A. M.-E., vol. 55G A février 18S
3. A. M.-E., vol. 556 A Lettre à Mgr Biet, Darjeeling, le 8 avril 1882.
DU TIIIBET-SUD.
il est convenu, j'aurai déjà économisé de 55 à 30 roupies ', qu’il eût fallu payer aux imprimeurs. Après lui, nous imprimerons l’exposition des principes de la Foi 1 2, de 56 pages, ce qui fera une nouvelle économie de 70 roupies, de sorte qu’avec ces deux petits volumes la presse sera payée à moitié. Il ne restera plus alors que les trois gros volumes : Prière, Grand Catéchisme et Vie de Notre-Seigneur. »
« Que c’est long, s’écriera-t-il plus tard malgré son courage 3, que c'est long ! quand on n’a qu’une presse et deux bras. Par semaine, je ne puis guère en moyenne imprimer que 1000 exemplaires de quatre pages, il faut une autre semaine pour les quatre autres pages du verso ; comptez maintenant les pages d’un de nos volumes, et pour chaque page mettez une semaine. Dans un grand atelier où il y a beaucoup de presses et de bras, c’est tout différent. Enfin, je fais et ferai de mon mieux pour le service de la mission. Au moins, recommandez à vos chrétiens surtout aux enfants de bien soigner leurs livres, ils ne savent pas ce qu’ils coûtent de travail. »
Négociations pour la fondation du Thibet-Sud.
Mgr Biet demande le Boutan et l’est de la Tista. — Questions de juridiction. — Négociations avec les Missions-Étrangères de Milan. — Décret de la Propagande.
Pendant ce temps, Mgr Biet étudiait les rapports de son provicaire, et concluait, comme celui-ci, que les missionnaires devaient se fixer dans le district de Darjeeling. Sa résolution prise, il écrivit aux directeurs du Séminaire des Missions-Étrangères et leur donna en ces termes les raisons de son choix 4 :
Assam n’étant pas thibétain ne nous va pas ; il formerait àlui seul une vaste mission, dont nous ne pouvons songer à nous occuper. Les pays sauvages au-dessus d’Assam sont malsains, la multiplicité des langues exigerait beaucoup de missionnaires, les sauvages en général sont faibles de caractère, légers et inconstants; ils subissent facilement l’influence de leurs voisins plus forts ou plus civilisés qu’eux ; les stations chez les sauvages ne seraient solides, que si leurs voisins plus civilisés avaient déjà des stations chrétiennes de quelque importance ; de plus, comme ces pays sauvages sont res nullius, il nous sera toujours facile de nous y installer, si les Anglais ouvrent de ce côté une route qui doive rejoindre notre mission; enfin ne pouvant attaquer en même temps le nord dü Sikkim (route de Lhassa) et le nord d’Assam (route du Yun-nan et du