‹ Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897 [microforme]Chapitre 34 sur 54 · SALLE D'EXERCICES, QUÉBEC · texte numérisé non relu

SALLE D'EXERCICES, QUÉBEC

Sauvages répondirent par une décharge générale, puis batiirent en retraite et se retranchèrent sur un petit monticule, mais les éclaireurs les délogèrent par une charge hardie

et vigoureuse,

Le général Middleton décida alors de poursuivre Gros-Ours sans relâche. Les canons furent démontés, on abandonna les wagons, et toute la troupe partit avec des provisions pour dix jours. Les Sauvages étaient à trente-cinq milles en avant, et cette distance fut franchie en une journée, mais Gros-Ours s'était échappé en abandonnant tout derrière lui, à l'exception des armes et des vivres, sans prendre le temps d’enterrer ses morts. Le pays n'est qu'un vaste marais dans le,uel hommes et chevaux enfonçaient à mijambes, et des myriades d'insectes tourmentaient hommes et bêtes. Le 5 juin, le détachement du 65° fit trente milles de cette façon ; deux compagnies du 92° firent quarante milles. Le lendemain, la chasse recommença. Le 6£° était toujours en avant, les hommes presque nu-pieds et les uniformes en lambeaux. On alla ainsi jusqu’à la rivière Castor, soit une course de quatre-vingts milles. Le général Middleton constata que Gros-Ours

se trouvait à quatre journées plus loin et que nos soldats n'avaient plus que trois jours de rations; il prescrivit d'arrêter la poursuite. Les Chippewas venaient de se rendre à Strange. Le 11 juin, on organisa une nouvelle expédition en concentrant des forces à la rivière Castor, pensant que Gros-Ours voulait gagner le lac des Iles, qui est plus au nord.

Vers ce temps, on appréhendait des troubles sur la frontière américaine. Des Lome guards se formaient partout du côté canadien. Le bataillon d'Halifax tenait garnison à Swift Current, à la Mâchoire et à Medicine Hat. Le 9° de Québec stationnait à Calgary, McLeod, Gleichen ei antres endroits des environs, Le 91° de Winnipeg occupait Qu'Appelle et surveillait la route du nord (jusqu'à Humboldt), qui mène à Batoche. Le 28 mai, l'artillerie de place de Montréal fut envoyée à Régira. En somme, nos troupes étaient postées sur d'immenses étendues de pays et, quand on songe que c’étaient tous des volontaires — des soldats sur le papier, avait-on dit —et qu'ils faisaient face partout sur les trois côtés d’un carré oblong grand comme la France, dans un pays neuf, sans ressougces militaires, par conséquent, on est obligé de convenir que notre milice vaut quelque chose. Le 12 juin, à Qu’Appelle, quatre cent quatre-vingts Sauvages se soulevéent, donnant de grandes inquiétudes aux autorités, mais on les apaisa. Tous les prisonniers du nord étaient logés à Régina, chef-lieu des territoires du Nord-Ouest.

Nous arrivons à la fin de cette campagne, la plus mémorable de nos annales depuis 1812-15. Le 16 juin, à la rivière Castor, Middleton rejoignit Strange qui avait déjà lancé des bandes de Chippewas sur la trace de Gros-Ours. De cette hetre jusqu'au 22 juin, les nouvelles confirmèrent la fuite du chef sauvage abandonné de ses guerriers. Les prisonniers survenaient par groupes de trois ou quatre. Le général Middleton jngea que l’œuvre des volcntaires était terminée, ct il laissa À la police à cheval le soin de soumettre les derniers rebelles.

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