‹ Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897 [microforme]Chapitre 11 sur 54 · BATTERIE DE L'ILE SAINTE-HÉLÈNE · texte numérisé non relu

BATTERIE DE L'ILE SAINTE-HÉLÈNE

deriandé son propre rappel, partit le 19 juin 1811, laissant l’administration entre les mains de M. Dunn.

En somime, comment la milice se conduisit-elle de 1760 à 1811, alors que la colonie n’était peuplée que de Canadiens-Français, sauf durant la dernière moitié de cette période cù les Anglais commencèrent à arriver en petit nombre? Elle représentait la population mieux qu'un parlement et, la première de toutes les races gouvernées par l'Angleterre, elle comprit et adopta le rôle de “sujet britannique,” avec ses avantages et ses devoirs.

De 1760 à 1775, l'administration de Londres tâta le pouls de la colonie par le moyen de la milice, et le trouva satisfaisant, Lorsque, en 1778, le duc de Lévis, ancien lieutenant de Montcalm, offrait à Louis XVI de débarquer en Canada avec trente mille fusils pour 2rmer la population et reprendre le pays au nom de la France, il s’imaginait naïvement que les Canadiens entreraient dans ses projets. L'esprit qui régnait parmi nous depuis quinze ans repoussait le gouvernement tracassier et autocrate de la France: tout était changé chez nous par suite de l'expérience acquise. Franklin, qui ne voulait pas que le Canada redevint possession française, puisqu'il le vou'ait pour sa nation, gagna que les fusils, avec des soldats et de l'argent, fussent envoyés au secours de Washington, mais les Canadiens ne tournèrent point leur confiance du côté des Américains, ne voulant pas échanger un cheval borgne pour un aveugle.

De 1775 à 1790, on parut, en Angleterre, se figurer que les Canadiens devenaient imbus d’un sentirient politique dangereux. Rien n’était moins vrai. Quelques seigneurs, dont le titre de ‘ seigneurs ” faisait toute l’importance, s’agitaient pour avoir des places, mais les campagnes, qui formaient alors tout le pays, restaient bien indifférentes aux ambitions de cette classe de personnes.

L'influence de sir Guy Carleton (lord Dorchester) a fait du Canada une colonie modèle, Il a combattu les faux renseignements colportés sur le compte des Canadiens- Français; a dirigé ceux-ci dans la voie de la sagesse et du progrés; s’est appuyé sur la milice cemme il l’eût fait à l'égard d’une armée anglaise; il a laissé au milieu de nous non seulement la prospérité matérielle mais un esprit public excellent, et des institutions supérieures à la plupart des grands états du XVIII* siècle. Les Canadiens- Français lui doivent une statue, car il fut leur père et leur bienfaiteur, à une époque où la destinée de ce jeune peuple courut des dangers sérieux.

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