Id. année 1893, p
RÉINTÉGRATION DES MISSIONNAIRES
Ce fut en vertu de ce même principe que les missionnaires n’ont pu s’établir à Kalimpong, gros marché et la forteresse des protestants dans cette région. Dès 1884, dans une visite que le Depuly Commissionner, M. Oldhome, avait faite à M. Desgodins, à Padong, il avait eu l’idée de tracer une limite de juridiction entre les prêtres catholiques et les ministres écossais de Kalimpong. Le provicaire s’était contenté de répondre que la chose lui paraissait assez difficile; puis, pour ne pas être obligé de contredire son interlocuteur, il avait changé le sujet de la conversation.
En 1893, Desgodins adressa à Calcutta une supplique pour être autorisé à fonder un poste dans ce village. On refusa, en donnant pour raison que la mission écossaise y était fixée. Les pourparlers n’allèrent pas plus loin ; mais, de temps à autre, les missionnaires se rendaient à Kalimpong pour y prêcher l’Évangile et ils y eurent d’assez nombreuses controverses avec les protestants. Au mois de décembre 1897, un protestant exprima le désir d'embrasser le catholicisme et offrit aux ouvriers apostoliques une petite propriété à Kalimpong. Ceux-ci se hâtèrent d’accepter et d’élever quelques cabanes sur le terrain offert.
Mais, aussitôt, les protestants réclamèrent, ils rappelèrent la réponse donnée en 1893, et les missionnaires reçurent l’ordre de détruire leurs modestes constructions ; ils réclamèrent et, au mois de juin, l’administration révoqua l’ordre qu’elle venait de donner, mais elle défendit de faire à Kalimpong des bâtiments solides jusqu’à la révision de la première décision.
Cette révision fut officiellement notifiée le 13 juin 1900, elle fut contraire aux vœux des ouvriers apostoliques. Il en avait été de même pour leur demande de s’installer à Nok, qui avait été rejetée le 4 décembre 1899. Seule leur demande de se fixer à Kachim fut agréée le 5 septembre 1899.
Au résumé de ces travaux, joignons l’indication d’un règlement général pour les vierges chrétiennes, rédigé en 1895 par M. Giraudeau, assisté des missionnaires de Ta-tsien-lou et des environs. Avant d’avoir force de loi, ce règlement fut remis aux religieuses, que l’on pria de notifier leurs observations, en toute liberté. Les saintes filles se contentèrent de faire quelques remarques pratiques, par exemple, sur la reddition de leurs comptes à une sapèque près, ce qu'elles jugeaient difficile. On les rassura sur -ce point et sur ceux qui pouvaient leur inspirer des doutes. En même temps, on leur expliqua que plusieurs articles, par exemple les cinq derniers, n’étaient qu’une indication générale, et qu’il faudrait y ajouter, pour chaque couvent, un coutumier spécial et détaillé.
Ces explications reçues, la religieuse Koue la première, et les autres ensuite, donnèrent leur entier assentiment à tous les articles proposés. Aussitôt, M. Giraudeau envoya le texte du règlement à Mgr Biet qui l’approuva 1 .
Quant aux œuvres, nous signalerons, en 1895 l’établissement d’un orphelinat à Maria-Basti et d’une école à Lengtse, en 1895 et en 1897 d’écoles assez florissantes et d’un orphelinat de filles à Mo-sy-mien, en 1898 d’un petit hôpital à Padong, d’une pharmacie à Len-tsy.