Qui avait reçu le titre de tao-tay pour la circonstance
DES STATIONS CHRÉTIENNES
Thibet intérieur que les marchands y apportaient, surtout la laine, et les revendaient à Kalimpong, centre commercial du Sikkim, à 30 kilomètres de Darjeeling. Eux-mêmes ne produisent rien, et les récoltes de pommes de terre, d'orge et de raves suffisent à peine à leur alimentation.
En 1894, Yatoung ne comptait qu’une maison destinée aux chefs et aux soldats thjbétains, une autre pour les marchands thibétains et une troisième pour les marchands européens, plus dix-huit huttes sans fenêtres pour les marchands indiens, le tout sans portes ni cheminées, malgré le froid assez vif du pays L
Au lieu d’aider au développement du village de Yatoung et à l’augmentation des relations commerciales, les Célestes semblèrent prendre à tâche d’arrêter tout essor. Ils construisirent, à un demi-kilomètre au nord de Yatoung, dans la gorge qui mène vers Rinchingong, une longue et épaisse muraille, dont la porte fut gardée par un détachement de vingt soldats chinois et de huit soldats thibétains, chargés de surveiller le mouvement sur la route, et d’interdire à toute personne venant du Sikkim de franchir la porte d’entrée du Thibet.
Un Anglais, attaché à l’administration des douanes chinoises 1 2 et faisant fonction de résident chinois à Yatoung, alla s’établir dans ce village ; il ne putv demeurer faute de vivres. Au commencement de 1895, un marchand anglais s’v aventura, mais, au lieu de vrais acheteurs, il rencontra des fonctionnaires déguisés qui, après avoir examiné ses marchandises, déclarèrent qu'elles ne convenaient à personne.
Devant ces difficultés et d’autres encore, le gouvernement britannique se préoccupa de chercher un autre point d’accès vers le pays prohibé. Une route fut construite en 1895, qui aboutit à la passe de Serpoura, sur la frontière thibétaine, et qui s’abouche sur la ligne de l’Eastern Bengale State Railway à la station de Siligouri. Ce nouveau point de pénétration dans le Thibet a, sur le marché de Yatoung, l’avantage de se trouver plus près de Lhassa, puisqu’il n’en est qu’à une distance de 290 kilomètres.
Ainsi, l’application du traité de Darjeeling a contribué à démontrer une fois de plus avec quel soin jaloux le gouvernement chinois, de connivence avec les autorités de Lhassa, garde l’entrée du Thibet et empêche les étrangers de pénétrer dans ce pays. Il y a d’ailleurs autant de preuves de cette affirmation que de tentatives faites par les Occidentaux de pénétrer à Lhassa.
Nous en avons précédemment raconté plusieurs, entre autres celle du comte Bêla et de ses compagnons et celle de Prjévalski. Énumérons maintenant les autres ; toutes nous prouveront, par l’échec qu’elles ont eu à subir, l'impossibilité où ont été et où sont encore les ouvriers apostoliques d’aller plus avant sur la terre des Esprits.