‹ Histoire de la mission du ThibetChapitre 63 sur 170 · A. M-E., vol. 556e. Patna, 3 avril · texte numérisé non relu

A. M-E., vol. 556e. Patna, 3 avril

FONDATION DE LA MISSION

dire que je ne puis prendre sur moi la responsabilité de la permission qui avait été donnée à votre Révérence parle Docteur Tosi, alors qu’il avait déjà été nommé Vicaire apostolique du Punjab.

Naturellement, vous êtes les très bien venus à Darjeeling comme visiteurs et pour une période de temps courte et déterminée, pourvu que vous disiez la messe seulement dans nos chapelles et que vous n’administriez aucun des sacrements, excepté le sacrement de pénitence, dans nos chapelles seulement, et avec permission du recteur de la chapelle dans laquelle le sacrement est administré. Quant à ce qui regarde de vous -confesser mutuellement avec votre compagnon, vous n’avez pas besoin de permission de ma part.

Avec mes meilleurs respects, je demeure, Révérend Monsieur,

Votre sincèrement,

P. Renedict.

Cette lettre ne changeait pas les projets de M. Desgodins. Il demeura donc à Darjeeling, complétant et contrôlant ses études précédentes, et pour y mieux réussir, nouant des relations avec le monde officiel et les résidents anglais.

Sa première visite fut pour le Deputy Commissioner, M. Craven, excellent catholique, qui se montra plein de dévoùment pour les deux ouvriers apostoliques.

« Dans nos conversations, raconte M. Desgodins *, M. Craven parlait souvent du Routan indépendant ; je lui fis remarquer que Chinois et Thibétains le regardaient comme une simple partie de la province centrale. « Nous le savons parfaitement, me répondit-il, mais nous tâchons de leur faire croire qu’ils sont indépendants ». Et il se mit à rire de bon cœur. Cette phrase vous explique toute la politique anglaise. Détacher peu à peu et sans violence le Routan et le Sikkim du Thibet et de la Chine, pour se les attacher. C’est déjà presque fait pour le Sikkim. »

Ce fut vers ce pays, que le missionnaire résolut de diriger d’abord ses pas ; mais, à cette époque de l’année, les brouillards rendant toute exploration impossible, les missionnaires durent attendre que la mousson du nord-est fût franchement établie, ce qui n’eut lieu qu’au mois d’octobre. Ils employèrent leurs loisirs à l’étude des langues dont ils pensaient bientôt avoir besoin : l’indoustani et le boutanien ; en même temps, ils se renseignèrent sur les autorisations qui leur étaient nécessaires. M. Desgodins alla interroger M. Robert, du service trigonométrique, qui lui répondit : <i Vous n’avez besoin d’aucune permission, ni de nous, ni du rajah de Sikkim pour aller vous promener en territoire anglais et au Sikkim indigène ; à cette époque, bien des touristes y vont et il y en a probablement maintenant ; ayez votre tente, vos provisions, vos domestiques et vos porteurs, allez où vous voudrez sans vous inquiéter de personne, vous serez bien reçus partout, même par les lamas et les chefs du pays. « Conclusion, ajoute le missionnaire 4, le gouvernement ne se mêle pas de ces voyages et chacun fait comme il l’entend en pays anglais et au Sikkim indigène. Donc, dès aujourd'hui, nous commençons par acheter les matériaux d’une petite

1. A. M.-E., vol. 5o6f. M. Desgodins à Mgr Biet, Darjeeling, 31 mars 1881.

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