CHAMP-DE-MARS, MONTR ÉAL
Poisson, à l'Anse-au-Couteau, à la Butte-aux-Français, que, dans la dernière partie de ces combats, les volontaires se mettaient à la ration, pour ainsi dire, et en même temps tiraient plus juste, tandis que, au commencement, ils lançaient une grêle de balles sans prendre les précautions qui leur avaient été enseignées chez eux dans les exercices du tir à la cible. La nouveauté d'une “cible humaine” rendant coup pour coup, les énervait sans doute, mais ensuite ils se maîtrisaient et devenaient plus formidables,
Le Worthcote, longtemps attendu, arriva enfin, portant deux cents hommes du bataillon Midland, le train d'ambulance, du fourrage, des approvisionnements de tous genres, des munitions, un canon Gatling qu'il avait reçu de la colonne d'Otter en passant au nord de Swift Current, On était au 5 mai. Ce qui eut lieu, à partir de cette date, forme la seconde phase du drame ou la seconde campagne de cette année.
Les Sauvages et les Métis de la vallée de Qu'Appelle avaient reçu, avec joie, la
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fausse nouvelle de la défaite d'Otter à l'anse du Coup-de-Coutean; mais, s'ils étaient turbulents, ils n'étaient pas encore hostiles, bien que sollicités par Riel de se joindre à sa cause, Ils pouvaient mettre huit cents guerriers sur pied, Pour les apaiser, Île
lieutenant-gouverneur Dewdney leur permit de tenir une
danse du soleil,” vieille coutume barbare, défendue depuis plusieurs années par le gouvernement fédéral.
A cette date, il y avait environ deux cents hommes de cavalerie à Winnipeg, qui reçurent l'ordre de se rendre à la frontière américaine, laquelle était déjà surveillée par des Jome guards et des miliciens. Le principal de ces corps était des fusiliers (ravgers) de Stewart, composés de cent cw-boys de Calgary.
Le 1
er
mai, l'artillerie de garnison de Montréal, sous le commandement du lieutenantcolonel Oswald, un des plus beaux bataillons du pays, fut appelée à tenir garnison à Winnipeg; c'est le premier corps qui fit tout le trajet par voie ferrée jusqu'à Winnipeg.
Rien ne retardant plus la marche de la colonne sur Batoche, le général Middleton
hommes: batterie A, deux canons, quatre-vingt-six officiers et soldats; demi-batterie de Winnipeg, deux canons, quarante ofciers et soldats, une mitrailleuse Gatling; 10° bataillon, deux cent dix officiers et soldats; 90° bataillon, deux cent cinquante-quatre officiers et soldats; détachement du bataillon Midland, quatre-vingt-un officiers et soldaus ;
leva le camp de lAnse-au-Poisson, le 7 mai au matin, avec sept cent soixante-quatre
infanterie à cheval de Boulton, soixante-cinq officiers et soldats; éclaireurs du capitaine French, vingt-huit officiers et soldats.
Le S mai, à neuf milles de Batoche, le général Middleton établit son camp et lança des éclaireurs dans le voisinage de la place. Le 9 au matin, laissant le camp debout, on marcha vers les piemières maisons. Le canon Gatling d’une part et quelques pièces d'artillerie placées sur un point dominant la ville, firent quelques ravages, mais des tranchées (r/fe prls) étaient pratiquées entre la ville et les terrains élevés qu'occupaient les canons, de sorte que Îles artilleurs étaient exposés au feu des carabines des Métis, Une partie du bataillon Midland descendit dans une coulée pour prendre à revers les occupants de la tranchée, Cette manœuvre, ainsi que plusieurs autres, remplit le reste de la journée. On ne voulait agir qu'avec prudence, considérant qu'il v avait des prisonniers dans la ville, qui pourraient bien souffrir d'un moment de désespoir des assiégés. A la nuit tombante, il se tirait encore des coups de fusil dans plusieurs directions. Nous avions deux soldats tués, un officier et neuf blessés. Dans la matinée du 10 mai, le général fit bombarder une maison sur l’autre rive et lancer quelques obus aux endroits où l'ennemi se montrait. Dans l'après-midi, on bombarda le cimetière occupé par des tireurs déterminés, et quelques retranchements sur la droite du camp. En même temps, on pratiquait des tranchées qui approchaient nos tirailleurs des ouvrages de l'ennemi, Nous avions un homme tué et cinq blessés, ce qui indique que nos gens avaient gagné de l'expérience dans ce genre de lutte. Le 11, on alla déloger des Métis tapis derrière des ondulations de terrain dominant les maisons de Batoche. Peu après, quelques soldats du bataillon de Midland, conduits par le lieutenant-colonel Williams, se précipitèrent vaillamment dans les retranchements ennemis, en arrière du cimetière, et mirent en fuite les Sauvages qui y laissèrenc leurs couvertes et plusieurs autres objets. Un canon de la batterie À avait attaqué le cimetière et les contreforts qui se trouvaient près de l’église. Dans l'après-midi, on plaça deux canons de la batterie de Winnipeg à l'endroit occupé par l'infanterie de Midland, près du eimetière, d'où on pouvait facilement observer la position de l'ennemi sur l’autre côté de la rivière. Les canons surent braqués vers la maison sur laquelle Riel avait fait arborer un drapeau blanc, et où se