Par opposition à religieux et non à militaires
DESTRUCTIONS ET RÉPARATIONS
donnés laïques et religieux, qui ont oublié, au fond du cœur, que les iniquités qu’ils commettaient retomberaient sur leur tête. Désormais, les Européens qui répandent la bonne odeur de la vertu, pourront, comme auparavant, habiter partout, en haut et en bas. Nos sujets se sont engagés devant nous par écrit, à vivre mutuellement en bon accord avec les Européens, à être justes dans les achats comme en toutes choses, et, de plus, à ne causer jamais aucun dommage. C'est pourquoi, moi, chef des lamas, de concert avec les deux chefs civils, nous engageons à ne plus permettre au peuple, laïque ou religieux, de commettre de nouvelles violences.
Quant à ceux de nos sujets qui ont suscité ces malheurs par leurs mauvais conseils, moi, chef de la lamaserie et les deux chefs civils, nous promettons de les rechercher avec soin, et, dès que nous les aurons arrêtés, de les livrer aux mandarins chinois afin qu'ils les punissent selon les lois.
Pour ce qui est de la maison de Bathang qui a été détruite, les deux chefs civils et nous, lamas, travaillons en toute hâte à la rebâtir.
Les objets des Européens que nous avons pu retrouver, nous les livrerons au prêtre Tin. Quant à ceux des objets qui ne pourraient être trouvés, nous ne fatiguerons point les oreilles et le cœur des autorités civiles et militaires ; moi, chef de la lamaserie, et les deux chefs civils, nous nous engageons à en faire la réparation selon leur valeur.
C’est l’exacte vérité. En foi de quoi, moi, chef Kokhiojimba, j’applique ici mon sceau.
Un édit fut ensuite affiché en faveur des missionnaires, et les travaux pour la réparation du presbytère furent commencés. Ils étaient terminés le 10 avril, lors du retour de Goutelle et de Carreau.
A Yerkalo, dont la maison était demeurée intacte, mais où les céréales, la bibliothèque et beaucoup d’objets avaient été volés, les choses s’arrangèrent assez lentement. Après s’être montrés peu aimables envers MM. Desgodins et F. Biet, les chefs de ce village avaient changé d'attitude, dès qu’ils avaient vu la tournure que le procès prenait à Bathang.
« Le 9 de la première lune est un grand jour de fête pour nos Thibétains de Yerkalo, écrit F. Biet L Ce jour-là, tout le village, vieillards et chefs de famille en tête, s’est réuni pour venir me saluer et m’offrir des présents. Il y a eu un discours en règle prononcé par le vieillard le plus influent. Cette fois, les paroles ont été bien douces pour un missionnaire. On ne nous dit plus, comme dans les temps passés : « Puissiez-vous devenir nos chefs, nous vous obéirons en tout, etc. » Le fond du discours se résumait à ceci : « Votre procès marche bien ; nous en sommes très contents. Nos enfants sont plus heureux que nous, car nous espérons qu’ils pourront tous vivre et mourir dans votre religion. Pour nous, qui sommes vieux, nous avons encore l’espoir de mourir chrétiens : car, si vous gagnez votre procès, personne n’osera vous menacer de l’exil, et, avant notre mort, nous espérons tous servir le vrai Dieu. (A ces mots, marques générales d’assentiment). Grand merci de ce que vous êtes venu dans notre pays ; c’est un bienfait signalé pour nous et pour nos enfants. »
» Quoique toutes ces belles paroles n’aient que peu de valeur chez les Thibétains, j’avoue cependant qu’elles m’ont mis en grande allégresse, d'autant plus qu’elles ne furent suivies d’aucune demande d’argent. »
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De cette dernière remarque, il ne faudrait pas conclure que les habitants de Yerkalo pratiquaient le désintéressement et avaient acquis l’esprit de justice. On se tromperait. Ils avaient sans doute combiné le petit plan qu’ils tentèrent d’exécuter à la fin du mois de mars.
« A cette époque, raconte Goutelle *, un écrit est venu de Bathang, annonçant l’arrivée prochaine du mandarin chinois de cette ville et de deux chefs thibétains, et ordonnant au peuple de nous restituer, outre nos céréales, tous les objets volés ou perdus après notre départ de Yerkalo. Aussitôt, les notables des villages de Iiionglong, de Gunra, de Yerkalo, de Dzonké et de Poutigne se réunirent à Poutigne même et y tinrent conseil pendant deux jours. Ensuite, les maires de Dzonké, de Poutigne et les grands parleurs mosso se rendirent chez M. Biet au nombre de vingtet-un.
» Ils apportaient un cadeau de soixante œufs et venaient prier le missionnaire d’écrire à Bathang pour supplier le mandarin chinois et les deux chefs de ne pas venir à Yerkalo et de leur dire en même temps : 1° qu’ils feraient, après la récolte, restitution complète des céréales ; 2° qu’ils étaient étonnés de l’ordre de rendre les objets perdus, puisque ces objets avaient été abandonnés par les missionnaires ; d’ailleurs, ils n’en avaient pas, et le mandarin précédent avec le premier chef avaient, l’année précédente, reconnu que tout avait été rendu, excepté les céréales.
» Dans ce petit plaidoyer, ils se gardaient bien de dire que la maison des missionnaires leur avait été confiée avec tout ce qu’elle contenait, qu’après le départ de ceux-ci, ils s’étaient enfermés dans le presbytère, avaient d’abord pris pour eux tout ce qui leur convenait, et distribué le reste et les céréales au peuplé, avec promesse de les restituer si on les réclamait. Ils taisaient aussi avec soin la destruction de la bibliothèque. »
» M. Félix Biet répondit :
« Que ceux qui n’ont rien volé aient le cœur en paix, et que ceux qui ont volé restituent. Restituez aussi les céréales, et alors seulement je pourrai prier le mandarin et le chef de ne pas venir. »
» Sur ce, discours interminables que M. Biet interrompit en disant :
« Je ne changerai pas d’avis, tenez-le pour certain.
— Si les chefs viennent, répliquent les ambassadeurs, les Mosso déserteront le village de Poutigne et toute votre vie vous aurez à rougir d’avoir causé notre misère et notre exil. »
» Après cette menace, ils allèrent tenir conseil dans la plaine des trèfles de Yerkalo, puis ils envoyèrent un courrier à Bathang pour prier les autorités de ne pas venir. La réponse de celles-ci ne se fit pas attendre. Elles ordonnaient à six notables de se rendre à Bongmet dans trois jours. Ces six notables étaient Sertemba, vieux maire de Kionglong, un autre maire du même lieu, celui de Dzonké, Neurbou, le sorcier Kata 2, personnage influent et parleur habile, et, enfin, deux autres dont les noms nous sont inconnus. L’écrit en question annonçait que le mandarin chinois et les chefs seraient à Bongmet le 29 de la 3e lune.
2. Il est généralement appelé Katatemba. Kata est son nom et temba signifie sorcier.
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» Le lendemain de la réception de cet ordre, il y eut à Poutigne grande réunion de tous les villages. On y proféra mille malédictions contre les missionnaires : on exigea de tout le peuple le serment solennel de ne leur rendre aucun des objets réclamés. Le surlendemain, la réunion continua, mais il y eut division dans le conseil. Le peuple voulait que les dix-huit gardiens de la maison se rendissent à Bongmet. Les gardiens, n’étant pas appelés, refusaient.
» Enfin, un nouveau serment pour une action commune fut exigé de toutes les familles. On établit aussi une amende de cinq taëls d’or pour chaque famille qui ne consentirait pas à s’exiler si le Conseil déclarait qu’on devait s’exiler en masse, et pour chaque famille qui refuserait d'attaquer les missionnaires si on ordonnait de les attaquer. Tous s’engagèrent, mais avec l’intention secrète de ne faire que ce qui ne serait pas contraire à leurs intérêts personnels. Parmi les six notables appelés, quelques-uns hésitaient à partir. Le sorcier Kata, qui semblait être Pâme des conseils et des résolutions, entraîna les autres : « Allons-y, dit-il, puisque nous y sommes appelés, mais si un seul des six est emprisonné, on emprisonnera le prêtre étranger ; si un seul est enchaîné, on l’enchaînera ; si ma tête tombe, réunissez-vous tous, tuez le missionnaire et ses chrétiens, pillez sa maison et brùlez-la. La frontière n’est pas loin, c’est alors que vous devrez vous exiler. »
» Cette résolution fut acceptée par serment, sous peine d’une amende de cinq taëls d’or pour chaque famille qui se mettrait en dehors du mouvement. Puis, au milieu d’un brouhaha inexprimable, tout le monde s’écria : « Nous n’avons point brûlé la maison des étrangers, nous avions pensé que tout s'arrangerait par la restitution des céréales. Puisqu’ils veulent faire un gros procès en réclamant leurs effets perdus, faisons aussi un gros procès ; il faut se battre, qu’on se batte ; oui, la guerre, la guerre ! »
» Ces serments, ces menaces, ces cris n'auraient pas été très rassurants pour F. Biet s’il n'avait appris par quelques-uns de ses partisans que la division était dans le Conseil, et que personne, ou à peu près, n’avait l’intention de tenir un serment prêté sous la pression du sorcier redouté et des anciens gardiens du presbytère qui, plus compromis que les autres, voulaient provoquer une manifestation.
« Que les gardiens, disaient les gens du peuple, aillent s’arranger avec les autorités de Bathang et avec les missionnaires, c’est leur affaire et non la nôtre ; au besoin même, nous les accuserons, car nous, nous n’avons point de procès avec les missionnaires, et nous ne voulons pas payer pour les autres. »
Les choses en étaient là, lorsqu’une lettre assez vive des chefs de Bathang prescrivit la restitution intégrale des objets que Ton refusait avec tant d’obstination. A l’instant, tout change, les colères disparaissent si elles ne s’apaisent pas, et la restitution des céréales s’opère en quelques jours. Sans doute, les débiteurs avaient bien mêlé des pierres à l’orge ou au millet qu’ils apportaient, mais ils n’eussent plus été Thibétains s’ils avaient agi autrement. Certains objets pris dans les caisses de M. Desgodins
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n’ayant pu être retrouvés, il fut convenu que leur valeur serait comptée dans le règlement final à Ta-tsien-lou.
Lorsque Tehao apprit qu’à Yerkalo toutes les restitutions possibles étaient faites, il s’y rendit afin de pouvoir dire qu’il avait constaté par luimême la satisfaction des missionnaires. Il logea chez eux, fit appeler les maires et les principaux habitants de Yerkalo et des villages voisins. Selon la coutume, tous se présentèrent en lui offrant des présents qui, à cause de leur pauvreté, étaient fort modestes et ne consistaient qu’en œufs. Le mandarin jugea qu’en cette circonstance il devait prouver sa colère par un refus absolu. « Qu’est-ce que cela, fit-il en montrant les cadeaux qu’on lui apportait? Suis-je donc venu ici pour casser vos œufs? Emportezles, vous êtes des imbéciles. Vous comprenez? » Les villageois s’inclinèrent respectueusement. Le mandarin ajouta : « Pourquoi avez-vous chassé les prêtres étrangers? ce sont d’honnêtes gens. Vous vous êtes laissé monter la tête par les lamas? Vous avez eu tort, ne recommencez pas, autrement vous serez sévèrement punis. » Il continua sur ce ton pendant assez longtemps, s’interrompant pour ordonner à son interprète de traduire, et pour demander à M. Desgodins qui savait le chinois et le thibétâin, si la traduction était exacte. Après avoir vertement réprimandé le peuple, il lit appeler les lamas, et, tout en leur parlant plus doucement, il ne fut pas moins ferme et leur reprocha même assez vivement leur ivrognerie, leur licence et leurs brigandages. Enfin, il conclut en disant : « Si vous molestez ces étrangers qui sont d’honnêtes gens, sachez que vous serez sévèrement punis ; on diminuera le nombre des lamas, on en reconnaîtra seulement le dixième. » Cette menace était grave, car diminuer le nombre des lamas, c’était amoindrir leur puissance ; il est vrai qu’elle était plus facile à faire qu'à exécuter. Puis les chefs, le peuple et les lamas signèrent un acte déclarant que la bonne harmonie régnerait éternellement entre les missionnaires et eux.
A Bongmet, les choses se passèrent rapidement. Tehao envoya quatre hommes pour presser les habitants de préparer tout ce qui était nécessaire à la reconstruction du presbytère. Le sous-préfet, le chef militaire et deux maires furent spécialement chargés de faire exécuter ces travaux ; le mandarin donna à ses hommes un fouet et une chaîne pour punir ceux qui se montreraient récalcitrants, et les lui amener au besoin. Malheureusement, le travail fut assez mal exécuté et, plus tard, F. Biet fut obligé de le faire recommencer.
La première partie du procès était terminée, les missionnaires étaient rentrés dans leur poste, on leur avait promis de les respecter, on avait reconstruit leurs demeures et rendu une partie des objets volés.
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IY
Fin du procès.
Mgr Chauveau à Tchen-tou. — M. de Roquette. — Rappel de l’affaire de Bonga. — Lettre du vice-roi. — Mgr Chauveau visite les mandarins de Ta-tsien-lou. — Entrevues avec les mandarins. — Indemnité. — Tchao à Bathang. — Éloge de M. Desgodins. — Reconnaissance au gouvernement français.
Mais il restait encore des pertes à compenser. Mgr Chauveau avait réclamé 1800 taëls, et la question devait se traiter à Ta-tsien-lou entre lui et les mandarins chinois ; elle aurait peut-être traîné en longueur, quand on fut averti du voyage au Su-tchuen de M. de Roquette1, secrétaire de la légation de France, envoyé pour traiter l’affaire du massacre de M. Hue 2 à Kien-kiang. M. de Roquette devait être à Tchen-tou le 10 mai 1875. Mgr Chauveau résolut d’aller le saluer.
« Cette démarche de ma part, dit-il3, ne pouvait que lui être agréable; je n’avais que des nouvelles heureuses, pour le moment, à lui annoncer ; je ne voulais lui demander qu’un petit service. Un autre motif grave m’avait déterminé : outre le procès que nous traitions alors, nous avions à combattre un préjugé singulier. Les Thibétains se disent entre eux que les missionnaires, envoyés dans leur pays, sont des hommes mal vus par leur gouvernement, disgraciés pour quelque crime inconnu et qu’ils n’oseraient pas se présenter devant leur ambassadeur à Pékin. En me rendant à Tchentou, j’atteignais deux buts en même temps : je consolidais un peu nos affaires et je combattais des préjugés qui pouvaient nous être nuisibles. »
L’évéque quitta Ta-tsien-lou le 25 avril et arriva à Tchen-tou le 10 mai, presque à la même heure que le secrétaire de notre légation, auquel il put exposer à loisir la situation de la mission du Thibet et aussi un point particulièrement important : l’autorité de la Chine sur le Thibet. Nous n’avons pas à rapporter ici les arguments que fit valoir le prélat, puisque nous les avons déjà longuement exposés. L’issue heureuse du procès de Bathang ne faisant plus de doute, Chauveau tenta de reprendre le procès
1. Georges-Emile-Guillaume de Roquette, né à Bellevue (Seine-et-Oise), le 29 août 1837, attaché à la légation de France à Tanger le 19 janvier 1863, autorisé, par décret impérial du 14 décembre 1863, à ajouter à son nom de Guillaume celui de Roquette, nom de son aïeule maternelle, attaché à Berne en 1864, à Weimar en 1866, secrétaire à Rio-de-Janeiro en 1867, à Londres en 1869, à Stockholm en 1871, à Tanger en 1871, à Pékin le 22 janvier 1872, à Rome, près le roi d’Italie, le 31 août 1878, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire au Japon le 20 avril 1880, mis en disponibilité le 3 mars 1882.
2. M. Jean Hue, né à Fiers (Orne), le 21 janvier 1837, missionnaire du Su-tchuen oriental en 186S, massacré le S septembre 1873.
3. A. M.-E., vol. 556e. Lettre aux directeurs du Séminaire, Ta-tsien-lou, 24 juillet
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de Bonga, moins pour réussir que pour empêcher la prescription et prouver qu’il n’avait pas perdu le souvenir de cette grave affaire.
Après s'être entendu avec de Roquette, auquel il avait beaucoup plu par la modération de son langage et la dignité de sa tenue, il écrivit le 16 mai 1875 une lettre rappelant les droits des missionnaires sur Bonga, la reconnaissance qu’un jugement en avait fait en 1862, leur violation en 1865 ; et après avoir résumé en quelques lignes les demandes qu’il adressait à notre représentant il indiqua les moyens qu’il croyait les plus propres à employer pour les obtenir 1 :
Nous demandons : 1° Que le territoire de Bonga nous soit rendu avec toutes ses dépendances ; 2° Qu'on nous compense pour les pertes considérables que nous avons subies ; 3° Que les meurtriers de M. Durand soient recherchés et punis selon les lois ; 4° Qu'une indemnité soit imposée aux auteurs de ce meurtre quand on les aura connus. Nous demandons d’être autorisés à circuler et vivre librement dans tous les pays gouvernés par le Su-tchuen jusqu’à Tchamoutong inclusivement, mais pas plus loin pour aujourd'hui. Notre demande est limitée au Mékong, qui traverse la Cochinchine française. Elle se base sur la honte qui résulte pour le gouvernement français de voir ses nationaux exclus d’un pays où ils ont été reçus jadis, sur la facilité pour nous de mieux étudier la littérature thibétaine, beaucoup plus développée à Tchamoutong qu’ailleurs. — Moyens d’obtenir ces demandes : 1° Que M. de Roquette écrive au Dalaï-Lama et au gouvernement à Lhassa pour leur demander des explications très amicales sur ce qui s’est passé à Bonga en 1865 ; 2° Qu’il demande au vice-roi du Sutchuen et au gouvernement de Lhassa que le procès toujours pendant de Bonga soit enfin jugé à Kiangka, selon les anciens ordres du Tsong-liyamen et des vice-rois du Su-tchuen, en insistant fortement sur le lieu du jugement ci-dessus proposé, c’est-à-dire Kiangka, parce que Bonga relève de cette ville ; 3° Qu’il fasse observer que la légation ne pouvant toujours siéger à Tchen-tou pour traiter dans ses détails une affaire épineuse et compliquée de bien des manières, la dite légation en remet le soin au supérieur de la mission du Thibet et à ceux qu’il déléguera. Les missionnaires devront plus tard lui faire un rapport exact et détaillé de tout ce qui se passera à cette occasion.
M. de Roquette accepta, sinon de reprendre complètement l’affaire de Bonga, du moins de s’en occuper et, le 28 mai,, il transmit officiellement au vice-roi du Su-tchuen et au maréchal tartare une lettre de Mgr Chauveau rappelant les différentes phases du procès et exprimant le désir qu’on le jugeât.
A cette lettre, le vice-roi du Su-tchuen répondit :
Sans entrer dans de longs détails, j’écris ce qui suit : J’ai reçu hier votre lettre, en même temps qu’une pièce authentique de l’évêque Hong 2. Je les ai lues et examinées.
L'évêque demeure à Ta-tsien-lou depuis longtemps, c’est un homme équitable et droit. C’est pourquoi, comme des troubles avaient eu lieu l’avant-dernière année à Bathang, à cause des dissensions et des rixes mutuelles entre les missionnaires et les Thibétains, j’ai envoyé dans de bonnes intentions les deux mandarins Tchao et Pao, pour examiner attentivement et traiter ces affaires qui bientôt seront heureusement terminées.