‹ Histoire de la mission du ThibetChapitre 42 sur 170 · A. M.-E., vol. 556*, 4 mars · texte numérisé non relu

A. M.-E., vol. 556*, 4 mars

ADMINISTRATION DE LA MISSION

matation de Paris lui décerna le litre de membre honoraire et une médaille en 1868, et l’exposition de Vienne en 1867 également une médaille.

Il rêvait d'une encyclopédie en chinois avec planches, composée dans un esprit chrétien ; ne pouvant la faire faute d’hommes et de moyens, il s'efforça d'engager un Vicaire apostolique voisin à tenter l’entreprise. Il écrivit au Dalaï-Lama une apologie du christianisme qui, sans doute, ne parvint jamais à son destinataire.

Il adressa de longues et intéressantes lettres aux Missions Catholiques , aux Annales de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance 1 ; mais, par prudence, il les envoyait ouvertes au Séminaire des Missions-Étrangères et disait au directeur qui était le procureur de sa mission : « Lisez, voyez, mes intentions sont les plus droites du monde, mais à la distance où je suis, je puis me tromper sur les temps, les hommes, les choses... Si vous approuvez ma prose, laissez passer... sinon au panier. »

Sa piété était vive et d'une régularité parfaite. Il se levait à 4 heures, se couchait à 9 heures, faisait tous ses exercices de piété à heure fixe ; il récitait son bréviaire à la minute précise où il est permis de commencer l'office. Le bréviaire d’abord, tout le reste ensuite, était sa règle invariable. « On peut dire, raconte M. Déjean, que jamais il ne profila du privilège que nous avons tous de remplacer la récitation du bréviaire par celle

1. Les Annales cle la Propagation de la Foi ont publié dix-neuf lettres de Mgr Chauveau : t. XVIII (1846), 110-115 ; — XX, 63-71 ; — XXIV, 261-67 ; — XXV, 5-8 ; — XXVIII, 144-152, 232-236 ; — XXXV, 399-402 ; - XXXVIII, 281-288 ; — XXXIX, 19-22, 417-419 ; — XLI, 210-217 ; — XLII, 5-12, 287-301, 468-472 ; — XLIII, 253-264 ; — XLYI, 187-191, 196- 203 ; — L VI II , 192-199 ; — LIX, 191-205. — Les Missions catholiques en ont publié trentefrois : 7 août 1868, 49; 21 mai 1869, 161 ; 5 novembre 1869, 356 ; 13 mai 1870, 150 ; 24 juin 1870. 202 ; 16 septembre 1870, 297 ; 20 octobre 1871, 27 ; 8 mars 1872, 224 ; 20 septembre 1872, 562 ; 17 janvier 1873, 26 ; 24 janvier 1873, 37 ; 18 avril 1873, 180 ; 2 mai

1873, 206; 17 octobre 1873, 498; 14 novembre 1873, 542; 27 février 1874, 100 ; 6 mars

1874, 110 ; 29 mai 1874, 257 ; 7 août 1874, 387 ; 25 septembre 1874, 473 ; 20 octobre 1874, 483 ; 30 octobre 1874, .529 ; 22 janvier 1875, 37 ; 30 avril 1875, 213 ; 28 mai 1875, 260; 18 juin 1875, 296 ; 25 juin 1875, 309 ; 23 juillet 1875, 353 ; 1" octobre 1875, 478 ; 15 octobre 1875, 497 ; 18 février 1876, 79 ; 25 février 1876, 92 ; 22 juin 1877, 301 ; 13 juillet 1877, 333 et 1er février 1878, 51. — Les Annales de la Sainte-Enfance en ont publié seize : t. I, 328-332 ; — t. III, 48-00 ; — t.lll, 564-576 : — t. IV, 294-309 ; — t. V, 60-66 ; — t. IX, 199-203 ; — t. IX, 430-433 ; — t. XV, 290-293 ; — t. XVI, 103-109 ; — t. XXIII, 14-18 ;

. — t. XXIII, 298-319 ; — t. XXIV, 10-13; — t. XXVI, 29-33 ; — t. XXVI, 304-311: — t. XXVIII, 290-308 ; — t. XXIX, 381-386.

Le journal Le Luçonnais publia également en 1866 deux légendes chinoises : Le Suicide et La jeune Famélique , traduites en vers par Mgr Chauveau. La première a été reproduite dans sa Biographie : Vie de Mgr Chauveau, p. 176-178. Il composa également des stances sur ce sujet: Qu’est-ce que la mort ? — Vie de Mgr Chauveau , p. 181- 184. — Son dernier travail important fut celui qu’il composa sur La Vie et LesVertus du V. serviteur de Dieu, Louis-Marie Baudouin, fondateur, à Chavagnes, des Ursulines de Jésus et de la Compagnie des Enfants de Marie Immaculée. Il céda, dans cette circonstance, aux instances réitérées du troisième supérieur de la Congrégation, Mgr Galiot, son intime ami. Il lui fit, le 6 juillet 1877, l’envoi de sa déposition, qui contenait 74 pages in-8°. Elle partit le 10, pour Paris, munie de son sceau épiscopal, avec les attestations de son secrétaire, faisant les fonctions de notaire apostolique. Il écrivit à ce sujet: » Je devais ce témoignage au vénérable Père. Je le devais à moi-même. Je le devais à mon pauvre grand-père, Simon Renaud ; il me semblait quelquefois le voir me sourire du haut du ciel, comme étant alors l’organe de sa reconnaissance et de son immense respect. Voilà pour moi un grand devoir accompli, qui est de nature à faire plaisir à mes vieux amis de Chavagnes».

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du rosaire, .le tiens de Monseigneur ïui-même que, durant le temps des persécutions, en voyage, obligé de loger chez des païens, au milieu de la nuit il improvisait une lanterne sourde et récitait tout son office. J’ai vu le cher évêque malade bien souvent : tant que la chose a été matériellement possible, le bréviaire a toujours été récité. Dans sa dernière maladie, le bréviaire est le dernier livre qui soit tombé de ses mains défaillantes. Un jour, en particulier, le vénérable malade, en proie aux ardeurs d’une fièvre terrible, voulut néanmoins se lever pour réciter son office. Il me semble le voir encore : les deux mains s’agitaient convulsivement comme des feuilles, les dents claquaient, un gémissement saccadé plutôt qu’un son articulé s’échappait péniblement de ses lèvres... J’aurais dû cacher le bréviaire pour éviter au malade une si grande fatigue ; la pensée m’en vint, je n’en eus pas le courage, c’eût été lui faire trop de. peine. Le lendemain, dans un moment de calme, Sa Grandeur me dit : « Il faut avouer qu’hier j’ai bien mal récité mon bréviaire, je ne sais pas vraiment comment je m’en suis tiré., pas avec honneur certainement. — Mais, Monseigneur, hier vous étiez dispensé du bréviaire, du rosaire, de tout. — Sans doute, sans doute, mais, que voulez-vous? l’habitude... et puis un saint m’a dit qu’un bréviaire ainsi récité valait son pesant d'or. »

« Ne pouvant plus se mettre à genoux depuis plusieurs années à cause d'ankyloses formées aux genoux à la suite d’une terrible attaque de goutte, il récitait chaque soir son chapelet en se promenant comme saint François de Sales et comme bien d’autres saints. « Le chapelet, quelle délicieuse prière ! » me disait-il un jour. En récitant son chapelet, il méditait et à chaque dizaine au moins il demandait une grâce. Son amour du salut des âmes se donnait carrière en s’adressant à la sainte Mère, source de toutes grâces. C’est le cas de dire qu’en défilant pieusement ses Ave Maria, il priait pour tous et pour tout. Que de fois je lui ai entendu dire en apprenant la bonne mort d’un personnage marquant, dont la vie avait été plus au moins chrétienne : « Encore un qui me doit des Ave Maria et qui ne s’en doute guère ! » ou bien, quand nous lisions dans le journal anglais de Calcutta la conversion d’un protestant connu, d’un ministre :

« Merci à la bonne Vierge, elle aura des Ave Maria ! » Chaque vendredi il faisait très pieusement le chemin de la croix. »

Il célébrait la messe de très bonne heure et faisait toujours son action de grâces à la chapelle, mauvais bâtiment en planches dans lequel on n’osait pas avoir la sainte Réserve et qui, en hiver surtout, était très froid. A M. Déjean, qui un jour l’engageait à terminer son action de grâces dans sa chambre qui était chauffée, il répliqua vivement : « Comment, mais les pierres crieraient contre moi et vous allumeriez un cierge pour m’accompagner ! » Tant que ses forces le lui permirent, il chanta les prières d’actions de grâces. A midi, il n’omettait pas son examen particulier.

La grande sainte Thérèse avait aussi une large part de ses affections. Parmi le petit nombre d’ouvrages qu’il possédait au Yun-nan et au Thibet, figuraient les œuvres de cette sainte. Il les lisait et les relisait, et il y trouvait les motifs les plus puissants pour faire des progrès dans la pra-

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tique des vertus. Il aimait le Carmel et correspondait de temps en temps avec celui deLuçon,sa ville natale. Il dédia, aux religieuses qui l’habitaient, la paraphrase en vers français du psaume Super flumina Babylonis qu’il avait composée en 1849, dans le grenier où il s’était vu forcé de se cacher pendant huit jours. Il leur disait à cette occasion : « Mourir pour Dieu, mourir au monde, mourir à soi-même et mourir pour toujours, peut-il y avoir quelque chose de plus grand sur la terre ? Je trouve cela dans tous les Ordres religieux, mais à des degrés différents ; il me semble que sainte Thérèse a atteint le plus élevé. Heureuses, si vous marchez sur ses traces, si vous imitez son courage, si vous vous sacrifiez comme elle, si vous êtes ses filles encore plus par les vertus que par le nom ! »

L'un des sacrifices qui lui coûta le plus, fut sa translation du Yun-nan au Thibet, parce que la situation dont on lui imposait la charge était très difficile et sa santé déjà fort altérée. A cette occasion, le 17 novembre 1867, il écrivait à Mgr Gallot : « Je travaillerai de toutes mes forces, je grelotterai de temps en temps, il faudra souffrir de bien des manières, mais où ne souffre-t-on pas? Et que sait-on quand on ne sait pas souffrir, selon la belle parole de saint Jean de la Croix ? » Après sept ou huit ans passés à Ta-tsien-lou, il avait oublié ses répugnances à y venir.

« Nous avons quelquefois, au Thibet, des misères sans nombre et sans fin, disait-il ; eh bien ! je n’ai jamais été si content dans ma vie de missionnaire. Je ne fais pas grand’chose, quoique cependant je sois toujours occupé ; je m’en console en pensant que Notre-Seigneur est bon et que le néant ne peut rien faire. » M. Cooper lui rendant visite, un jour, au moment où il souffrait beaucoup d’un accès de goutte, se permit de lui dire : «Monseigneur, à votre place je maudirais mon sort. » Le patient lui répondit : «Et moi, je bénis Dieu; que sa sainte volonté soit faite en toutes choses. »

État général de la mission du Thibet.

Trois groupes. — Ta-tsien-lou. — Cha-pa. — Bathang. — Yerkalo. — Bongmet. — Tse-kou. — A-ten-tse. — Statistique générale.

Avant de clore l’histoire de la mission du Thibet pendant le gouvernement de Mgr Chauveau, il nous semble bon de résumer par des chiffres la situation de chacun des districts à cette époque, avec l’administration des sacrements telle qu’elle fut faite en 1877 L

Les chrétientés se divisaient alors en trois groupes :

1° Celles de Ta-lsien-lou ;

1. A. M.-E., Rapport de M. Desgodins aux directeurs du Séminaire. Ta-tsien-lou, 15 novembre 1877.

DU THIBET PAR MGR CHAUVEAU

2° Celles du territoire de Bathang;

3° Celles qui étaient situées dans le Yun-nan;

Le groupe de Ta-tsien-lou comprenait deux districts : Ta-tsien-lou et Clia-pa.

Ta-tsien-lou, résidence de l’évêque, centre d'une chrétienté et tête de ligne de toute la mission, n’avait pas d’autre station que celle de la ville. En voici la statistique : Nombre total des chrétiens 78 ; Séminaire 1 ; École 1 ; Religieuses 2 ; Catéchumènes 20 ; Chrétiens qui se confessent 57 ; Nombre total des confessions 395 ; des Communions 551 ; Chrétiens qui ne se sont pas confessés 2 ; Adultes baptisés 7 ; Enfants de fidèles baptisés 3 ; Baptêmes d’enfants d’infidèles 24; Confirmations 6 ; Mariages 2.

La note dont les fidèles de ce district sont marqués est la suivante 1 : « Les chrétiens sont généralement assez dociles, manquant un peu d’instruction il est vrai, mais observateurs des règles de l’Église ; ils n’ont point de contestations violentes avec leurs voisins idolâtres, et actuellement du moins ils ne rencontrent pas de préjugés haineuxchez les autorités, point essentiel à l’heure où nous sommes. »

Deux ministres protestants arrivèrent cette année même (1877), à Tatsien-lou avec l’intention de s’y installer. « Ils ont, écrivait M. Desgodins, produit le sentiment du ridicule et du mépris pour leur personne, par l’étrangeté de leurs manières et leur défaut de prévenance envers les autorités. Nos chrétiens les ont accueillis avec dédain et presque avec colère. » Les protestants ne devaient pas faire de grands progrès dans le Thibet, mais leur présence seule pouvait être un élément de trouble.

La mission possédait à Ta-tsien-lou : l’évêché situé en dehors de la porte du midi, occupant avec les cours 880 mètres carrés, un terrain plus vaste en dehors de la porte du nord, et, au milieu de la ville même, un établissement servant d’orphelinat, d’école de filles et de pharmacie.

Clia-pa, à deux jours de marche à l’est de Ta-tsien-lou, était dirigé par M. Déjean. Nombre de stations 1 ; Nombre total des chrétiens 170 ; École 1 ; Religieuses 4; Catéchumènes 76 ; Nombre total des confessions 460 ; des Communions 626; Chrétiens qui ne se sont pas confessés 13; Adultes baptisés 6 ; Enfants de fidèles baptisés 13 ; Baptêmes d’enfants infidèles 77 (dont 40 morts) ; Confirmations 10 ; Mariages 7 ; Extrême-Onctions 8 ; Adultes morts 8 ; Enfants fidèles morts 2.

« Les chrétiens de Clia-pa sont des gens simples et paisibles. Un certain nombre d’entre eux appartiennent par leur domicile à la mission du Sutchuen méridional, mais comme ils sont très loin de leurs missionnaires et très près de ceux du Thibet, ces derniers en prennent soin et les considèrent comme dépendants de Cha-pa. »

En parlant de Ta-tsien-lou et de Cha-pa, nous avons dit qu’il n’y avait qu'une station. Il ne faudrait pas en conclure que tous les chrétiens de ces deux districts sont massés autour de la résidence du missionnaire. Au contraire, ils sont disséminés par petits groupes à des distances plus ou moins considérables. Mais, comme il n’a été possible d’installer d’organi-

1. A. M.-E., M. Desgodins aux directeurs du Séminaire. Ta-tsien-lou, 15 novembre 1877.

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sali on dans aucun groupe, ce qui serait absolument nécessaire pour la visite régulière des fidèles, ceux-ci se rendent au centre pour l’accomplissement de leurs devoirs religieux, et le missionnaire ne va dans les annexes que pour la visite des malades.

Dans le territoire thibétain de Bathang, traversé du nord au sud par le fleuve Bleu et par le Mékong, de l'est à l’ouest par la grande route de Chine à Lhassa, on comptait trois districts :

Bathang, à 17 étapes de Ta-tsien-lou, sans que pendant ce long voyage on rencontrât un seul chrétien, était sous la direction de À. Biet et de Desgodins. Le catalogue d’administration des sacrements est aussi élémentaire que la station elle-même, qui se compose de trois chrétiens et de quatre catéchumènes : Nombre des confessions 15 ; des Communions 13 ; Baptêmes d’enfants d’infidèles 2 ; Apostat 1. Il y avait eu autrefois trois ou quatre familles chrétiennes à Bathang, elles s’en étaient éloignées en 1868, comme nous l’avons raconté, par crainte de voir s’accomplir les malheurs dont on les menaçait : la mort pour les hommes, l’esclavage pour les femmes et les enfants. La mission possédait à Bathang une assez grande maison avec une cour et un petit jardin, et, à quelque distance, un champ et une maison loués à une famille chrétienne, le tout d’une contenance de 2.500 mètres carrés.

Yerkalo, confié aux soins de F. Biet et de Carreau, offrait cette modeste statistique : Nombre total des chrétiens 19 ; des Catéchumènes 10 ; des Confessions 42 ; des Communions 30 ; Baptêmes d’enfants et d’adultes 4.

A deux jours de marche de Yerkalo et à moitié chemin de Bathang, dans une plaine très élevée, se trouvait l’établissement de Bongmet où Carreau allait souvent résider. On y comptait: Chrétiens 4; Catéchumènes 10 ; Nombre des confessions 12 ; des Communions 9 ; Chrétien non confessé 1 ; Adulte baptisé 1 ; Baptêmes d’enfants 2.

Dans la partie de la province du Yun-nan rattachée au Thibet, il y avait deux districts :

Tse-kou contenait 207 chrétiens dispersés en plusieurs villages, dont voici les noms avec l’indication du nombre des fidèles : Tse-kou et Niapatong, qui en est distant de 4 kilomètres, 106 Chrétiens ; Yarmé, village situé à environ 12 kilomètres de Tse-kou, et habité en grande partie par des Loutses, 30 Chrétiens; Chiarné, village lyssou où la mission possédait des terrains suffisants pour établir 6 familles, il y avait 5 maisons, et la plus belle servait de presbytère et d’oratoire lors de la visite du prêtre, 18 Chrétiens ; Djragnira, village en majorité loutse, 15 Chrétiens ; Inlo 7 ; Ouy-si o ; Lou-tse-kiang 4 ; anciens et nouveaux adorateurs, 22. Les chrétiens thibétains étaient sous la direction de Dubernard et les chrétiens chinois sous celle de Goutelle. Tous remplissaient régulièrement leurs devoirs religieux et le compte-rendu de 1877 porte cette mention :

« A l’exception de ceux qui n’ont pu être visités, des enfants trop jeunes pour se confesser et de 4 adultes dont 2 fous, tous se sont confessés et ont communié. » Le reste de la statistique donnée par M. Dubernard était la suivante : Nouveaux adorateurs et catéchumènes 17 ; Adultes baptisés 13 (Tse-kou 9, Yarmé 1, Chiamé 3, Djragnira 2) ; Enfants de fidèles bap-

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lises 10 (Tse-kou -4, Yarmé 2, Chiamé 1, Djragnira 3) ; Confirmations 8 ! Tse-kou 3, Yarmé 4, Djragnira 1) ; Mariages 4 ; Extrême-Onctions 3.

A-ten-lse, dont était chargé Goutelle avait 23 chrétiens, et le catalogue d'administration des sacrements indiquait : Nombre total des confessions 13 ; Communions 9 ; Chrétiens non confessés 4 ; Adulte baptisé 1 ; Enfant de fidèle baptisé 1 ; Enfants d’infidèles baptisés à l’article de la mort 5.

« A part 2 ou 3 familles qui sont passables, ajoutait tristement M. Goutelle, tous les autres chrétiens sont tièdes, sans avoir complètement perdu la foi. »

En achevant ce modeste tableau sous les yeux Mgr Chauveau, Desgodins écrivait aux directeurs du Séminaire ces paroles de consolation que seul un apôtre pouvait trouver au fond de son cœur :

« J’espère, Messieurs, que ce rapport vous persuadera que l’œuvre de la Propagation de la Foi n'a perdu ni ses prières, ni ses allocations et qu’enfin les missionnaires du Thibet, quoique travaillant toujours et partout au milieu du péril, n'ont pas dépensé en vain leur peine et leur temps. Ce que nous pouvons vous offrir est bien peu de chose, en comparaison de ce qui reste à faire. Mais le fondement est posé, la semence est jetée ; à Dieu d'élever l’édifice, de donner l’accroissement à la semence, aux chrétiens fervents de seconder la grâce et nos efforts par leurs prières et leurs aumônes, à nous de défricher à la sueur de nos fronts. »

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