MONUMENT DE DE SALABERRY, INAUGURÉ À CHAMBLY LE 7 JUIN
le suivit le 13, et arriva le 14 à Lavaltrie, où se trouvait le capitaine Bellet, lequel avait fait bastinguer sa goëlette et transportait les poudres de Montréal dans l'espoir de les livrer à Québec. Bellet était un marin d’un courage et d’une adresse reconnus. Le vent souffla nord-est jusqu'au 16 inclusivement, ce qui les empêcha de poursuivre leur route. La nuit du 16 au 17, le gouverneur, déguisé en habitant, ainsi que de Niverville et Lanaudière, se confia au capitaine Bouchette et au sergent Boutillet; tous cinq montèrent dans une embarcation légère, et, après sept ou huit alertes où ils se crurent pris chaque fois, parvinrent aux Trois-Rivières à midi sonnant. Ils payèrent d'audace et se mirent à table dans une maison qui logeait des officiers américains, ensuite, sur les trois heures, ils se rembarquèrent sans que le gouverneur eut été reconnu. Ils arrivèrent à Québec le dimanche 20 novembre, après midi, et de suite on organisa la défense. Dès le 14, Arnold, avec une aïle de l’armée américaine, était canipé sur les plaines d'Abraham. Bellet avec ses poudres passa à travers les flottilles ennemies et arriva sain et sauf au quai de la basse-ville. Bouchette fut nommé commandant sur le lac Ontario après la guerre, et servit avec autant de zèle que d'intelligence; il mourut dans ce poste en 1802. Son fils Joseph fut le géographe dont les travaux n’ont pas été surpassés, même en Europe.
François Bellet, né en 1730, à Charon, près La Rochelle (France), s'était marié à Québec en 1748 avec Marie-Anne Rhéaume, et leur fils, Antoine-François, était âgé de vingt-cinq ans en 1775. Tous deux étaient navigateurs, et durant les années 1775-76 furent capturés à tour de rôle par les Américains, mais ils trouvèrent le moy2zn de se faire relâcher. Le fils mourut en 1827. L’exploit de Bellet père, en sauvant les poudres de Montréal pour les transporter à Québec, au milieu des embarcations américaines qui sillonnaient le fleuve sur ce parcours de soixante lieues, le range parmi les habitants du pays auxquels nous devons d’avoir échappé à la conquête américaine.
Le sergent Boutillet devait être François Boutillet, du Château-Richer, alors âgé d'à peu près trente ans. Il vivait encore vers 1830, et demeurait dans le bas du fleuve, d’après ce que nous a dit R.-S.-M. Bouchette (fils de Joseph, le géographe), qui a été lui-même un bon patriote et un homme de sens.
Charles Tarieu de la Naudière était l’arrière-petit-fils d’un officier du régiment de Carignan, arrivé de France en 1665, et il était, avec ses frères, la quatrième génération militaire de sa famille en Canada. Lieutenant au régiment de la Sarre durant la guerre de Sept Ans, il se retira ensuite sur sa seigneurie de Sainte-Anne de la Pérade, puis devint aide de camp de sir Guy Carleton; contribua, avec Bouchette, à sauver ce gouverneur en 1775, en lui faisant traverser une partie de l’armée américaine. Il leva alors une compagnie de volontaires, prit part à la défense du fort Saint-Jean, suivit Carleton en Angleterre (1778), devint grand voyer de la province, surintendant des postes, et enfin membre du conseil législatif en 1792. Sa descendance existe encore.
Le chevalier de Niverville, dont l'ancêtre avait été anobli pour services militaires rendus en Canada avant 1660, comptait dans sa famille une dizaine d'officiers de milice souvent mentionnés dans l’histoire des XVII‘ et XVIII* siècles. Il était chevalier de Saint-Louis depuis la guerre de Sept Ans. Son fils servit en 1812-15.
Alexandre Dumas était marchand à Québec et intéressé dans les forges Saint-Maurice. En 1775, il fut nommé capitaine de milice et, à la défense du Saut-au-Matelot, se conduisit avec une habileté et une bravoure qui lui valurent des félicitations universelles. Vers 1782 il se fit recevoir notaire; son greffe va de 1783 à 1802. En 1784 il devint avocat, puis major de milice et, en 1798, député à l'assemblée législative.
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François Dambourgès joua un rôle prépondérant au combat du Saut-au-Matelot, le 31 décembre 1775, où fut tué le général Montgomery. Il y reçut, à travers la figure, un coup de sabre dont il porta les traces toute sa vie, ce qui lui valut de la part du duc de Kent le surnom de capitaine Balafré. Il s'était enrôlé, vers 1774-75, dans le “Royal Emigrant,” corps organisé à la hâte par le gouverneur Carleton, mais il était bientôt passé au 84° de ligne et appartenait à ce régiment lorsqu'il eut connaissance de la marche de Montgomery pour surprendre la basse-ville de Québec au Saut-au-Matelot, En 1789, il était colonel de milice, et le lieutenant-colonel Pierre Marcoux était sous ses ordres. Ils furent élus tous deux à l'assemblée législative de 1792. En 1796, Dambourgès devint capitaine au “ Royal Canadien ”; il mourut dans cetté position en 1798.
Jean-Baptiste Lecompte Dupré, dont la famille était dans le pays dès 1680, avait été nommé lieutenant-colonel de milice en 1755 et servit jusqu'à 1760. Lorsque Montgomery assiégea Québec (1775), il aida puissamment le gouverneur Carleton et se montra très actif durant ce siège mémorable. Les Américains, en se retirant, incendièrent ses propriétés. On le nomma, en 1778, colonel commandant les milices de Québec, position qu’il occupa une vingtaine d'années. Son fils se rendit utile durant la guerre de 1812-15.
La famille Rocbert de la Morandière remonte au XVII‘ siècle parmi nous, dans la personne d’Etienne, qui était conseiller au conseil souverain de Québec. Ses fils ont été employés au Nord-Ouest et dans les garnisons du Canada. Louis-Joseph, gardemagasin à Québec en 1737, obtint cette année une seigneurie au lac Champlain, et fut envoyé, en 1742, pour rétablir le fort Niagara. Son frère Etienne entra au service militaire, prit part à la bataille de la Monongahéla, servit dans le corps des ingénieurs, et laissa un fils qui combattit contre les Américains en 1775, fut prisonnier de guerre à Albany (1776), et, à son tour, laissa un fils qui entra dans le ‘“ Royal Canadien ” en 1796.
Antoine Lefebvre de Bellefeuille, d’une très ancienne famille canadienne, était enseigne de milice au fort Saint-Jean, et marcha avec l’armée anglaise en 1778, lorsqu'elle entre dans le territoire des provinces révoltées. Fait prisonnier à Vincennes, l’année suivante, il fut treize mois retenu en Virginie, À son retour, il devint grand voyer des Trois- Rivières, puis quitta cette ville en 1793 potir aller fonder la paroisse de Saint-Eustache, près Montréal. Sa descendance est principalement représentée aujourd’hui par M. Edouard Lefebvre de Bellefeuille, avocat et publiciste de talent.
M. de Lotbiuière, celui-là même qui fut président de notre chambre d’assemblée, servait au fort Saint-Jean en 1775, et y fut fait prisonnier. M. de Vaudreuil, ancien gouverneur du Canada, qui mourut en 1778, reproche, dans ses lettres à ce jeune homme, d'avoir embrassé ‘la cause des Anglais” Les Chartier de Lotbinière remontent au XIII siècle dans les annales de France, et l’un d’eux, en 1430, était grand ami de Jeanne d'Arc. Au Canada, ils ont été juges, militaires, seigneurs, hommes politiques, depuis deux cent cinquante ans.
Des Bergères de Rigauville, d’une famille qui date de 1684 dans le pays, avait commandé au fort Saint-Frédéric, fut appelé au conseil législatif en 1774, combattit à Saint-Jean et soutint sa renommée militaire, comme ïil l'avait fait à la bataille de Sainte-Foye.
Paul-Roch de Saint-Ours, nommé conseiller législatif en 1774, descendait d’un capitaine du régiment de Carignan. Son frère, Quinson de Saint-Ours, combattit en 1755 à la Monongahéla, durant toute la guerre de Sept Ans, et contribua à la défense du fort Saint-Jean (1775).
Joseph-Dominique-Emmanuel Le Moine de Longueuil, qui commandait, de 1796 à 1802, le premier bataillon du “ Royal Canadien,” était descendant de Charles Lemoine, venu dans le pays en 1641, et dont la famille a fourni huit ou dix militaires hors ligne à la Nouvelle-France. M. de Longueuil y allait bon jeu, bon argent. Il dépensa de fortes sommes pour soutenir son bataillon, et fit une souscription, parmi ses officiers et ses soldats, qui rapporta cinq cents louis sterling au fonds de guerre de la Grande- Bretagne, en 1790.
Louis Fromenteau de la Boucherie, aide-major de milice de la ville de Quebec en 1797, était descendant d’un officier d'artillerie employé (1757) aux fortifications de Québec et ensuite au Cap-Breton. Il entra au “ Royal Canadien.”
Jacran de Piedmont, enseigne aux canonniers-bombardiers du Cap-Breton, puis capitaine de la même compagnie en 1759, se trouva à la bataille des plaines d'Abraham; ce fut lui qui, avec le major de Joannès, insista auprès de M. de Ramesay pour que l’armée française abandonnât la basse-ville de Québec au lendemain de la mort de Montcalm, au lieu de capituler précipitamment. 11 fut nommé chevalier de Saint-Louis. François, son petit-fils, entra dans le ‘“ Royal Canadien.”
François Boucher, d'une famille établie à Beauport en 1634, naviguait à la Nouvelle- Ecosse lorsque son beau-frère, le capitaine Dambourgès, l’induisit à entrer dans le “Royal Canadien” (1795). En 1802, ce corps étant licencié, il se fixa à Maskinongé et y ouvrit un comimerce qui prospéra au delà de ses espérances, même pendant la guerre de 1812, bien que le vaillant officier eut repris du service. Il était quartiermaître du 4° bataillon de milice, François Boucher, son père, marin de profession, avait été nommé capitaine du port de Québec (1803), en récompense des services qu’il avait rendus au duc de Kent, en portant des dépêches à Halifax en des temps critiques et au milieu de difficultés considérables,
Jacques Dupéron Baby, descendant d'un officier du régiment de Carignan, élu en 1791 comme député dans le Haut-Canada, fut appelé au conseil législatif de cette province, puis au conseil exécutif dont il devint le président. On le fit juge en 1793. Durant la guerre de 1812, il commanda la milice du district ouest, en majeure partie habité par des Canadiens-Frrnçais. En 1813, la province étant envahie, il se réfugia dans sa famille en Bas-Canada. A la paix, on le nomma inspecteur général.
François Dupéron Baby, son oncle, fit les campagnes de la guerre de Sept Ans. En 1772, il fut délégué à Londres par ses compatriotes, et contribua beaucoup à éclairer les ministres sur la situation du pays, et par conséquent à préparer l’Acte de Québec. Il fut de ceux qui, durant l'été de 1775, pressèrent le général Carleton de mettre le Bas-Canada en état de défense, et on le nomma major des milices de la ville et du district de Québec. Par la suite, il occupa d’autres charges importantes. Deux fois il fut sur le point d’être nommé administrateur de la province, mais sa foi catholique l'empêcha de prêter le serment exigé. En 1780, le gouverneur Haldimand lui confia le poste d’adjudant général de la milice. Il fut appelé au conseil exécutif en 1791, et au conseil législatif en 1702. En 1803, sa commission d’adjudant général fut renouvelée, et il n’y fut remplacé qu’en 1812, par François Vassal de Monviel.
Son descendant est le juge Baby, de la cour du Banc de la Reine, un lettré et un amateur de souvenirs historiques. Il est le président de la Société Numismatique et des Antiquaires de Montréal.
Jean-Baptiste Testard de Montigny était le petit-fils de l’un des capitaines les plus célèbres dans les annales du Canada; il servit aussi avec distinction, En 1796, on
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le trouve au ‘“ Royal Canadien.” Un M, de Montigny se distingua, en 1775, à l'affaire des Cèdres. Le magistrat de police de Montréal actuellement est un descendant de cette famille, et lui aussi a été militaire.
Joseph-Gaspard Chaussegros de Léry, ingénieur militaire ct brillant officier, s'était distingué dans nos guerres avant 1760. Il fut appelé au conseil législatif en 1774. L'un de ses enfants devint lieutenant général, ingénieur en chef de l’armée française et baron de l’Empire, sous Napoléon; un autre parvint au grade de colonel dans l’armée française; un troisième fit les campagnes de 1792 à 1797 dans l’armée de Condé, passa en Russie, y exerça des fonctions importantes, devint précepteur des enfants du czar, visita toutes les cours de l’Europe et fut comblé d'honneur et de marques de distinction. Le père restait au Canada avec son quatrième fils. Louis-René, momentanément au service de la France, puis grand voyer du district de Québec, député à l'assemblée législative, officier d'état-major durant la guerre de 1812-15, et qui prit part à la bataille de Châteauguay.
La famille Godefroy de Tonnancour, l’une des plus anciennes de la colonie, avait donné des militaires et des officiers de robe à l'administration française. Elle continua de se distinguer dans ces deux branches sous le no..veau régime. Anoblie par Louis XIV (1669), elle vécut toujours noblement et ajouta, quand le temps fut venu, la politique et le commerce à ses moyens d'action. En 1812-15, il y avait deux officiers de Tonnancour dans les hauts grades de la milice.
Toussaint Pothier, fils d'un lieutenant-colonel des milices, s’adonna de bonne heure au trafic des fourrures du Nord-Ouest. En 1790, il était associé de la compagnie fondée par son père, MM. de Rocheblave, MeTavish, Cotté, Frobischer et autres marchands de Montréal (1783). Il devint comme l'âme de la compagnie, dont les affaires avec l'Angleterre atteignaient jusqu'à trois cent mille louis sterling par année. Vers 1812, le gouvernement le chargea d'organiser un corps de voyageurs pour la défense des lacs, et il en fut nommé major. Membre du conseil législatif de la province de Québec, il occupa temporairement plusieurs charges, telles que commissaire pour améliorer le port de Montréal, arbitre dans la question du partage des revenus de douanes entre le Haut et le Bas-Canada, pour la construction du canal Lachine, etc. Il fut seigneur de Sainte-Marie de Lanaudière, comté de Maskinongé, où il exécuta de grands travaux d'utilité publique. Son principal exploit militaire fut la prise de Michillimakinac, en juillet 1812, au début même des hostilités. Sa présence sur les lacs de l'Ouest nous assura la possession de ces nappes d’eau et des territoires situés au sud, tant que dura la guerre.
Jacques Cartier, colonel de milice en 1812, était le père de sir George- Etienne Cartier, auquel nous devons nos lois actuelles de milice.
Etienne-Pascal Taché était fils de Pascal-Jacques Taché, seigneur de Kamouraska. Il prit part aux campagnes de 1812-15, fut ministre de la milice, premier ministre, et mourut dans ce poste.
Il était chevalier de l’ordre du Bain.