FF RME PS TE T
tagnes de l’Aïgle, on aperçut les premiers êtres humains que lon eût rencontrés depuis le 13, sous la forme d'une quinzaine de Sauvages montés qui échangèrent des coups de carabine
val, avant de disparaître. Le lendemain, vendredi 24 avril, pendant que la colonne de Middleton combattait à l'Anse-au-Poisson, les éclaireurs d'Otter arrivaient en vue de Battleford. A la nuit tombante on campa. Vers neuf heures, la police à cheval chassa un peloton de Sauvages, [ui tuant deux homimes. Le lendemain matin, la colonne entra dans la ville qui était saccagée et même un peu brûlée. Il
y avait eu des meurtres cominis récemment aux environs. Dans le fort, on
avec les éclaireurs de la police à chetrouva cinq cent soixante personnes réfugiées, dans la crainte d'événements qui pouvaient devenir terribles pour elles, si les troupes n'étaient pas survenues si à propos. Durant les derniers = cinq jours, celles-ci avaient fait une
PEER RENNES SEEN PR EEREERENEEEn |
SIR JOSEPH-ADOLPHE CHAPLEAU Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec, 1893-1898
96 MILICÉ CANADIENNE-FRANÇAISE
étape moyenne de onze lieues par jour, soit la distance de Québec à Repentigny. Le
lieutenaut-colonel Otter mérite tous les éloges que l’on peut décerner à de bons calculs et à l'activité.
Les Sauvages disparurent, mais les coups de feu tirés sur les sentinelles donnaient lieu de croire que chaque broussaille recélait encore un maraudeur aux aguets. Les réserves avoisinantes étaient désertes ; on supposait que beaucoup de guerriers étaient allés rejoindre le chef Poundmaker. Quelques jours plus tard, un Métis arriva, racontant qu'il s'était évadé du camp de Poundmaker, où il était retenu avec plusieurs autres de sa race, et il ajoutait que les Métis se tourneraient
contre les Sauvages, si ces derniers étaient attaqués par les troupes ; que, si l'attaque avait lieu sans délai, avant l'apparition de Cros- Ours et de sa bande, on les vaincrait facilement. Sur ce, Otter décida de porter un coup rapide. La colonne s'ébranla le 1° mai. On traversa un pays accidenté, coupé de ravins profonds et de forêts épaisses, interrompues par des coulées que la route enjambait. Après un repos de quelques heures, vers minuit, à la clarté de la lune, la marche fut reprise et, au lever du soleil, on trouva un campement abandonné avec toutes les marques de la précipitation. Le chemin infléchissait ensuite à
+ droite, longeant un coteau à pic, et plongeaïit L'HONORARLE VÉLIX-GABRIEL, MARCHAND aussitôt dans un ravin juste assez profond
Lieutenant-Colonel, commandant le 21e bataillon, 1F66-1$0
pour rendre très difficile le passage à gué des voitures. Les canons suivaient au galop, mais ils n'étaient pas encore en position au somimet de la côte lorsque les balles commencèrent à siffler et la bataille s'ouvrit. Il était cinq heures du matin; la marche de nuit prenait les Sauvages par surprise. L'endroit se nomme Coup-de-Couteau (Cz/ Ænife), d'après un chef célèbre que Poundmaker avait défait dans ce repli de terrain plusieurs années auparavant.
Nous renvoyons encore le lecteur aux récits complets qui ont été publiés sur ce long et meurtrier combat. L'artillerie y a joué un certain rôle, mais quant au canon Gatling son résultat n’a guère été en proportion des trois mille projectiles qu’il a lancés par ses six bouches durant l'engagement. Les Sauvages déployèrent une ténacité et firent des mouvements qui ne leur sont pas habituels. Ils nous mirent plus d’une fois dans une situation critique. La solidité de nos braves miliciens sauva tout. Ceux-ci rectifièrent leur tir avec un sang-froid admirable, quoique tardivement, et parvinrent à faire voir aux maîtres chasseurs du Nord-Ouest qu’ils avaient aussi leur manière d'atteindre le but en faisant parler la poudre. Les affêts des deux canons de l’école d'artillerie ne valaient rien; ils se rompaient; on fut obligé d’attacher les pièces avec des cordes sur des espèces de chevalets improvisés pour continuer à s’en servir; ce que voyant, les Sauvages firent une charge dans le dessein de les prendre, mais ils furent reçus si chaudement qu’il leur fallut déguerpir. A dix heures, la colonne retournait en arrière,
1y, Le “alculs
nuaient s, Les S: of étaient uelques contant maker, s de sa 1eraient étaient uc avait e Crost facile- 11 coup ai. On Favins ompues
Après inuit, à prise et, ipement la préisuite à longeaït profond
oué des tion au Hate ll urprise.
Pound-
sur ce
canotl lancés icité et ine fois Ceux-ci irent à tteindre rtillerie cordes ant, les eçus si arrière,
au campement abandonné, mais les Sauvages en avaient assez et ils s'en allèrent de leur côté. Nous avons eu huit hommes tués et douze blessés dans cette affaire. On ignore les pertes subies par les Sauvages, peut-être soixante-quinze hommes. Poundmaker avait avec lui trois cent cinquante Sauvages et cinquante Métis; lorsque, peu après, il se rendit, il déposa deux cent dix fusils et carabines, mais une partie considérable de ses hommes les mieux armés l'avaient déjà quitté pour rejoindre Gros-Ours.
Reprenons la ligne du Pacifique dans la direction de l'ouest, et rendons-nous à Calgary, d’où devait partir la troisième colonne pour marcher sur Edmonton et le iort Pitt, afin de dégager ces postes, ainsi que d’autres de la même région, circonscrits par les Sauvages. Le fort Saskatchewan tenait bon, grâce à la police à cheval, mais toute la contrée était au pouvoir de Gros-Ours.
De Calgary à Edmonton, il y a deux cents milles. Le major général T. B. Strange, très favorablement connu dans Ontario et Québec, demeurait alors près de Calgary. On lui donna le commandement de cette troisième division, composée du 65° bataillon de Montréal, du 92° de Winnipeg et des éclaireurs du capitaine Steele. Le 20 avril, une moitié de la colonne partit, se dirigeant au nord. La route s'étend à travers la prairie presque sans arbres. Quelques marais furent les seuls obstacles que les soldats eurent à rencontrer dans les premiers jours. L’aile droite du 65°, ainsi en marche, forte de cent soixante hommes, sous le lieutenant-colonel George Hughes, ancien volontaire de 1865-1866, zouave pontifical, avait des instructions spéciales. Le général Strange l’'accompagnait.
La colonne était de la sorte séparée en deux détachements.
Le 23 avril, l'aile gauche du 65°, cinquante hommes de la police à cheval (avec un canon de 9) et cinquante carabiniers à cheval d'Alberta, tous sous le commandement du major Perry, gradué du collège militaire de Kingston, se mit en marche et atteignit la rivière à l’Orignal-Rouge (le 28), que l'aile droite avait traversée à gué, mais, par malheur, | les eaux des moatagnes gonflaient brusquement |
ce cours d’eau, On construisit tout d’abord un radeau, mais le câble se brisa, et le tout aurait été perdu avec les armes, munitions, etc., que portait cette embarcation, si le major Perry ne se fût trouvé là à point pour utiliser son expérience dans ces sortes d’affaires. Cet officier fit le dessin d’un bac et dirigea les travaux de sa construction, de sorte que, en trois où quatre
jours, le passage du torrent devint possible, et l'aile gauche suivit la route qui mène à Edmonton, où l'aile droite arrivait en ce moment (1° mai).
Le 30 avril, un troisième détachement se mit en marche de Calgary pour suivre les deux premiers. Il était composé d’une partie des hommes du 92° bataillon, levé à Winnipeg, parmi d'anciens volontaires, par le lieutenantcolonel Osborne Smith, et qui se comportèrent en vétérans d'élite durant la campagne. Onze jours après, on les voyait arriver à Edmonton. LIEUT.-COL. GUSTAVE D'ODET D'ORSONNENS
Commandant le district militaire n° 6 13 et l'école d'infanterie de Saint-Jean-d’Iberville
98 MILICÉ CANADIENNE-FRANÇAISE
Le major Perry, avec l'aile gauche du 65°, y était arrivé le 5 mai, Donc, le 12 mai, le général Strange avait dans sa main, à Edmonton, sept cent trente hommes, savoir : trois cent quinze du 65°, quatre-vingt-dix volontaires d'Edmonton, soixante-dix hommes de la police à cheval, cinquante carabiniers à cheval d'Alberta, quarante-six éclaireurs du capitaine Steele et cent quatre-vingt-dix hommes du 92° bataillon.
Edmonton avait été en proie à la plus grande panique jusqu'aû moment de l'arrivée du général Strange avec l'aile droite du 65°. Les Sauvages des environs disaient que les blancs avaient été massacrés à l'Anse-au-Poisson, Tout annonçait que Gros-Ours et Poundmaker allaient agir de concert en profitant de la fausse impression où étaient leurs gens. Le capitaine Steele, avec un fort détachement de police et d'éclaireurs, fut envoyé dans la direction de Victoria, à l'est, sur la Saskatchewan du Nord, et l'on mit garnison au fort Saskatchewan, non loin de Victoria, On travaillait aux bateaux plats qui devaient servir à se rendre jusqu'au fort Pitt, deux fois plus loin à l'est que Victoria. Résumons en quelques mots les dernières pages que nous venons d'écrire: Du avril au 1‘ mai (en chiffres ronds), les volontaires de Winnipeg, Toronto, Ottawa, Montréal, Québec et Halifax, s'étaient rendus dans le Nord- Ouest, et là, distribués en trois corps principaux, avaient pénétré par trois endroits dans le foyer de l'insurrection, L'ensemble de leurs mouvements est admirable malgré, ou plutôt à cause des difficultés qui entravaient partout la marche. Le 24 avril, Middlcton chasse les Métis de l'Anse-au-Poisson, à quelques lieues de Batoche. Le même jour, Otter entre à Battle-
Médaille accordée aux miliciens qui ont servi dans la campagne de 1SSs f ] ] A . 1 , ] ; « à à ’ CTACE Tv:
Ceux qui ont été au feu reçoivent en plus une agrafe d'argent ord et, 1e 2 mat, 11 écrase Îles
portant le mot ‘ Saskatchewan."
Sauvages et les Métis à l’Ansemai, Strange dégage Edmonton: le 5, il dirige des forces’ du côté
er
au-Couteau. Le 1 de l'est pour couper la ligne des Sauvages et opérer sa jonction avec Otter sur la Saskatchewan. Le but majeur de la campagne était atteint, sauf qu'il restait à prendre Batoche, puis soumettre Poundmaker et Gros-Ours.
La rivière Saskatchewan du Sud se dirige au nord; c'est ainsi que le général Middleton, à la tête de la première colonne, l'avait rencontrée, à la traverse de Clarke, le 15 avril; quarante-cinq milles plus bas, sur la même rivière, est Batoche. En suivant le cours de l'eau, après avoir dépassé ce dernier lieu, on tombe dans la Saskatchewan du Nord, qui déverse son trop-plein, à l’est, dans le lac Winnipeg, au nord de la province du Manitoba.
Entre la traverse de Clarke et Batoche se trouve la coulée où Anse-au-Poisson (Zrsh Creek), où l’on se battit le 24 avril, comme nous l'avons raconté, En cette circonstance, les rebelles offraient une résistance sérieuse, ce qui détermina Middleton à faire venir la deuxième moitié de sa colonne, qui était de l’autre côté de la rivière, mais ce contingent arriva vers la fin de l’action, de sorte que le général n'eut d’engagé que la moitié de ses forces, tout au plus.
12 ai, , Savoir!
hommes claireurs
l'arrivée ient que ros-Ours | étaient eurs, fut l'on mit ux plats ctoria, re: Du Ottawa, Halifax, e Norden trois it pénédans Île L'enents est plutôt à 1 entrahe, Le isse les SSON, À he. Le L Battlerase les l'Anselu côté sur la prendre
vénéral Clarke, suivant chewan
de la
>01$$on tte cireton à rivière, 1gagé
MILICH CANADIENNE-FRANÇAISIE 99
Il était évident que Riel et Dumont avaient fait de Batoche leur place d'armes et le boulevard des rebelles. Le bruit courait que la petite ville et ses abords étaient considérablement fortifiés. Le général décida de réunir toute sa division sur la rive droite où est de la rivière (même côté que l'Anse-au-Poisson) et de marcher sur Batoche, dès que la chose serait possible, On était arrêté par une quarantaine de blessés, qui devaient nécessairement être protégés et soignés par la colonne, en l'absence de tout endroit sûr et convenable pour les déposer, à une certaine distance du théâtre des hostilités, Les munitions étaient insuffisantes. Il s'en était perdu par suite du mauvais état des gibernes, et de plus ces soldats, neufs dans l’art des tirailleurs, dépensaient sans compter et sans utilité des masses de cartouches. On a remarqué, à l’Anse-au-
Lee ARessc mafPe sp m8e te Ce ns dosdg dal Po À it taatisé dar Ensdtatain amet A