‹ Histoire de la mission du ThibetChapitre 46 sur 170 · A. M.-E., vol, 556 «. Lettre à MM. Yinçot et Martinet · texte numérisé non relu

A. M.-E., vol, 556 «. Lettre à MM. Yinçot et Martinet

LES PREMIÈRES ANNÉES DE

vice-roi du Su-tchuen. Celui-ci dit que le résident impérial à Lhassa, Song, le même qui a promis un voyage sûr et honorable aux. Austro-Hongrois, ayant écrit au Tsong-li-yamen qu’il ne pouvait protéger les étrangers, le Tsong-li-yamen déclare au vice-roi qu’il faut dissuader les voyageurs d’entrer au Thibet ; en conséquence, Tin-pao-tchen donne aux mandarins chinois de Ta-tsien-lou, de Lythang et de Bathang, l’ordre d’entraver le voyage et de faire en sorte que les explorateurs retournent sur leurs pas et ne dépassent pas la frontière de Lanten. »

L'ordre, dont il est ici question, fut inséré quelque temps après dans une circulaire adressée par les autorités de Lhassa à toutes les lamaseries. Il était ainsi conçu 1 :

Dites aux voyageurs Magyars : Vous Européens, vous ne devez pas entrer au Thibet, retournez dans votre pays. Si ces Européens se repentent, s’ils se montrent obéissants à ces ordres, ils n’entreront pas au Thibet ; mais s’ils s’entêtent et s’obstinent à vouloir entrer, exposez votre volonté et vos affaires thibétaines au résident impérial à Lhassa.

L’évêque envoya immédiatement cette nouvelle au comte Bêla.

Celui-ci n’y voulut pas croire encore. A Lythang, il commença cependant à douter, car ayant voulu visiter le couvent, il fut reçu à coups de pierres par les lamas. A Bathang, la déception fut complète. Au lieu de l'escorte tant de fois promise et annoncée, on avertit les voyageurs qu’ils ne pouvaient songer à entrer sur le territoire du Thibet, que quatre cents lamas se tenaient près de Lanten pour les empêcher de passer. Bien plus, deux cents lamas avaient été autorisés à pénétrer en armes sur le territoire du Su-tchuen ; ces deux cents hommes, formant une première ligne de défense en pays chinois, attendaient les Austro-Hongrois à une journée de Bathang, à Tchroupalong.

On permit cependant aux explorateurs d’aller jusqu’à Nieou-kou où ils pourraient entrevoir le Fleuve Bleu. Ils s'y rendirent et furent accueillis par des coups de fusil. Cette fois, ils virent qu’il leur était absolument impossible d’avancer et ils prirent la route du Yun-nan pour retourner en Europe, sans avoir mis le pied sur le sol du Thibet.

Avant de partir pour Ta-li-fou, le comte Bêla écrivit à Mgr Biet pour lui dire combien exactes avaient été ses prévisions et lui indiquer ce qu’il comptait faire 2 :

Les renseignements que vous avez obtenus, Monseigneur, et desquels vous aviez la grande bonté de me faire part dans votre lettre du 17 novembre, n’étaient, hélas ! que trop justes. Hier enfin, j’ai obtenu la réponse de la part du Tsong-li-yamen, dans laquelle il avoue qu’il n'a pas assez d’autorité au Thibet pour pouvoir me secourir. Est-ce mensonge ou vérité ? Pour moi, cela revient au même. Pour le présent, il parait que le Thibet doit rester fermé pour les étrangers. Je viens d’envoyer une note au Tsong-li-yamen, où je dis franchement la vérité. 11 n’aura pas encore reçu une déclaration pareille d’un particulier ; en plus, je me pro-

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