Voir le texte à l’appendice XXVIII
2. A. M.-E., vol. 556^. Mgr Thomine à MM. Goutelle, Fage, Durand, A. Biet, Duber nard et F. Biet, 9 octobre 1864.
NOMINATION DE MGR CHAUVEAU
exposés, les travaux courageux, durs, persévérants que vous avez entrepris pour la mission, et rattachement personnel dont vous m’avez donné des preuves et dont je vous sais gré. Dieu m’avait chargé de remplir relativement à la mission du ïhibet une tâche qui ne pouvait être que transitoire. Mon âge, l'épuisement de mes forces, des circonstances pénibles m’ont indiqué' qu’elle était terminée. N’ayant pris à cet égard aucune détermination sans le conseil formel de ceux à qui Dieu a donné grâce et autorité pour m’éclairer, me rendant le témoignage de n’avoir agi que selon sa sainte volonté, je remets cette pauvre et chère Mission dans son cœur, entre les bras de ma Mère Immaculée Notre-Dame des Douleurs, notre patronne, et aux mains du vénérable, éclairé, actif et zélé Prélat, que vous aimez tous, et qui en est si digne. Je ne vous laisse rien à regretter. Il ne me reste plus qu’à vous donner une dernière bénédiction, à vous embrasser tous de tout mon cœur, et à vous assurer que vous et la Mission du Thibet, vous ne me devenez pas étrangers. Je serai heureux s’il peut se faire que je vous sois utile. Si Dieu me refuse cette consolation, au moins dans ma profonde retraite où Jésus-Christ daigne habiter, je lui parlerai de vous, je le prierai de .bénir vos travaux, de vous animer de plus en plus de son Esprit, de vous soutenir au milieu des épreuves que vous aurez à subir, et de vous rendre tous heureux en lui.
Qu’il daigne répandre sur vous toutes les bénédictions de son amour !
Veuillez me donner part à vos souffrances et prier pour moi.
Votre très affectionné serviteur et confrère,
■f Jacques-Léon Thomine-Desmazures, Evêque de Sinople.
A Chauveau, qui venait d’être nommé son successeur, Thomine fit part de ses intentions 1 :
« Je laisse à votre disposition personnelle en faveur de la Mission, sans que personne puisse vous en demander compte, tout l'argent qui m’appartient, ainsi que les territoires et autres objets que j’ai laissés en Chine. Seulement j’ai chargé M. Ko de donner, sur les revenus de ces propriétés, aux trois vierges Lieou, Ouan et Lo, qui se sont dévouées pour venir à Ta-lin-pin sur ma parole, (oui ce qui, jusqu’à leur mort, sera utile pour leur nourriture et leur entretien. Dans le cas où cela souffrirait quelque difficulté, je vous prie de donner à chacune de celles qui sont encore en vie la somme de cent vingt taëls, au moins, et alors la Mission ne s’occuperait plus d’elles.
» J’ai représenté à Rome qu’il serait utile d’adjoindre à la Mission du Thibet les populations thibétaines qui avoisinent Bonga, tant du Ouy-si que du Tchong-tien, et du Su-tchuen jusqu’au Tong-ho pour limite, afin que les missionnaires puissent former des chrétientés sous diverses juridictions civiles où ils trouveraient asile en cas de persécution. Naturellement cette demande ne peut avoir de suite que si vous jugez à propos de la faire vous-même. J’avais aussi le dessein de faire renouveler quelques permissions ; mais comme je devais mourir et que je suis mort, mes demandes n’eussent pu être admises. »
Thomine-Desmazures se retira dans une de ses propriétés à Mouen, près de Caen ; il y vécut quelques années, passant ses jours dans la prière