canons, tant de bronze cjuc de fonte, la plupart de petit calibre et de fal^rique ancienne, dépareillés, mal montés et tous couverts de rouille ; soixaute-dix-sept fusils à pierre; quarante -six fusils à percussion, presque tous en très mauvais état ou complètement inutilisables ; douze seulement étaient chargés ; trois carabines américaines, une carabine Enfield ; cent vingt-quatre baïonnettes ; six mille cent trente-huit livres de poudre, contenues dans quatre-vingt-treize barils : trente mille cartouches à balle, et d'autres munitions en petites quantités. Ces armes appartenaient toutes à la Compagnie de la Baie d'Hudson.

Riel, qui était un homme intelligent et instruit, ne songeait donc pas à résister, puisqu'il laissait ses niovens de défense se dété-

matin. Riel avait fait halte

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riorcr à ses yeux, et (|u'il ne >;ardail, ordre et eliargés — si bien eiitreten capsule (rapport offieiel) ee c|ui fait tables aux niaius des eliasseurs de troupes.

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c|ue douze fusils en bon L' partirent à la première

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par quelcpies notes ee eliapitre fait à \()1 d'oise ehose qu'un résumé très bref

Sur quatrc-viuijt-quatorzc jours de marche, quarante-cinq av; le UKunais temps — le veut, le tonnerre, les incendies et surtout fût résulté un seul cas de maladie grave.

Le Init de l'expédition était atteint. Il ne restait plus à

LU, et qui n'est autre

ient été marqués par a pluie, sans qu'il en

AI. Archibald que de

s'avancer et de prendre la direction du gouvernement. Le colonel W'olseley ne voulut agir en rien et attendit, mais, le 28 août, il lança une proclamation qui excita les passions des politiciens de tous les camps, ce dont il aurait pu se dispenser, assure-t-on. Le 2 septembre, M. Archibald arriva, ainsi que les l)rigades de volontaires, sauf la compagnie stationnée au fort Frances, qui suivit à cinq ou six jours de distance. Le 3, les réguliers se mirent en marche pour le Canada ; ils s'embarquèrent le 6 octobre, sur le lac Supérieur, pour aller prendre à Québec le transatlantique qui devait les conduire en Angleterre. La i'"' compagnie du bataillon de Québec, de retour en même temps de la baie du Tonnerre, remplaça les troupes royales à la garde des magasins de l'île Sainte-Hélène, près Montréal, durant l'hiver 1870-71.

Les volontaires des deux bataillons, Ontario et Québec, restaient dans la nouvelle pro\ince pour faire le service de garnison. Le lieutenant-colonel Jarvis fut le commandant. L'hiver s'écoula sans incident remarquable. Un grand nombre de volontaires obtinrent des congés définitifs, soit pour retourner dans leurs familles, .soit pour s'établir sur les terres du Manitoba, ou exercer des métiers dont la population du Nord-Ouest manquait presque absolument jusque-là. Le jour du départ de l'expédition, le 7 juin 1S71, il ne restait plus sous les armes que cent dix-sept hommes du bataillon d'Ontario et cent trente-deux du bataillon de Québec (officiers compris), auxquels il faut joindre quarantequatre \-oyagenrs ; à part cela, il restait quatre-vingts volontaires au fort Garry, sous les ordres du lieutenant-colonel Casault.

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