Padong, lettre du 18 mai
ÉTAT ACTUEL
sont encore trop inexpérimentés pour se suffire à eux-mêmes, du moins ordinairement. Chez les païens, les jeunes mariés restent pendant plusieurs années sous la tutelle des parents du mari ou de la femme, avant de sortir de la maison paternelle. Nos orphelins n’ayant pas cet avantage, nous sommes obligés d'y suppléer par quelques secours distribués à bon escient.
» Au poste de Maria-Basti, il n’y a pas eu lieu jusqu’ici d’acheter du terrain pour les orphelins, puisque nous y avions un village concédé à cet effet. Mais comme il fallait défricher la forêt, et ces terrains ne devenant productifs qu’au bout de quelques années, les dépenses consacrées à l’établissement des orphelins étaient néanmoins assez considérables. »
Quoique peu nombreuses, les œuvres de charité produisent quelque bien. Il y a dans le Thibet oriental sept pharmacies où l’on distribue des remèdes, principalement pour les enfants. Padong a un embryon d'hôpital. Ses débuts sont d’hier, ils ont été très humbles. Certain jour, la mission ayant recueilli une folle, lui construisit une hutte. Puis quelques vieillards furent acceptés, et de nouvelles cabanes élevées ; on a pu les remplacer, il y a trois ans, par une construction plus solide, qui comprend plusieurs cellules. On donne, autant que possible, à chaque hospitalisé, un logement et une cuisine à part ; « c’est l’unique moyen, encore ne réussit-il pas toujours, d’obtenir que ce monde vive en paix. Chaque hospitalisé dépense 7 à 8 fr. par mois *. »
Les chrétiens.
Pauvreté des chrétiens. — Discipline. — Qualités et défauts des chrétiens. — Leurs pratiques religieuses.
Les premiers disciples de Jésus furent en général des petits et des humbles ; ce fait qui marque les origines du christianisme, se retrouve presque partout; il existe au Thibet comme dans l’Inde, en Chine, en Indochine et sans doute en Afrique et en Océanie.
Les catholiques thibétains appartiennent à la classe la moins élevée : ce sont des cultivateurs pauvres, des commerçants très modestes, des esclaves rachetés.
« La plupart de nos chrétiens sont des exilés, car la persécution des lamas ne leur permet pas d’être chrétiens chez eux, écrivait Mgr Biet en 1882 1 2, et la situation n’a guère changé depuis cette époque ; pour prati-