‹ Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897 [microforme]Chapitre 33 sur 54 · SALLE D'EXERCICES, MONTRÉAL · texte numérisé non relu

SALLE D'EXERCICES, MONTRÉAL

Midland, soixante hommes en tout, sous le commandement du lieutenant-colonel Williams, furent placées à gauche, près du cimetière. Le 10° bataillon, au nombre de deux cents, sous le lieutenant-colonel Grasset, prolongea la ligne à droite, appuyé par le 90°. Les soldats du Midland et du 10°, réunis sous les ordres du lieutenant-colonel Van Straubenzie, firent une charge enthousiaste qui chassa l'ennemi de ses retranchements en face du cimetière. Pendant ce temps-là, un feu bien nourri venant de l’autre côté de la rivière, harcelait nos soldats. Le Midland et une compagnie du 90° dirigèrent leur feu sur ce point et parvinrent à en chasser les rebelles. Le Midland et le 10° se précipitèrent alors vers les maisons entourées de broussailles où se cachaïent les tireurs ennemis et aussitôt deux pièces de canon furent installées en cet endroit, Un peu plus loin, le 90° et un Gatling s’approchaient vivement des maisons en tirant sans cesse, et, comme nos soldats pénétraient davantage parmi les bâtiments, on vit accourir les prisonniers

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de Riel: la ville était prise. Les rebelles ont eu, durant les quatre jours, cinquante-et-un hommes tués ei cent “oixante-douze blessés.

Les Métis commencèrent à faire leur soumission le :3, et le 13 Riel se rendit au général Middleton.

Pendant le siège de Batoche, le Mor/hcote devait rester à la hauteur des troupes et s'approcher de la ville à mesure que nous gagnerions du terrain, mais les Métis le tinrent trois juurs en arrêt, tirant sur lui sans discontinuer, coupant les :nanœuvres et empêchant de les réparer. La compagnie €, de l'Ecole militaire, qui formait l'équipage de conibat, ripostait par une vive fusillade et elle réussit à empêcher la capture du vaisseau.

La victoire remporée par la première division était si complète que, le 16 mai, Île général Middleton partit de Batoche avec tout son monde, et arriva à Carleton où trois parlementaires de Poundmaker l'attendaient. Il leur dit que, le 26, il serait à Battleford où il recevrait la soumission des chefs sauvages, mais sans conditions. De Carleton à Batileford, le Vor/Acote transporta le général qui mit pied à terre dans ce dernier lieu le dimanche soir, 24 mai. Poundmaker et ses principaux supports se livrèrent avec une quantité d'armes.

L'on était sans nouvelles re Gros-Ours qui, dans la région d'Édmonton, représentait ce qu'avait été Poundmaker dns celle de Battleford. Le général Strange leva le camp le 20 mai, avec les 65° et 92° betaillons, et arriva au fort Pitt le 24, après une marche des plus fatigantes. Le 26, le major Steele, des éclaireurs, découvrit les Sauvages retranchés dans une forte position, à la Butte-aux-Français, à quinze milles du fort Pitt, et à trois milles de la rive gauche de la Saskatchewan du Nord. Gros-Ours était à la tête de sept cents guerriers dont un grand nombre avaient pris part aux guerres indiennes des Etats-Unis. Le 27, Strange partit du fort Pitt avec quatre-vingt-dix hommes du 65°, quatre-vingt-dix du 92°, sous le: lieutenants-coloncis Hughes et Smith, cinquante hommes montés sous le major Paton, trente hommes de police, les éclaireurs de Steele, les tirailleurs d'Ottawa—en tout quatre cent cinquante hommes, avec un canon de 9

Le pays est accidenté, coùpé de ravins, silionné de rivières et couvert de bois a. Les Sauvages ne pouvaient choisir un meilleur endroit. Dès que ces derniers prirent contact avec nos rangs qui s'avançaient, ils ouvrirent le feu dans une vallée qui leur offrait de bons abris, mais quene obus qui éclatèrent au milieu de leurs différents groupes, appuyés par le ti des 65° et 92°, déployés en tüailleurs, le: força à la retraite. L'affaire avait duré trois heures.

Le lendemain eut lieu l'attaque de la Butte, dans le même ordre. Les soldats descendirent d’abord sur une plaine inclinée, recevant le feu plongeant de Gros-Ours ‘aché dans les flancs de l’éminence, mais le général Strange avait développé sa ligne sur trois quarts e mille, de manière à moins exposer les volontaires et à couvrir une plus grande étendue de terrain. Les soldats Ephrem Lemay et J. Marcotte, du 65°, furent dangereusement blessés, à part trois autres du 65° et un homime d’Alberta, qui furent atteints par des balles, sans avoir à craindre pour leur vie. Vers neuf heures et demie, le canon et le tir plus sûr de nos carabines réduisirent les Sauvages au silence. Le général, ayant été informé que deux cents Sauvages opéraient un mouvement de flanc sur sa ligne, fit retirer les tirailleurs du 65°, qui n'étaient plus qu’à six cents pieds des tranchées ennemies et qui voulaient se lancer à la baïonnette pour en finir par une lutte corps à corps. (C'’eût été une rencontre meurtrière, au cas où les Sauvages eussent attendu le choc de pied ferme, mais il est probable qu'on les aurait vu fuir, puisqu'ils abandonnèrent d'eux-mêmes leur position.

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Le 29, la colonne se retira quelque peu, dans l'espoir que le général Midaleton enverrait des renforts. Lin effet, cet officier apprenant ce qui se passait, partit, le 31 mai, de Battleford, avec cinq cents hommes, par le bateau à vapeur, et, après des marches forcées sous un pluie torrentielle, il rejoignit Strange le 2 juin; mais, depuis le 29 mai, Gros-Ours s'enfonçait vers le nord. Durant les jours qui suivirent, on recueillit un certain nombre des prisonniers de Gros-Ours. Le 3 juin, le major Steele, avec quatrevingits hommes, marchant sur les traces des fuvards, se vit arrêter par trois cents d’entre eux, en pleine forêt, où il était impossible de faire usage de la cavalerie. Gros- Ours, sommé de rendre ses prisonniers, répondit qu’il se défendrait, et il ouvrit un feu qui dura deux heures, après quoi il devint manifeste que les Sauvages se décourageaient. Les combattants n'étaient qu'à trois cents pieds les uns des autres, séparés par un petit ruisseau. Steele commanda une seconde fois à Gros-Ours de rendre ses captifs; les

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