Voir le texte à l’appendice XLI
o. Voir le texte à l'appendice XLII.
ÉTAT ACTUEL
et de laitage à la réfection de chaque jour de jeûne, sauf la vigile de la Nativité de Notre-Seigneur et le Vendredi-Saint.
Si les chrétiens ont besoin de la dispense soit pour le travail du dimanche, soit pour les aliments gras, ils ne manquent pas de la demander. Pendant la semaine, ils assistent assez souvent à la messe ou à certains exercices religieux, comme le mois de Marie ou le mois du Sacré-Cœur. Ils savent aussi bien que ceux d’Europe demander à Dieu la température convenable pour les biens de la terre et leurs prières sont parfois exaucées. A ce sujet, M. Dubernard 1 écrivait en 1883 : « Nous venons de passer 34 jours sans pluie, au moment où elle était le plus nécessaire. Les fidèles ont demandé messes et prières, ils auraient bien voulu qu’on gardât pendant trois jours les Saintes Espèces dans le ciboire, et j’eusse été heureux de le leur accorder, mais je leur ai dit que Votre Grandeur ne m’avait pas donné ce pouvoir. 11 y a eu un jeûne général avec invocations chantées au Sacré-Cœur de Jésus, au très saint cœur de Marie et à saint Joseph ; puis quatre enfants de l’école ont fait à tour de rôle le chemin de la croix au nom des chrétiens dispersés pour leurs travaux. Une pluie abondante de trois jours a permis de semer et de planter maïs, sarrasin et tabac, mais on redoute avec raison la sécheresse. »
Les jubilés sont suivis avec ferveur ; dans certains postes comme à Tsekou, on a vu des enfants refuser de se faire exempter du jeûne imposé à cette occasion. On ne peut attendre de la pauvreté des fidèles que les aumônes soient considérables, mais elles sont données de bon cœur; elles consistent ordinairement en céréales.
S’il y a parmi les catholiques quelques désordres moraux, il ne faut pas trop s’en étonner dans un pays, où la polygamie et la polyandrie existent; mais tout le monde sait, par quelques punitions infligées, que les chrétiens n’ont pas le droit de se conduire ainsi, et on peut dire que les plus mauvais des fidèles valent les meilleurs bouddhistes. Le jeu est inconnu et à peu près l'usage de l’opium. L’ivrognerie se rencontre malheureusement quelquefois. Mais comme il est toujours facile d'attaquer les appréciations générales, nous allons indiquer par des chiffres les pratiques religieuses de chaque paroisse.
Commençons par Ta-tsien-lou. Sur 210 baptisés, il y en a 113 en état de se confesser, et chaque année o ou 6 seulement ne remplissent pas leur devoir pascal ; la piété est représentée par 710 confessions et par 730 communions répétées. C'est évidemment une bonne moyenne.
A Cha-pa, tout le monde se confesse régulièrement sans exception; et en 1900, il y a eu 831 confessions et 787 communions de dévotion. Cha-pa est dans le groupe du Su-tchuen la paroisse où les catholiques sont le plus instruits. *
A Mo-sy-mien, sur 83 chrétiens en état de se confesser, 10 ne l’avaient pas fait en 1900, mais en revanche on comptait 262 confessions et 424 communions répétées. Des hameaux chrétiens se rattachant à Mo-sy-mien, le meilleur semble être Tsay-yang où les sociétés secrètes ont moins d'adeptes et où les fumeurs d’opium sont plus rares.
1. A. M.-E. vol. 556 c. M. Dubernard à Mgr Biet, 1er juillet 1885.
ET QUESTIONS GÉNÉRALES
Sans nous arrêter à Bathang et à Yaregong qui ont à peine quelques catholiques, arrivons à Yerkalo,où sur 116 chrétiens, on en compte 3 qui n’ont pas rempli leurs devoirs religieux en 1900, et pour les 61 fidèles en état de se confesser il y a eu 380 confessions et 276 communions de dévotion. Pendant les nombreuses persécutions qu'ils ont supportées, les fidèles de cette paroisse montrèrent une résignation véritablement courageuse, aucun d’eux n’apostasia, et, en l’absence du missionnaire, il ne fut pas rare de voir quelques-uns d’entre eux, faire la longue route qui sépare Yerkalo de Tse-kou pour aller recevoir les sacrements.
A Tse-kou, le district le plus populeux, non seulement de la partie yunannaise, mais de toute la mission, puisqu'il renferme 311 chrétiens, le missionnaire marque une seule abstention du devoir pascal, et 897 confessions et 843 communions. Il est à noter que dans la station même de Tsekou, un certain nombre de fidèles font la communion mensuelle, plusieurs le Chemin de Croix tous les vendredis, que les exercices du mois de Marie et ceux du mois du Sacré-Cœur sont suivis assez régulièrement.
Siao-ouy-si est moins solide, et quoiqu’aucun catholique n’omette ses pratiques religieuses, plusieurs ont montré beaucoup de faiblesse pendant les persécutions ; il en est de même à Into, à Ivampou et à Takhia où quelques familles de baptisés et de néophytes retournèrent au paganisme.
Dans le Thibet sud, les Népaliens donnent le plus de consolations aux missionnaires. « Parmi eux, écrit M. Moriniaux 1 , nous ne trouvons pas des exemples de vertu extraordinaire, il est vrai, mais il est juste de dire qu’en général ils pratiquent sérieusement leurs devoirs de religion et aiment à s'approcher des Sacrements. » Les Lepchas semblent moins sincères, moins convaincus des vérités catholiques que les Népaliens, leur instruction religieuse est plus difficile et leur détachement des superstitions plus lent. On a vu, au moment de la famine, quelques-uns de ces derniers passer au protestantisme afin d’obtenir des secours.
Pour maintenir et augmenter la piété des fidèles, les missionnaires leur donnent de fréquentes explications catéchistiques; ils tiennent à l’observance du dimanche et des fêtes, à la récitation quotidienne des prières; ils ont soin de donner le plus de relief possible aux cérémonies religieuses. Le mariage se célèbre à l’église, comme en pays catholique, et la cérémonie civile s’accomplit ensuite chez les parents. Les enterrements sont faits par les chrétiens eux-mêmes, selon les prières et les cérémonies détaillées dans le rituel chinois. A Ta-tsien-lou, les funérailles se font suivant les règles liturgiques, parce que la paroisse possède un cimetière à l’extrémité du jardin du presbytère.
Les missionnaires groupent les catholiques en confrérie, ils fondent des sociétés; il y a la confrérie du scapulaire, celle du Sacré-Cœur avec communion le premier vendredi de chaque mois, l’apostolat de la prière qui fut érigé canoniquement à Ta-tsien-lou dès 1888 et à Clia-pa en 1892; la société de l’oratoire. Cette dernière a été constituée dans le but de faire face aux frais du culte pour les grandes fêtes et de faciliter l’instruction